Arles (07/09/2013) : Duel au sommet... Quatre oreilles pour Juan Bautista - El Juli indulte Velero.

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Photo : Daniel Chicot
Photo : Daniel Chicot
Grande tarde de toros pour cette traditionnelle corrida Goyesque en Arles, sublimée par les accords de l'Orchestre des arènes Chicuelo II et de la chorale Voce, les décors étant signés Rudy Ricciotti. En cette année 2013 qui consacre Marseille « Capitale Euroréenne de la Culture », quel bel hommage pour l'architecte créateur du « Mucem » de la cité Phocéenne.

 

Les toros de Domingo Hernandez, bien présentés et donnant du jeu à une exception près, ont rempli leur office. Le n°103, 530 kgs, répondant au nom de Velero et sorti en deuxième position pour El Juli a été gracié.

 

Enrique Ponce n'a pas été favorisé par le sorteo. Vêtu d'un costume aux dominantes royales, le Maestro de Chiva a inventé une faena exclusivement droitière à son faible premier qui, s'il avait l'envie, ne possédait pas les moyens physiques de ses ambitions. Une mort laborieuse le priva d'un trophée. Son second n'était pas du même tonneau. Sans race et sans classe, il chargeait par à coups et avec violence. Le Valencien fut contraint d'abréger.

 

El Juli est chez lui un peu partout... Et surtout à Arles. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre qu'il avait une bonne carte à jouer avec ce n°103 qui entendit la musique à l'issue de sa deuxième rencontre avec le picador. Dans le style qui est désormais le sien depuis quelques mois, surpuissant et dominateur dans tous les compartiments du jeu, le madrilène entraîna Velero dans des circonvolutions compliquées et sonores autour de lui, le toro tenant parfaitement le choc, impressionnant de noblesse et de bravoure. La pétition d'indulto se faisant extrêmement forte, la Présidence céda et renvoya cet excellent exemplaire vers les chiqueros... Il n'est pas dit qu'avec un autre qu'El Juli, il aurait eu autant de chance... Face au cinquième, toujours aussi dominateur, El Juli se montra plus fluide et relâché. Malheureusement, deux pinchazos précédèrent un « julipié » en arrière.

 

Alors que l'on pouvait penser qu'El Juli avait « tué » la course dès le deuxième toro, d'autant plus que la pluie commençait à tomber, Juan Bautista salua son premier adversaire genoux en terre. La faena aux accords du Concerto d'Aranjuez, choix artistique risqué s'il en est, fut un modèle de bon goût et de classe, le toro se révélant noble et le torero inspiré. A l'issue d'une série de muletazos des deux mains sans l'aide de l'épée, l'estocade en place eut un effet foudroyant et les arènes blanchirent sous les mouchoirs. Mais c'est face à l'ultime du lot que l'Arlésien affirma ses bonnes dispositions du moment et confirma l'excellente temporada qu'il est en train de réaliser. Le Domingo Hernandez prit deux belles piques avec notamment une poussée d'une vingtaine de mètres sur la première. Il garda en début de faena cette violence qu'il avait affichée au premier tiers. Mais petit à petit, avec science et technique, Juan Bautista le façonna à sa main et s'autorisa des séries gauchères parfaitement templées en fin de faena, le toro répondant avec transmission à chacune de ses sollicitations. Un nouvel estoconazo lui permettait d'obtenir deux nouveaux trophées.

 

Laurent Deloye ElTico

 

Arles – 7 septembre 2013 à 17:30

Deuxième de la Feria du Riz 2013 – Corrida à la mode Goyesque

Quasi plein – Temps couvert avec quelques gouttes de pluie

6 toros de Domingo Hernandez, bien présentés et donnant du jeu en général. Le n°103, Velero, sorti en deuxième position pour El Juli a été gracié.

Poids des toros : 500 ; 530 ; 510 ; 525 ; 520 et 530 kgs

Durée de la course : 2 heures 30

Nombre de piques : 12 ( cavalerie Alain Bonijol)

 

Enrique Ponce : silence et silence

El Juli : deux oreilles et la queue (symboliques) et saluts

Juan Bautista : deux oreilles et deux oreilles

 

Voir le reportage photographique : ElTico