Samadet (29/10/2017) : Merci Monsieur Marc Serrano...

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@Philippe Latour
@Philippe Latour
Dans tous les métiers, il y a des hommes qui au-delà de leurs qualités techniques ou artistiques, donnent par leur humanité et leur humanisme les lettres de noblesse à leur profession. Le torero nîmois Marc Serrano est l’un d’entre eux. Il organise chaque fin de temporada, avec l’aide de Didier Cabannis, un festival dont les bénéfices vont à une association qui contribue à améliorer le quotidien des enfants hospitalisés.

Cette journée de solidarité se déroule pour la deuxième fois dans les arènes de Samadet grâce à l’aide de l’équipe la Peña Al Violin.
Malheureusement cette année manquait aux côtés de Marc, Serge et Didier, le quatrième mousquetaire de cette organisation. Philippe Cuillé, décédé en début d’année, a certainement regardé depuis la barrera céleste la deuxième édition landaise de ce festival qu’il a contribué à créer. Un émouvant hommage lui a été rendu en présence de son épouse à l’issue du paseo.
L’ensemble des professionnels qui ont participé à cet évènement, l’ont fait à titre bénévole et les toros offerts par les ganaderos.
Dommage qu’un derby rugbystique et une présentation de ganaderia dans une arène proche, aient fait perdre quelques entrées aux organisateurs.
Malgré tout, ils seront heureux, dans quelques semaines, de remettre à l’Association du service de pédiatrie du CHG de Mont de Marsan la somme recueillie grâce à la générosité du monde des toros. Générosité dont ne feront pas montre la petite poignée d’antis qui nous insultaient, sur le chemin des arènes et en particulier les familles accompagnées de jeunes aficionados en herbe. Il est vrai qu’insulter des enfants qui apportent leur contribution pour aider d’autres enfants prouve à quel point le degré d’humanité de ces individus est proche du zéro absolu.

Le festival devait être l’occasion de revoir Morenito de Maracay avant sa retirada. Malheureusement  la Delorean est tombée en panne et le torero vénézuélien n’a pas su, ni pu faire revenir du passé ce qui a fait sa légende. Complètement dépassé par un intéressant toro de Dos Hermanas, Morenito a pris l’épée de mort sans faena. Silence gêné d’un public qui a su rester bienveillant.

Le deuxième toro, ganaderia de Jean Marie Raymond, est très costaud. Il prend une première pique. Il se défend plus qu’il ne pousse puis s’endort sous le fer à la seconde rencontre. Arès avoir bien accueilli son adversaire à la cape, Marc Serrano réalise un joli quite par chicuelinas. Le toro est gordito et manque un peu de force. Le torero brinde à Madame Cuillé. Le Virgen Maria est par contre très noble malgré des hachazos en début de faena. Noblesse qui sera bien exploitée par le nîmois qui construit une faena intéressante. Une fois réglée la tête du toro, Marc enchaîne de bonnes séries, essentiellement droitières, prend un vrai plaisir à toréer et le transmet au public. Une première épée atravesada, le prive d’un second trophée. Le torero se contente d’une seule oreille et est chaleureusement fêtée lors de sa vuelta.

Le troisième est un toro de la ganaderia du Lartet. Très bien présenté, il donne des signes de faiblesse dès son entrée en piste et ne prend qu’une pique. Le bicho est manso et manque de race. Il ne se livre pas et oblige Octavio Chacon à une lidia hachée mais très technique et valeureuse. De cette faena, brindée à Maele jeune aficionada vicoise, on retiendra que Chacon est un torero qui a de la technique, du courage et qu’il sait peser sur les toros Il sera très certainement un des hommes de base des cartels « durs » de la prochaine temporada dans le Sud-Ouest. Il coupe une oreille après un entière contraire.

Le quatrième est un toro de la ganaderia Cuillé. Léger mais bien fait, il ne prend qu’une pique car juste de forces. Malgré sa noblesse, il va mettre en difficulté un Eduardo Gallo qui est à cours d’officio. Le début de faena à droite manque de lien et reste superficiel. Le torero tarde à prendre la main gauche alors que c’est la meilleure des deux cornes. La meilleure série de la faena est le premier enchaînement de naturelles, a l’issue duquel le torero est sévèrement secoué. Le Cuillé manque de fond, la faena va à menos.
Le torero coupe lui aussi une oreille après une entière tombée.

Le cinquième est un novillo léger mais bien armé de la ganaderia Casanueva. Ce sera le toro de la tarde. Il a beaucoup d’alegria dès sa sortie en piste. Il prend avec beaucoup de bravoure une première pique bien donnée par Laurent Langlois. Il pousse moins à la seconde. André Lagravère partage les palos avec Bernardo Valencia. Quatre paires de banderilles sont posées. La troisième est superbe, les autres plus approximatives et la lidia brouillonne. Le novillo et le novillero sont jeunes et ont un comportement en lien avec leur âge. Le Casanueva est noble, répète avec beaucoup de vivacité et d’envie mais il a encore la naïveté d’un eral. Le novillero se laisse emporter par l’alegria du toro. La faena est brillante, enlevée mais ne pèse pas assez sur le toro qui n’a pas besoin de se grandir dans le combat. Tout cela est valeureux, plaisant mais on n’a probablement pas vu tout le potentiel du novillo. Ce numéro 27 aurait mérité de sortir avec quelques mois de plus et d’être lidié par un novillero plus expérimenté. Le cadet des Lagravère perd, à l’épée, les trophées auxquels il pouvait légitimement prétendre. Après la vuelta du novillo, c’est le tour du franco-mexicain de faire un tour de piste en compagnie de José et Guillaume Bats les deux ganaderos. Le travail continue de payer pour les deux éleveurs landais qui ont avec leurs novillos d’origine « El Torreon » des résultats encourageants...

Le dernier est un eral de la ganaderia Cuillé. Il échoit à Bernardo Valencia. Le jeune novillero, apodéré par Didier Cabanis, le reçoit avec élégance à la cape. Le jeune novillero manque de métier mais pas d’envie. Il profite de la noblesse du Cuillé et réussit de bons enchaînements sur les deux cornes. Il prolonge un peu trop sa faena et coupe une oreille après une entière tombée. Le novillero est encore vert mais a de bons principes et on le reverra avec intérêt au début de la temporada 2018.

Rendez vous est pris pour l’édition 2018 du festival de Samadet.

Fiche technique
Arène de Samadet.
Dimanche 29 octobre 2017
Festival au profit l’association du service pédiatrie du CHG de Mont de Marsan.
Dans l’ordre de sortie en piste, quatre toros de Dos Hermanas, Virgen Maria, Le Lartet et Cuillé, un novillo de Casanueva et un eral de Cuillé (offerts par les ganaderos) pour :

Morenito de Maracay : silence
Marc Serrano : une oreille
Octavio Chacon : une oreille
Eduardo Gallo : une oreille
André Lagravère : vuelta à laquelle le torero a convié les propriétaires de la ganaderia Casanueva
Bernardo Valencia : une oreille

Alguaciles Christophe Roca et Nicolas Larramendy, Cavalerie Bonijol, Mules de Mimi et Musique de la Peña Al Violin tous venus comme les toreros bénévolement.
Président : *Pascal Darquié
On aurait souhaité encore plus de monde sur les gradins

Thierry Reboul

 

Voir le reportage photographique : Philippe Latour