Dax (14/08/2015 - tarde) : Une seule oreille pour Luque a l’issue d’une corrida aussi maussade que la météo...

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@Roland Costedoat
@Roland Costedoat
Il faudra attendre les deux derniers toros pour que le public qui remplissait les arènes de Dax, sorte de la torpeur dans laquelle les ont plongé le froid, l’humidité et les toros de Banuelos.
Pourtant la météo avait été choisie par les organisateurs pour que ceux que l’on appelle les toros du froid ne soient pas dépaysés. Plutôt légers, ils sont bien armés. Faibles, nobles mais sans vraie caste, ils sont inexistants au premier tercio. En rugby, il y a les mêlées simulées, nous avons eu aujourd’hui des piques simulées pour préserver la charge des toros, sans que cela soit d’ailleurs toujours très efficace. A la muleta, à l’exception du bon sixième, ils sont soit très vite éteints, soit sosos.
 
Enrique Ponce est ovationné à l’issue du paseo. Son premier toro renvoyé au corral, il reçoit avec élégance le sobrero. La faena commencée pourtant en mettant la jambe manque d’émotion. Le Banuelos charge comme un carreton  et son manque de transmission n’est que partiellement compensé par l’élégance du torero. Il est long à tomber après un quart de lame et 2/3 de côté.
Le quatrième, faible, est économisé aux piques. Le maestro de Valencia fait du Ponce. Il toréé avec élégance et suavité. Au moment de faire « décoller » son ouvrage le toro met en difficulté Ponce sur une passe. La faena  va à menos, le toreo reculant et ne pesant plus sur le Banuelos ; 8/10 èmes d’épée concluent une prestation en demie teinte du torero préféré des dacquois.
 
Le second est faible. Après avoir fléchi, il devient vite parado et Yvan Fandiño ne peut pas en tirer grand-chose.
Le cinquième a un plus de « chispa ». A la muleta, le torero basque se croise. Avant que le toro ne baisse de ton, il lui tire de bonnes séries à droite, puis une superbe de naturelles. Le toro est fade, le travail du torero est appliqué et sincère mais transmet peu. Le Banuelos va à menos, la faena aussi. Fandiño fait une vuelta très applaudie.
 
Le troisième est boiteux. Faible, il est à peine piqué. A la muleta, il est soso. Luque lui tire des passes en restant profilé. Il pinche après une entrée à matar en se jetant dehors puis place un entière habile et efficace.
Le sixième sera le plus intéressant du lot. Peu piqué, il permet à Luque de réaliser un très bon quite par chicuelinas serrées. Les banderilleros saluent à l’issue du second tercio. Au troisième, le toro charge avec noblesse et alegria. La faena, sans atteindre les sommets, est de bonne qualité. Le torero va à mas et les dernières séries, dans le style de Luque, sont à la fois élégantes et pèsent sur le toro. Le final encimiste accroche le public mais n’a pas le même intérêt tauromachique.  Luque coupe la seule oreille du jour après une bonne entière et deux descabellos.
 
Les toreros partis, le public manifeste bruyamment son « agacement » après une corrida qui sera vite oubliée.
Ce samedi, en espérant une amélioration de la météo, deux corridas de style très opposés : Le matin des Garcigrande pour El Juli, Manzanares et Pepe Moral ; L’après-midi des Pedraza de Yeltès pour Castaño, Del Alamo et Perez Mota.
 
Fiche technique : Deuxième corrida de la Feria de Dax 2015
6 toros de Banuelos (le premier invalide est remplacé par un exemplaire du même fer) faibles et donnant peu de jeu pour
 
Enrique Ponce : salut au tiers, salut au tiers   
Yvan Fandiño :   salut au tiers, vuelta
Daniel Luque : salut au tiers, un avis et oreille
 
Douze « petites » confrontations avec la cavalerie Bonijol
Salut de la cuadrilla de Luque au sixième 
A l’exception du dernier, tous les toros sont sifflés à l’arrastre
Pas de pluie, mais une météo de Pâques
Lleno 
 
Thierry  Reboul