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Rodilhan (21/10/2018) : Deux oreilles pour Adrien Salenc, une pour Thomas Dufau, Tibo Garcia et Solalito...

©ElTico
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En l'absence de Javier Cortes, blessé hier à Chinchon, c'est Thomas Dufau qui ouvrait le cartel de ce festival ô combien symbolique, qui s'est déroulé par un temps printanier et que même les hordes d'antis vociférantes auto annoncées, n'ont pu empêcher de se dérouler.

Avec un certain succès d'ailleurs, puisque les arènes s'étaient correctement remplies aux trois quarts à l'heure d'un paseo retardé de 15 minutes et ce malgré les difficultés d'accès et la finale nîmoise du Trophée des As.
Ceux qui connaissent mon parcours professionnel s'en étonneront peut-être, mais je suis toujours surpris de l'énergie déployée par certains humains pour en empêcher d'autres de vivre leur passion en toute légalité et qui plus est concernant cet après-midi, en faisant une bonne action par la même occasion... Pour moi d'ailleurs, le festival de Rodilhan a commencé hier soir par quelques messages bien sentis sur la messagerie du site, qui ont rapidement viré à l'insulte lorsque j'ai eu le culot de demander ce que leurs auteurs avaient fait, eux, pour les sinistrés de l'Aude...
Une raison de plus s'il en fallait pour répondre présent à l'invitation des courageux organisateurs auxquels j'adresse mes félicitations ce soir. "Si rodilhan meurt, la Tauromachie est en danger" a déclaré le Maire Serge Reder avant que le paseo ne s'ébroue. Je pense qu'il était en effet important que nous soyons là aujourd'hui et ce malgré les quelques larmes versées en préambule, non pas sous le coup de l'émotion, mais à cause des lacrymogènes...

Thomas Dufau débuta son trasteo à la muleta au centre par passe changée, avant un enchaînement d'une série de muletazos par le haut sans bouger les pieds d'un centimètre. La faena, compacte, se déroula essentiellement à droite, le Gallon développant plus de qualités sur ce piton avant d'être conclue de trois quarts de lame trasera après luquecinas. Oreille.

Le deuxième Gallon prit deux piques dont une première poussée, les reins mis. Lors de la faena de muleta, le Gallon se révéla intéressant pour l'aficionado mais peut-être un peu trop exigeant pour les possibilités actuelles du tout récent matador de toros aquitain "El Adoureño". Une entière un peu tombée clôturait les débats. Silence.

Le troisième se révéla rapidement juste de force. Tibo García, avec beaucoup de maîtrise, lui trouva le bon rythme et la bonne hauteur pour lui servir une faena toute de douceur et de toreria, conclue d'une belle entière au second essai. Oreille.

Adrien Salenc conduisit au centre por fuera un novillo sorti avec beaucoup de gaz des chiqueros. Après une unique pique, le nîmois lui servit un quite par farol de belle facture. A ce Gallon noble mais également juste de force, Adrien Salenc allait servir une faena maîtrisée, essentiellement droitière, avant un final plus intimiste une fois que le toro eut baissé de ton. Entière un peu tombée d'effet immédiat pour en terminer. Deux oreilles.

Le dernier Gallon de l'envoi se révèlera plus tardo, à la charge plus mesurées. "Solalito" en prit la mesure avec les moyens du moment et conclut d'une belle entière au premier essai. Oreille.


Arènes de Rodilhan
Dimanche 21 octobre 2018
Festival au bénéfice des sinistrés de l'Aude
Entrée : 3/4 d'arène
5 novillos de Gallon, bien présentés pour l'occasion, nobles et donnant du jeu en général, pour :

Thomas Dufau, oreille
"El Adoureño", silence
Tibo García, oreille
Adrien Salenc, deux oreilles
"Solalito", oreille

Laurent ElTico Deloye


Voir le reportage photographique : ElTico