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Castelnau Rivière Basse (30/06/2018 - tarde) : Le Lartet et Solalito vainqueurs...

Une fois les pousseurs de ballon rond rentrés aux vestiaires, la non piquée concours de Castelnau Rivière Basse a pu commencer. Cela fait 18 ans que les organisateurs se battent pour la promotion des ganaderos français et des jeunes toreros. Dommage que la public ne se déplace pas plus en nombre, car de cette novillada on ne sort jamais déçu.

Au-delà du côté sympathique du village et des organisateurs, c’est ce type d’initiative qui assure la pérennité de notre culture et même à 80km/h, Castelnau n’est pas très éloigné des grandes cités taurines du Sud-Ouest.
Cette année, la satisfaction est plutôt venue d’un des toreros, le bétail de nos éleveurs locaux, sans démériter, n’était pas au niveau de celui qu’il nous avait présenté en 2016. Pour les deux autres, ils ont eu de bons passages mais ont une tauromachie stéréotypée et ont du mal à s’adapter à du bétail soit exigeant soit d’encastes qu’ils ne connaissent que par des articles et des photos dans de vieilles revues.

Le premier est un eral de la ganaderia de l’Astarac. Il vient très fort dans le capote de Jesus Cuesta. Le sévillan abuse de passes destinées à casser la charge du novillo. Ce dernier accusera le coup en début de faena avant de se reprendre à la fin de celle-ci. Cuesta débute par des séries à droite plutôt élégantes. Comme beaucoup de jeunes toreros, il ne connait pas l’encaste Guardiola. Si au début, il le torée en ligne droite et à mi hauteur ce qui permet au novillo d’aller à mas, le torero abuse très vite de toreo circulaire, sollicitant trop le bicho vers le bas. L’Astarac commence alors à serrer en fin de passe et prend à deux reprises Jesus Cuesta qui se relève avec une forte douleur au bras gauche qui va l’handicaper tout au long de l’après-midi. Le sévillan coupe une oreille après une entière en avant.

Le second novillo est un joli exemplaire de la ganaderia du Lartet. Le bicho est du genre exigeant qui demande une lidia autoritaire pour exploiter sa noblesse. Après une bonne série de doblones, Valentin Hoyos Calama commence sa faena par des naturelles sans se croiser. La série suivante et la première à droite sont un peu meilleures et mettent en évidence les qualités du novillo. Par la suite Hoyos Calama ne pèsera pas sur l’eral, reculant à chaque passe. Il ne domine pas le Lartet qui, très logiquement va aller à menos par la faute du torero laissant l’animal sous exploité et surtout insuffisamment mis en valeur pour mesurer et évaluer ses qualités et ses défauts. Le torero de Salamanque fait une vuelta après un pinchazo et 9/10èmes de lame en avant.

Qualifié lors de la fiesta campera matinale, Solalito confirme ses qualités de capeador entrevues à La Brède que ce soit en recevant son novillo d’Alma Serena ou en réalisant un joli quite par taffaleras avant de prendre les banderilles. Dès les premiers muletazos, l’eral part vers les tablas et paradoxalement vient de loin et est même noble quand il reste au contact de la muleta. On va découvrir face au problème posé par ce toro, un Solalito courageux, très autoritaire qui va peser sur son adversaire. Il enchaîne, essentiellement à droite, de bonnes séries mettant en valeur les qualités du novillo et composant avec ses défauts. Le nîmois coupe une oreille méritée après une belle épée entière efficace.
Jesus Cuesta ayant besoin de récupérer, l’ordre de sortie des novillos est modifié.

En quatrième sort un eral de Casanueva léger, bien armé et qui sort avec du gaz. Très vite, il montre des signes de faiblesse. Hoyos Calama le toréé par le haut en début de faena. Le novillo transmet peu et le novillero déroule une tauromachie très stéréotypée qui manque d’émotion. L’ensemble va rapidement à menos et s’achève par des manoletinas brouillonnes. Le novillero fait une vuelta après une entière en place.

En cinquième sort un eral de la ganaderia La Espera haut, léger et avacado. Bien reçu par Solalito à la cape, le novillo est tardo, violent et manque un peu de race. Avec autorité le nîmois se croise et impose sa volonté en enchaînant de bons derechazos avant prendre la main gauche avec une certaine élégance. Le protégé de Denis Loré est en très net progrès depuis Bougue et même La Brède. Il a gagné en assurance et surtout pèse sur les erales même compliqués. Il tue également avec engagement et efficacité ce qui lui permet de couper une deuxième oreille et de sortir à hombros.

Jesus Cuesta n’est pas complètement remis de ses volteretas subies face au premier eral quand il reçoit à la cape l’exemplaire de la ganaderia du Camino de Santiago. Très bien fait, cornicorto, le novillo est faible. Il manque de charge et doit être toréé par le haut. Il s’éteint très vite et la faena va à menos malgré les tentatives trémendistes du sévillan pour essayer de donner du relief à une prestation qui en manque cruellement. Handicapé par une forte douleur au bras gauche, le sévillan a du mal à tuer. Le novillo tombe après un vilain bajonazo.

Le vainqueur de cette novillada concours est le novillo de la ganaderia du Lartet.
Le triomphateur est Solalito.

Fiche technique
Arènes de Castelnau Rivière Basse : 18ème novillada non piquée concours
Six erales des ganaderias du Sud-Ouest pour :

Jesus Cuesta : une oreille (Astarac), silence (Camino de Santiago)
Valentin Hoyos Calama : vuelta (Le Lartet), vuelta (Casanueva)
Solalito : une oreille (Alma Serena), une oreille (La Espera)

Prix au meilleur novillo : Le Lartet
Prix au meilleur novillero : Solalito
Président : Roland Bruno (Aire sur Adour)
Un tiers d’arène
Grand beau temps

Thierry Reboul