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Béziers (15/08/2013) : P.H. de Mendoza et El Juli a hombros

 

Photo : Daniel Chicot
Photo : Daniel Chicot
Plaza quasi pleine ; grand soleil ; petite brise marine juste rafraichissante et premiers triomphes... C'en est parti pour cette Feria de Béziers édition 2013. Une feria dont le point d'orgue annoncé sera le solo de l'enfant du Pays Sebastian Castella ce vendredi, mais qui commençait avec un cartelazo réunissant Pablo Hermoso de Mendoza ; El Juli et Jose Maria Manzanares
face à des toros de Sampedro pour le centaure, et Daniel Ruiz pour les piétons. C'est d'ailleurs par là que le bas a blessé car de toros, malgré la gentille vuelta concédée au cinquième de l'envoi, il y en eut peu... Et c'est fort dommage car les toreros étaient au rendez-vous.
Face à un tel bétail, El Juli a démontré son pouvoir, tant sur les toros que sur un public conquis qui ne lui a même pas reproché ses deux "Julipiés". Jose Maria Manzanares a tenté plusieurs recibirs avec des fortunes diverses... Primé de deux oreilles excessives à l'issue de son deuxième combat, il repartira a pieds et n'accompagnera pas ses compagnons a hombros. Quant à Pablo Hermoso de Mendoza, même s'il est vrai que la formule enchante l'assistance en général, les corridas mixtes ne le mettent en concurrence qu'avec lui-même... Et aujourd'hui, il aurait pu rivaliser avec n'importe qui...
 
Laurent Deloye ElTico
 
 
 
 
La chronique de Grégory Boyer
 
Les arènes de Béziers se sont complètement remplies pour la première corrida de la feria. Une corrida avec un cartel de figuras qui a tenu toutes ses promesses puisque les aficionados présents sont tous sortis enchantés des arènes.
 
Le torero à cheval Pablo Hermoso de Mendoza ouvrait les débats avec un toro de la ganaderia Hermanos Sampedro. Le cavalier a donné, pour l'occasion, un festival et une leçon de rejoneo face à un adversaire assez froid et distrait tout au long de la lidia. Déjà avec Disparate, Mendoza arrive a mettre le toro dans les bons rails. Il réalise ensuite une splendide faena avec Viriato qui réalise l'exploit de changer de pied plusieurs fois de suite, le toro à ses trousses. Lorsque Pirata termine le travail les arènes sont déchainées et le président ne peut qu'accorder les deux oreilles après une entière basse.
Son second ne détiendra pas les mêmes conditions et il ne permettra pas de triompher. Sorti froidement il ne s’intéresse pas aux galops de Van Gogh pourtant en jambes lors de quelques quiebros. Une nouvelle fois Pirata vient terminer la lidia avec la pose de banderilles courtes. 2 pinchazos empêcheront Mendoza de promener un troisième trophée.
 
El Juli s'est comporté en tant que figura. Son premier de Daniel Ruiz est désordonné dans le capote mais le Juli lui donne des véroniques et de chicuelinas autoritaires. Après un brindis au public il continue sur le même ton, en donnant des muletazos la main basse, obligeant le toro sans le laisser réfléchir entre les muletazos. A gauche l'animal se retourne court. Le Juli redouble d'autorité en réduisant les distances et démontrant un fort aguante alors Belicoso commençait à se défendre. Il coupe une oreille après une entière et un descabello. 
Son second n'est pas non plus un grand toro. Il court beaucoup au premier tiers et ne se laisse pas fixer, soso dans ses embestidas. Le Juli met la main sur Nigeriano lors d'un quite par tafalleras mains basses, terminé par un farol et une larga. En début de faena il enchaîne cinq passes pieds joints pour assouvir sa domination. Il décide alors de le faire venir de loin pour profiter d'un certain élan, puisque, de près, le toro détient une charge fade. Il emballe les gradins avant de donner de très bons muletazos sur la corne gauche où le toro humilie avec classe. Il varie son répertoire en fin de faena, techniquement parfait, allant jusqu'à donner trois naturelles relâchées, assis sur les reins, avant de lever l'épée et de tuer Nigeriano d'une entière. 2 oreilles et vuelta posthume généreuse au toro.
 
Jose Mari Manzanares était également dans un très bon jour. Son premier de Daniel Ruiz est un toro sérieux. Il le torée avec un bon capote, pieds joints. Muleta en main, il décide de travailler son adversaire qui détient un certain coup de tête en fin de charge, au tercio. Il enchaîne alors les bonnes séries, à mi-hauteur, sans obliger son toro. Relâché, la jambe en retrait pour lier au maximum les muletazos, Manzanares donne un rythme exquis à la faena. Il s'accorde même le luxe de baisser la main en fin de faena. Il perdra un gros triomphe à l'épée, à cause d'un bajonazo à recibir et de deux descabellos. 
Son dernier porte bien son nom. Guerrero se défend dans le capote du maestro d'Alicante. A souligner, le bon quite par véroniques du sobresaliente Jeremy Banti lors du tercio de piques. En début de faena le toro vient avec allant, Manzanares fait attention à ne pas le brusquer, il ne l'oblige pas. La faena est bien construite, Manzanares est bien au dessus des conditions que le toro impose. Il s'accorde le droit de varier artistiquement en donnant une passe de las flores, avant d'enchaîner, très à l'aise, lors d'une grande et longue série. Il tue d'un pinchazo à recibir et d'une entière. Le président sortira, deux mouchoirs, alors qu'un aurait suffi, et Manzanares, dans un élan d'humilité et d'honnêteté, décidera de ne faire la vuelta qu'avec un seul trophée, refusant donc de sortir en triomphe. 
 
Grégory Boyer
 
 
Fiche technique: 
 
Jeudi 15 août 2013, 18h. Béziers, corrida de toros. Plein, soleil. 2H25. 2 toros de Sampedro (520 et 535 kg) distraits, de jeux inégaux et 4 toros de Daniel Ruiz (510, 510, 500 et 515 kg) de présentation correcte,  les 3 et 5ème nobles, Nigeriano numéro 69 effectuant une vuelta al ruedo. 8 rencontres à la cavalerie d'Alain Bonijol, sans véritable bravoure pour: 
 
Pablo Hermoso de Mendoza: 2 oreilles et silence après pétition
El Juli (rouge et or): Oreille et 2 oreilles
Jose Mari Manzanares (gris souris et or): Saluts après avis et 2 oreilles après avis