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Béziers (14/08/2015 - tarde) : Castella, trois oreilles ; Bautista et Manzanares, deux...

@Daniel Chicot
@Daniel Chicot
Il y a seulement un an de celà, les toreros du jour ayant coupé un total de sept oreilles, seraient sortis tous les trois par la Puerta Grande des arènes du Plateau de Valras. Cette année, pour cause de changement du règlement local d'obtention des triomphes, seuls Castella et Manzanares sont sortis à dos d'hommes de la plaza de toros, Juan Bautista devant se contenter pour sa part d'une sortie à sortie à pieds chaleureusemment acclamée, par la porte des cuadrillas.

Pour autant, on ne pourra pas reprocher à l'Arlésien, qui a touché le lot le moins propice d'un encierro de Domingo Hernandez/Garcigrande donnat du jeu en général, de ne pas avoir tout tenté pour forcer son destin. D'ailleurs, le public ne s'y est pas trompé qui a réclamé avec force l'octroi de la deuxième oreille du quatrième toro de la tarde, synonyme de sortie a hombros pour le Camarguais... Pétition qui n'a pas trouvé grâce aux yeux du Président, seul décisionnaire en la matière.
Pour le reste, Sebastian Castella a été à la hauteur de sa temporada 2015 triomphale, ne laissant pas passer l'occasion d'un nouveau succès dans les arènes de sa ville. Succès qui aurait même pu être plus important sans un pinchazo sur son premier.
José Maria Manzanares, très gêné par le vent lors de son premier combat, renversa la situation in extrémis face au dernier de l'envoi, le plus noble du lot, embarquant les arènes dans les plis d'une muleta aussi soyeuse que lente.
A la sortie, dans une liesse (quasi...) générale, les spectateurs pouvaient trouver un peu de réconfort autour d'un grog ou d'une crêpe au chocolat... Ce sacré réchauffement de la planête y est certainement pour quelque chose, mais on avait peine à croire au moment où sortait le cinquième toro des chiqueros, que nous n'en sommes pas encore tout à fait à la mi-août...

Laurent Deloye ElTico

 

La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Juan Bautista fit un bel effort face à son premier toro. Un astado qui fut manso tout au long de lidia et qui fuyait après chaque muletazo. Dans une prestation à base de volonté et de technique, il réussit dans la querencia au toril du Domingo Hernandez à lui construire une faena autoritaire, réussissant à lier de précieux muletazos. Il conclut d'un recibir, délivrant ainsi la première oreille de la tarde.
Face à son second marqué du fer de Garcigrande, Juan Bautista montra une grande envie, l'accueillant par une larga de rodillas, suivie de veroniques et chicuelinas. Après un brindis à Espartaco, parrain d'alternative du maestro Arlésien, son toro de bon son lui permit de réaliser une prestation complète, variée et de grande qualité sur les deux rives. En fin de faena, il livra une série de derechazos de haute facture, corps relâché et main basse enchaînant par trois redondos dans un périmètre restreint, faisant chavirer les tendidos. Il tua d'un grand coup de descabello après avoir logé une entière légèrement tombée sur recibir. La présidence n'accorda qu'une seule oreille à l'Arlésien, alors que le public réclamait à l'unisson la deuxième, privant Juan Bautista d'une sortie en triomphe amplement méritée. En effet, depuis cette année, le torero doit couper obligatoirement deux oreilles sur un seul toro pour sortir à hombros des arènes Biterroise.

Le second Garcigrande, dévolu à Sébastien Castella, prit deux légères rations de fer avant de voir le maestro réaliser un quite par chicuelinas très allurées. Après un brindis au public, il débuta son trasteo pieds joints, enchaînant par une série dans un mouchoir de poche faisant ainsi déclencher la musique. A gusto face à ce noble exemplaire, il dessina une belle faena composée de belles tandas et de derechazos bien templées. A gauche Castella eût plus de mal à s'accorder avec son astado, se faisant souvent engancher le leurre. Il termina son labeur par des enchaînements de muletazos, redondos et passes dans le dos, sans bouger d'un centimètre. Il logea une entière trasera après un pinchazo. 1 avis et oreille.
Le cinquième Garcigrande de l'après midi, très agressif de tête, eût du mal à se fixer dans le capote de Castella. Face à cet astado qui donnait de vilains coups de tête, il livra une prestation engagée qui alla a mas. Dans une muleta poderosa, le maestro Biterrois tira le meilleur de son opposant terminant dans un final de derechazos, pechos et redondos sur courte distance. Les deux oreilles tombèrent de la présidence après une entière.

Jose Maria Manzanares vit son premier Garcigrande se blesser à la patte arrière gauche après quelques capotazos. Il reçut le sobrero du même fer par de jolies véroniques avant de le conduire pour deux petites rencontres au groupe équestre. Considérablement gêné par les rafales de vent qui soulevaient constamment sa muleta, Manzanares eût du mal à exprimer sa tauromachie face à cet exemplaire maniable. Il réussit tout de même à donner de beaux muletazos mais l'ensemble manqua de liant, la faute à Eole. Il conclut en trois temps. 1 avis et silence.
Le dernier de l'envoi, de la ganaderia Domingo Hernandez, fut accueilli par cinq magnifiques véroniques pieds joints rematant par une demie au ralenti. Après un brindis au public, Manzanares déboucha le flacon devant ce très noble toro. Laissant courir la main, le maestro d'Alicante embarqua son adversaire dans de longues séries templées de toute beauté, empreintes du sceau de la toreria. Un tiers de lame sur recibir suffit à faire tomber son opposant. 2 oreilles après avis.


Arènes de Béziers (34)
2 toros de Domingo Hernandez et 4 toros de Garcigrande
4/5 d' arènes
Beau temps avec des rafales de vent gênant la lidia
Durée : 2h50
12 rencontres avec le groupe équestre

Juan Bautista (tuile et or) : Oreille après avis / Oreille avec grosse pétition de la seconde après avis
Sébastien Castella (rouge et or ) : Oreille après avis / 2 oreilles
José Maria Manzanares (noir azabache ) : Silence après avis / 2 oreilles

Alexandre Guglielmet

 


Voir le reportage photographique : ElTico