Sevilla (12/10/2013) : José María Manzanares et Paco Lama de Gongora coupent une oreille chacun.

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Photo : Joël Buravand
Photo : Joël Buravand
Sevilla, samedi 12 octobre à 17h30.
Plaza de Toros de la Real Maestranza de Caballería.
Festival mixte au bénéfice de la Croix Rouge et de la Banque alimentaire.
 

La chronique de Grégory Boyer

Le festival bénéfique en faveur de la banque alimentaire de Seville a été une réussite. Une réussite puisque le premier objectif a été largement atteint, les arènes enregistrant un « entradon », puisque presque pleines.

Finalement, malgré la polémique, c'est bel et bien Morante de la Puebla qui a ouvert le cartel et non le novillero local Lama de Gongora. Le maestro originaire de La Puebla del Rio se retrouvait face à un joli colorado de la ganaderia de Vellosino, auquel il servit quatre véroniques et une demie de cartel qui firent rugir les premiers « olé » sévillans de l’après-midi. Il continua sur la même lancée en prenant soin de mener le toro au cheval par des delantales. Déjà l'animal montrait une certaine faiblesse. Morante dédie sa faena aux aficionados, en recevant une très chaleureuse ovation, et il démarre sa faena par des muletazos par le haut dont il a le secret. S'en suit une faena très templée, avec extrêmement de douceur pour permettre au toro de tenir sur ses pattes. Morante offre alors aux sévillans des détails de génie, avant de prendre la main gauche et d'user de technique pour peser sur le toro en le toréant une par une. Il perdra une oreille à cause d'un pinchazo. Saluts.

El Juli se retrouvait devant le toro de l'élevage de Garcigrande. Au capote il se montre poderoso avec un toro qui cherche à fuir à chaque instant. Il se distingue notamment sur un remate à une main très torero avant de mener le toro au picador en lui servant des chicuelinas. Lui aussi montre beaucoup d'envie en allant d'un pas ferme au centre du ruedo pour brinder à l'assistance. Il démarre sa faena contre les planches, par un redondo en doblon, avant de prendre la main droite pour servir de grosses séries, main basse qu'il remate soit par un pecho soit par un trincherazo. C'est le public conquis, qu'il prend la main gauche, où le toro se révèle beaucoup plus compliqué, demandant au torero de s'imposer. Finalement, il arrivera à lui servir des muletazos longs, par le bas, que le toro accepte par miracle. Il termine sa faena par uns démonstration d'aguante en se mettant dans les cornes. Il perd lui aussi une grosse oreille à la mort. Saluts.

El Cid, quant à lui, devait se mesurer au Victoriano del Rio. Fort d'une grosse fin de saison avec des passages remarqués à Arles, Seville et Madrid, il se montre à son avantage lors de bonnes véroniques jusqu'au centre alors que le toro humilie bien. Il dédie lui aussi au public et démarre sa faena de sa main fétiche, la gauche. Et on peut définitivement dire qu'il a retrouvé le sitio sur ce côté. Il le démontra lors de profondes séries, en s'allongeant, alors que le toro préférait humilier en sautant dans la muleta. Il est contraint de se forcer à droite pour obliger l'animal. Il termine son travail par des redondes près des planches et lui aussi perdra une oreille à la mort. Saluts.

Jose Mari Manzanares était très attendu à la Maestranza. La preuve en est le silence qui règne dans les arènes lorsque le maestro d'Alicante est en piste. Au capote il se montre très à l'aise, avec des véroniques ressenties, malgré le fait que le toro d'El Piral, fidèle aux caractéristiques de la ganaderia, ne se fixe pas. Il dédie sa faena à sa femme. Lors des premières séries le toro montre que finalement il détient de très bonnes conditions, en répétant sans broncher dans la muleta du maestro qui ne cesse de dessiner des derechazos aussi élégants les uns que les autres. La musique joue et la Maestranza se lève pour saluer les retrouvailles avec son torero. A gauche le toro va a menos, est tardo, mais Manzanares varie sa faena pour entretenir l'ambiance. Il coupe une oreille après un recibir, qui aurait pu être deux s'il n'avait pas raté son premier essai.

Le cinquième toro, de Nuñez del Cuvillo, échouait à Alejandro Talavante. Le torero entama bien, par de bons capotazos, notamment lors d'un quite par chicuelinas avec un remate à une main par larga. Il dédie au public et reste distant lors de la première partie de faena. Le toro manque de transmission, mais Alejandro Talavante ne paraît pas être dans un excellent jour, manquant lui aussi d'alegria pour transmettre au public. Il arrivera tout de même à laisser de bons détails, surtout sur le côté gauche. Il tue d'une entière.

Restait donc le jeune novillero local Lama de Gongora. Son toro de Juan Pedro Domecq ne l'aide pas. Il n'humilie pas, se défend, s'arrête vite et est faible. Il essaye de s'imposer muleta en main, mais en vain. Il finit son labeur dans les cornes avant de mettre un grosse entière. Le public rendu à sa cause il demandera la permission à ses compagnons de cartel de tuer le sobrero. Sortit alors en septième position un sobrero de Domingo Hernandez. Il le reçoit par trois largas cambiadas démontrant une envie de triompher débordante. Il le dédie à ses compagnons de cartel et démarre sa faena. Une faena au cours de laquelle il communique beaucoup avec le public. Le toro de Domingo Hernandez, soso mais noblon, permet au jeune de s'exprimer devant les siens et de laisser une bonne image.Il est très à l'aise avec le toro, montrant déjà une certaine maturité, tout en laissant des détails artistiques qui plaisent particulièrement à Seville. Il coupe une oreille amplement méritée et bien gagnée, après un pinchazo et une entière.

Grégory Boyer

 
 
 
Toros de El Vellosino, Garcigrande, Victoriano del Río, El Pilar, Núñez del Cuvillo.
Novillos de Juan Pedro Domecq et de Domingo Hernández.
Entrée : quasi plein.
 
 
 
 
Morante de la Puebla : Grande ovation avec saluts.
El Juli : Ovation avec saluts.
El Cid : Ovation avec saluts.
José María Manzanares : Oreille après avis.
Alejandro Talavante : Ovation avec saluts.
 
Le novillero Lama de Góngora : Ovation et oreille du sobrero offert