Magescq (17/02/2019 - tarde ) : C’est la reprise à Magescq...

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©Philippe Latour
©Philippe Latour
Après un hiver humide et désagréable, un soleil chaud et réparateur est de retour sur le Sud-Ouest. Doit-on y voir un signe, c’est aussi le premier jour de la temporada dans notre région (et même en France) ? C’est le temps des retrouvailles à Magescq pour les aficionados gascons auxquels s’est jointe une délégation du Sud-Est venue encourager le nîmois Solal Calmet.

C’est à des erales de la ganaderia landaise Alma Serena qu’est revenu l’honneur d’ouvrir la saison taurine en France. Bien présentés et préparés, ils n’ont pas semblé se ressentir des pluies qui ont arrosé le campo landais depuis le mois de Novembre. Issus de trois sementales différents, ils ont présenté des variétés de comportement allant du très encasté premier au quatrième à la charge courte et assez rapidement décomposé. Il y avait toutefois matière à couper des oreilles tout au long de l’après-midi. Mais on est en début de temporada et les toreros ont besoin de peaufiner leur condition physique et retrouver leur marque après un hiver où carreton et vaches en tienta ne peuvent pas remplacer le contact avec les toros. On peut faire le parallèle entre cette course qui est allée à menos et les matchs de début de saison. Le physique, les automatismes manquent, il y a de belles actions, d’autres moins abouties On reste toutefois confiant pour le reste de la saison car les équipes sur le papier sont bonnes et ont déjà fait leurs preuves par le passé.

Le premier est reçu au capote par Solal. Le novillo a du gaz. Il met bien la tête dans la cape du jeune nîmois. Mais, retenant sa charge, il ne lui permet pas de répondre à un quite de Yon Lamothe (chicuelinas serrées et tafalleras). Du tercio de banderilles à charge du maestro, on retiendra surtout les deux dernières paires. Solal brinde son eral aux membres de sa Peña. Le bicho est noble, a de la caste et de l’énergie à revendre. Le jeune torero, comme ses collègues en rodage de début de saison, va alterner des passes relâchées, templées et même élégantes avec d’autres plus brusques. Du coup il reste en deçà des possibilités du toro. On retiendra de l’ensemble deux bonnes séries à droite en début et fin de faena. La configuration de l’arène fait que les burladeros sont en lien directe avec la piste. L’eral finit par être distrait par les personnes placées derrière les refuges et va à menos. Solal coupe la première oreille de la temporada après une épée contraire mais efficace.

Le second est un joli colorado qui humilie peu à la cape et envoie un léger coup de tête à la fin de la passe. Yon Lamothe le brinde au public. Dès les premières passes, le novillo raccourcit sa charge. Il est noble mais manque de fond et ne se livre pas. De ce fait la faena manque de lien et de transmission malgré les efforts du torero. L’eral qui a conservé son coup de tête finit par se réfugier dans les tablas. Yon coupe lui aussi une oreille après une estocade tombée efficace.

Le madrilène Guillermo Garcia brinde son premier novillo au public. L’Alma Serena est un peu juste de forces. Il se défend plus qu’il ne charge et à tendance à rechercher l’appui du mur qui délimite la piste. Le jeune torero est vert mais a de la volonté. Il s’efforce de maintenir son opposant au centre et finit par donner une bonne série de naturelles après d’autres séries parfois marginales. Garcia se fait prendre spectaculairement sur une naturelle alors que le toro s’est décomposé et se cantonne de plus en plus dans le terrain des tablas. Le madrilène a encore beaucoup à apprendre du maniement des aciers et il doit se contenter de saluer après une demie basse, un pinchazo et une entière en avant.

Le quatrième, plutôt bien fait, est abanto et n’humilie pas dans la cape de Solalito. Il serre Yon lors du quite qu’il effectue. Après deux très bonnes paires de banderilles, Solal brinde au public. Comme le second, le bicho est noble en début de faena. Il raccourcit sa charge, regarde vers les tablas et se décompose assez vite. Le nîmois doit beaucoup l’obliger pour en tirer une passe. La gestuelle est élégante mais la faena manque d’émotion parce que le novillo transmet peu. La fin est plus compliquée avec un toro qui se défend de plus en plus et finit par accrocher le torero. L’élève de Denis Loré salue après une entière contraire.

Le cinquième, plutôt bien fait, se retourne vite ce qui met en difficulté Garcia auteur d’un quite brouillon auquel répond Yon, plus expérimenté et plus posé, par une bonne série de tafalleras. Comme le premier, l’eral part de loin en début de faena. Il est noble et répète. Yon, comme Solal, enchaîne de bons muletazos avec d’autres un peu brusque. Le toro va à menos. Le landais l’entreprend, sans grand succès, dans les tablas où le toro s’est réfugié. La faena va elle aussi à menos. Yon a du mal à fixer son eral au moment de l’estocade et pinche avant de placer une entière en avant. Le torero de Tartas fait une vuelta qui sera sa dernière en non piquée car il passe à l’échelon supérieur dans quelques semaines.

Le sixième est un joli colorado. Abanto, il met la tête mais se défend dans la cape et met en difficulté Solalito qui tentait de lui faire un quite. A noter que tous les novilleros ont joué le jeu et ont fait un quite au toro du novillero qui le précédait et ont souvent répondu aux quites faits, à leur toro, par leurs compagnons de cartel. Le bicho demande une lidia autoritaire et un bagage technique que Guillermo Garcia ne possède pas encore. Il a du courage mais ne pèse pas assez sur un bicho qui se retourne vite, accroche la muleta puis le torero. Le madrilène accentue les défauts du toro et n’en exploite pas suffisamment les possibilités sauf dans les deux très bons muletazos qui concluent la faena. La mise à mort est compliquée. Après deux estocades très basses, Guillermo doit s’y reprendre à plusieurs reprises pour tuer un toro qui finit par tomber à la limite du troisième avis.

Ainsi se termine une novillada de rentrée dont il faudra retenir les premier et cinquième erales, les bons passages de la première faena de Solal, la maturité acquise par Yon, la bonne volonté de Guillermo malgré son manque de métier et surtout le quasi lleno apparent sur les gradins.


Fiche Technique
Arènes de Magescq, novillada non piquée
6 erales d’Alma Serena bien présentés, avec des comportements variés, meilleurs les premier et cinquième pour :

Solalito : une oreille, salut
Yon Lamothe : une oreille, vuelta
Guillermo Garcia : un avis et salut, deux avis et silence

Le prix « Bernard Ménard » au meilleur novillero a été attribué à Solalito
Le prix des organisateurs du Sud-Ouest a été partagé entre Solalito et Yon Lamothe
Président : Lionel Lohiague
Quasi lleno apparent sur les gradins
Grand soleil à l’extérieur, chaleur à l’intérieur des arènes couvertes

Thierry Reboul

Voir le reportage photographique : Philippe Latour