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Mont de Marsan (19/07/2018) : Il ne fallait pas partir avant le dernier toro...

©Roland Costedoat
©Roland Costedoat
Les toros de Jandilla, très justes de présentation si ce n’est des armures respectables, ont gâché ce qui aurait du être une fête. A l’exception du dernier qui a eu le comportement attendu du produit d’un élevage dit « de garantie », les cinq premiers ont manqué de bravoure au cheval, de noblesse et de forces au troisième tiers et de race tout au long de leur présence en piste.

Il a fallu attendre la cent quarantième minute pour que le public vibre sur une grande série de naturelles de Roca Rey. On était venu faire la fête en l’honneur de Padilla, on s’est ennuyé quasiment d’un bout à l’autre de la corrida.

Grande ovation au paseo et à la sortie des arènes pour Juan José Padilla, le pirate a tout fait pour donner du relief à ses faenas. Mais difficile de faire même du spectacle a des toros tardos, qui se retournent vite avec bien plus de genio que de noblesse. Le premier tricote des deux cornes dès sa sortie en piste. Il prend sans conviction deux piques légères comme le feront tous les toros de l’après-midi. A la muleta, Padilla tire quatre séries courtes et heurtées à un Jandilla qui se défend et met en danger le torero. Le cyclone de Jerez essaie un registre plus spectaculaire mais le toro ne permet pas grand-chose. Il coupe une oreille de sympathie après une bonne entrée à matar. Le quatrième est tardo, soso et surtout décasté. Padilla est plein de bonne volonté. Il essaie tout d’abord un répertoire classique puis plus trémendiste avec des séquences de pendule à la manière de Damaso Gonzalez. Il termine sur des desplantes qu’on aurait sifflés chez d’autres, mais on pardonne tout à celui qui porte sur son corps les stigmates des coups de cornes reçus tout au long de sa carrière.

Si l’arrastre est copieusement sifflée, le torero est appelé à saluer au centre puis fêter avec chaleur et respect lors d’une vuelta émouvante.

Talavante a eu le pire des lots. Il reçoit son premier avec élégance à la cape. A la muleta, il essaie de lui faire baisser la tête mais le Jandilla qui ne transmet pas grand-chose finit par se décomposer et s’éteint. Le torero abrège rapidement. Le cinquième rechigne à passer à droite et passe à gauche en rechignant. A nouveau Talavante écourte une faena qui manque totalement d’intérêt. L’arrastre est sifflée.

On attendait beaucoup de Roca Rey qui traverse une bonne période. Difficile de construire une faena avec toro qui ne charge ni à droite ni à gauche. Même en se croisant à l’extrême, il ne passe pas. L’arrastre est à nouveau sifflée.
Heureusement le dernier toro va permettre au péruvien de réveiller le public. Le toro correctement présenté est noble. Roca Rey sort le grand jeu à la cape avec des lances variées et qui soulèvent l’enthousiasme du public. Le toro est économisé au cheval. Le torero profite de la charge du Jandilla pour enchaîner les premières vraies séries de l’après-midi. Le toro est plus noblote que noble et le début de faena est intéressant sans atteindre les sommets. Il faut attendre cette fameuse cent quarantième minute pour savourer une grandiose série de naturelles qui termine quasiment la faena. Le péruvien coupe une oreille après une mise à mort en deux temps conclue par une demie très efficace.

Le public fait une grande ovation à Padilla quand il quitte le ruedo. Dommage que les Jandilla aient gâché la fête ne lui permettant pas la sortie à hombros dont il s’était fait l’objectif ce soir au Plumaçon.

 

Fiche technique :
Arènes de Mont de Marsan : Seconde corrida des Fêtes de la Madeleine 2018
Six toros de Jandilla correctement armés, très justes de trapio et manquant de fond et de race à l’exception du dernier avec plus d’options pour :

Juan José Padilla : une oreille, un avis et vuelta
Alejandro Talavante : silence, silence
Andres Roca Rey : silence, une oreille

La majorité des toros sont sifflés à l’arrastre
Douze piques et picotazos, cuadra Bonijol
Président : Colette Lacomme
Chaleur étouffante
Lleno

Thierry Reboul


Mont de Marsan (19/07/2018 - matinale) : Casanueva et Solalito vainqueurs de la non piquée
Le novillo de Casanueva remporte la compétition entre les quatre éleveurs landais et Solalito celle entre les quatre novilleros

Fiche technique :
Arènes de Mont de Marsan : Non piquée des Fêtes de la Madeleine 2018
Un eral de Casanueva pour Victor Hernandez vuelta
Un eral de La Espera pour Lucas Miñana un avis et silence
Un eral de Alma Serena pour Solalito un avis et oreille
Un eral du Lartet pour Yon Lamothe deux avis et salut

Prix au meilleur eral : Ganaderia Casanueva
Prix de l’ACCOSO des clubs taurins Ricard et du Libournais pour Solalito
Le cercle montois a remis une enveloppe à chaque novillero
Chaleur étouffante
Une demi arène

Informations Alain Garres