Saint-Sever (11/11/2017 - matinale) : Avec tout notre respect, Anaïs...

  • Imprimer

©Philippe Latour
©Philippe Latour
La journée taurine de la 33ème semaine taurine et culturelle de Saint Sever a débuté par la seconde édition du trophée Felix Robert. Cette becerrada matinale, sous la forme d’une classe pratique, permet à de jeunes élèves de différentes écoles taurines de mettre en application « en situation réelle » les compétences acquises lors des entraînements et des capéas .

Pour la seconde année, ce sont des bichos de la ganaderia Coquillas de Sanchez Fabrès, après leur succès de 2016, qui ont foulé le sable, bien humide ce jour, des arènes de Saint Sever. Très bien présentés, voire trop bien présentés, se comportant en vrais coquillas, ces quasi erales ont mis en difficulté de jeunes toreros manquant cruellement d’expérience.
On se prend à regretter que ces novillos encastés et exigeants ne soient pas sortis un peu plus âgés face à des novilleros avec plus de recours. On est surtout rassuré et heureux que malgré de nombreuses volteretas, il n’y ait pas eu de blessures. Respect aux quatre jeunes apprentis toreros pour leur courage et leur volonté de bien faire dans un contexte où certains autres novilleros auraient rapidement déposé les armes.
Intéressante initiative, la brega est assurée par de jeunes élèves des écoles taurines encadrés par des peones expérimentés. Ressortent du lot Thomas Ubeda et Dylan Raimbaud (brega) et Antoine Saroul (banderilles)

Le premier costaud et gacho sera le meilleur du lot. Après une bonne réception à la capote, il arrive à la muleta noble mais ne s’investit totalement dans sa charge. Comme tout coquilla, il se révèlera en cours de faena à condition que le torero pèse sur lui et lui montre comment charger. Adam Samira de l’Ecole Taurine d’Arles lui apprend à passer en allongeant sa charge dès la seconde série à droite ; le garçon est très fin torero et a déjà un bon sens de la lidia. Baissant la main, guidant avec autorité et temple la charge, sans l’étouffer, il fait grandir dans sa muleta, un novillo qui va se montrer excellent, voire exceptionnel. Torero et toro vont à mas dans une faena qui comporte de très bonnes séquences à droite et à gauche. Tout est prêt pour que soient coupées les deux premières oreilles de la journée. Hélas le maniement de l’épée a encore des secrets pour le jeune arlésien qui sera à revoir l’an prochaine en piquée.

Le second est plus charpenté mais plus léger. Face à lui Anaïs Taillade. La jeune élève de l’Ecole de Béziers est une pure débutante. Elle manque de métier et de poder face à un novillo exigeant. La jeune fille sera bousculée à plusieurs reprises. Elle possède un cœur et un courage de pilier dans un corps de demi de mêlée. Malgré les coups, elle ne reculera pas et ira au bout d’un combat disproportionné. Au-delà de l’immense respect que sa prestation inspire, on doit quand même se poser la question des risques que l’on fait prendre à un torero aussi peu expérimenté, homme ou femme le problème est le même, face à un bétail aussi bien présenté et exigeant. Le novillo non dominé devient vite très compliqué et restera inédit. La torera saluera, à l’appel d’un public dont elle a forcé le respect, après une mise à mort où elle s’engage avec foi sans démériter.

Tristan Espigue (Ecole Rhône Aficion) a plus de pratique. Il passera à côté d’un eral exigeant, lui aussi, qu’il mettra du temps à comprendre. Le début de faena à mi hauteur, gardant le toro près de lui, en cherchant plus l’esthétique que le dominio est brouillon. En fin de faena, il allonge plus la charge et construit deux séries sur chaque corne plus abouties mais pas suffisamment dominatrices. Comme ses collègues, il tue mal.

Le quatrième est lui aussi dans le type Coquilla. Il est reçu à la cape par Nino de l’école taurine dirigée par Christian Lesur. Il partage les banderilles avec ses collègues de l’école taurine. Le jeune torero est très vaillant, volontaire mais aussi encore vert. Il alterne de bons passages, baissant la main, avec des moments où cet exigeant novillo le domine à cause du manque de métier du torero. Il coupe une oreille après avoir tué d’une entière un peu en avant très rapide d’effet.

A l’issue de la compétition, le prix Félix Robert est déclaré desertio.

Fiche Technique
Arènes de Saint Sever, becerrada en forme de classe pratique de la 33ème semaine taurine et culturelle.
Quatre becerros de Coquilla de Sanchez Fabrès, encastés , exigeants avec un excellent premier pour :

Adam Samira (Arles) : silence
Anaïs Taillade (Béziers) : salut
Tristan Espigue  (Rhône Aficion): silence
Nino (Nîmes) : une oreille

Le prix Félix Robert est déclaré desertio
Public restreint mais très aficionado
Météo à ne même pas mette un anti dehors

Thierry Reboul

 

Voir le reportage phottographique : Philippe Latour