Bouillargues (05/10/2013) : maladresses en série à l'épée. Louis Husson coupe la seule oreille.

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Photo : ElTico
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Des arènes pleines ; une piste en état malgré les intempéries de la veille et un ciel partiellement nuageux mais qui ne laissait présager rien de fâcheux pour les deux heures trente à venir : les organisateurs du Club Taurin « La Embestida » de Bouillargues pouvaient être rassurés à l'heure du du paseo de leur deuxième novillada sin caballos appelée à prendre date dans le calendrier taurin français d'arrière saison.

 

Deux heures trente plus tard donc, pas de sorties en triomphe comme l'an passé, mais des regrets au contraire, de voir des oreilles ainsi vendangées à l'épée... Certes, les trois toreros du jour ne sont qu'apprentis dans le métier. Mais il n'en reste pas moins qu'on leur demandera rapidement des comptes au fil de leur courte carrière, et que de leurs résultats statistiques dépendront leurs engagements futurs. Ce samedi à Bouillargues, Daniel Soto et Louis Husson auraient du sortir a hombros... mais l'épée les a privé de Grande Porte...

 

Daniel Soto rencontra en premier lieu un Yonnet noble, plutôt bon, mais manquant globalement de force. Le sévillan débuta sa faena par statuaires et se montra par la suite dominateur sur les deux bords, compensant le manque de transmission du toro par des passages allurés et de bon goût. Le plus dur était certainement fait, mais l'épée... Le novillo de l'Astarac sorti quatrième se révéla de grande transmission dès son entrée en piste. Salué de deux largas de rodillas, il manqua d'un poil de race lors de la faena de muleta durant laquelle il rompit à plusieurs reprises le combat. Daniel Soto n'oublia pas de le mettre en valeur en le citant de loin en début de troisième tiers, puis raccourcit les distances lors d'un travail ambidextre manquant parfois d'un peu d'originalité. Mais l'essentiel était là avant... l'épée.

 

On a connu David Garzon dans des jours meilleurs. Le madrilène a passé une bien inconfortable après-midi, peu aidé il est vrai par un François André encasté et exigeant, qui allait être élu meilleur novillo de la course (…?). Après avoir semé la pagaille dans le ruedo aux banderilles, cet exemplaire se révéla andarin et violent, désarmant le torero à deux reprises et le mettant constamment à l'épreuve. Sur deux séries finales, épée de mort en main, David Garzon reprit l'avantage avant désastre à l'épée... Ce ne fut guère mieux avec le cinquième, un Malabat qui marchait également beaucoup sur lui en début d'exercice. Faiblard, le bicho se défendait sur place et ne laissa guère d'option à un David Garzon qui en terminera difficilement, sans jamais avoir donné l'impression de s'engager.

 

Louis Husson, triomphateur l'an passé aux côtés du biterrois Joao Machado, toucha en premier lieu un Christophe Fano noblon, mais manquant de force et de transmission. Le pensionnaire d'Adour Aficion fit apprécier son toreo vertical, loin des stéréotypes malheureusement trop véhiculés dans les écoles taurines en général et son calme à toute épreuve. Une entière clôturait les débats sans que l'ambiance soit réellement montée sur les tendidos. Changement de décor avec le dernier du Lartet, un exemplaire qui garda du moteur tout au long de sa vie publique et fit preuve de beaucoup de race comme souvent les toros de son origine (Cebada Gago). Louis Husson garda bien entendu son calme face à la tempête, résolvant les problèmes lorsqu'ils se posaient et usant de recours étonnant pour un jeune torero encore en début de carrière. Malgré une mort en plusieurs épisodes, le protégé de Richard Milian obtenait une oreille récompensant une implication de tous les instants durant la tarde.

 

Laurent Deloye ElTico

 

 

Bouillargues (5 octobre 2013)

Arènes pleines – Temps nuageux, sans précipitations

2 heures 30

Novillada sin caballos de six élevages français : Yonnet ; François André ; Christophe Fano ; L'Astarac ; Malabat et Le Lartet pour :

Daniel Soto : salut après avis et vuelta

David Garzon : silence après deux avis et silence

Louis Husson : salut et oreille après avis

 

Meilleur novillo de la course : n° 06 des Héritiers de François André, sorti en deuxième position pour David Garzon.

Meilleur novillero : Louis Husson.

 

Voir le reportage photographique : ElTico