Dax (08/09/2013) : ..les oreilles coupées pour Castella, les oreilles qui sifflent pour Morante

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Photo : Philippe Latour
Photo : Philippe Latour
Ceux qui arboraient fièrement un brin de romarin à la boutonnière en l’honneur de l’artiste de La Puebla en ont été pour leurs frais car c’est Sebastien Castella qui remporté les lauriers de cette fin de temporada dacquoise. Devant un joli plein, l’après-midi n’a pas vraiment décollé faute à un bétail qui ne s’est pas révélé à la hauteur des espérances.

 

Exit les Fuente Ymbro ? Ils furent remplacés sans avantage par des Alcurrucen sans classe ni transmission qui plombèrent l’ouverture et la clôture de l’après-midi. Muleta en main, cinq passes apéritives de Morante firent espérer, avant que le soufflet ne retombe bien vite faute à une molle charge à mi-hauteur que l’on retrouva au sixième sans que Castella ne puisse en tirer un quelconque profit. Très peu de choses à noter sur les deux premiers tiers à ses deux animaux sinon le salut de Javier Ambel après deux belles paires de banderilles. Les Garcigrande (4ème et 5ème) n’offrirent au mieux que leur noblesse polie. Sans fixité à la cape, insipides et sans grande force aux piques, il faut attendre la muleta pour leur voir exprimer quelques qualités. Celui de Morante eut le mauvais goût de très vite s’éteindre après une superbe entame par redondos qui mit subrepticement le feu au ruedo landais, avant que rapidement les affaires courantes ne se règlent. Celui du biterrois faillit visiter le callejon en prenant appui sur l’estribo lors de la première passe donnée au fil des barrières. Le français vit rapidement ce qu’offrait la noblesse de l’animal. Il en profita pour servir au centre une faena des deux côtés (mieux du côté droit)  qui ravit le public. Le final avec chose rare une seule circulaire inversée chauffa les gradins et après une entière de côté, une oreille lui fut octroyée. Meilleur fut le spectacle donné par les Victorino. Il est dommage que celui de Sebastien Castella s’abîme vraisemblablement, dans une vuelta de campana entre les deux piques qui ne durent d’ailleurs pas améliorer la situation du train locomoteur arrière de l’animal. Le Victorino était d’une grande noblesse et les allers-retours qu’il fit dans la muleta souffrirent d’un manque d’étincelle de la charge que la faiblesse affadissait. Très longue faena avec en point d’orgue un chapelet de naturelles en fin d’ouvrage. 2/3 de lame en arrière. Pétition fleurie de mouchoirs en nombre insuffisant, accompagnée de quelques cris et l’oreille tombe. Avec Matematicas, Victorino dévolu à Morante, le registre changea. Poussant jusqu’au centre la cavalerie avant de reprendre gaillardement une deuxième ration de fer, ne se laissant pas faire aux banderilles en prenant avec pertes  Lili, qui partit à l’infirmerie privé de son poignet gauche fracturé, et  fracas Paco Peña, mais sans mal si ce n’est le costume déchiré. Il arriva à la muleta plein d’intentions belliqueuses sur la corne gauche et avec la souplesse d’un chat à droite pour se retourner. De la Puebla alterna des séquences droitières de valeur mais à la limite de l’implosion physique face à un tel train et des tentatives de la gauche vite avortées, côté dont il se méfia fort sans se soucier du quand-dira-t-on. Il fit l’effort à contre-style et une partie du public n’y fut pas forcément sensible. Difficile conclusion épée en main et le public dacquois qui hésite entre ovation et sifflets, les avis se partagent y compris lors du salut réclamé majoritairement.  

Philippe Latour

 

 

DAX – plein

2 Alcurrucen (1er/6ème) 2 Victorino Martin (2ème/3ème) 2 Garcigrande (4ème/5ème)

Morante de la Puebla                                 silence "chahuté"/saluts avec avis qui se partagent/silence

Sebastien Castella                                    oreille/oreille/ovation