• 1

Orduña (04/05/2019) : Festival taurin des fêtes d’Otxomayo...

b_400_600_0_10_images_cartels_2019_orduna_04052019.jpgOrduña est et restera une terre de pèlerinage pour nombre d’aficionados. Il est désolant de ne pas pouvoir se recueillir devant la statue érigée en mémoire de Fandiño devant les arènes de sa ville natale. Ce monument a été endommagé par des antis.

Ces mêmes antis qui vociféraient, le temps d’une faena, devant le patio des caballos au moment où commençait le festival non piqué des fêtes de « Otxomayo ». Ce festejo est monté par le novillero El Dani et les aficionados du club taurin local. Comme en France, ils sont une poignée à se battre pour préserver notre culture taurine dans ce pays basque en perte d’Aficion. Dommage que les organisateurs d’Orduña ne soient pas récompensés de leurs efforts par la présence d’un public plus nombreux.
Pourtant Bilbao n’est pas très loin et pourquoi ne pas imaginer comme elle le fait pour Azpeitia un soutien de l’Aficion française, si intimement liée à Orduña depuis juin 2017. Et ce d’autant plus qu’actuaient face à du bétail local, trois toreros de la région et un matador français Marc Serrano.
En attendant des jours meilleurs, Orduña doit se contenter d’un festival non piqué. C’est une jeune ganaderia de Falcès, Hippica Zahori (origine Marquis de Domecq) ; qui a fourni le bétail. Comme souvent avec un élevage qui débute, les comportements ont été très hétérogènes. Sont sortis des novillos légers, certains bien faits, d’autres moins, tous avec des armures larges. Le premier très noble, le quatrième avec du fond ont débuté et fini une course complétée par un bicho décasté (le second) et un troisième compliqué et manquant de fond.

Le premier, le meilleur du lot, humilie dès les premiers capotazos de Daniel Granado. Il est juste de forces mais, noble, il répète dans la muleta du toreo basque. Le « vétéran » dont l’alternative remonte à 1992 prend beaucoup de plaisir en début de faena à enchaîner des séries croisées et templées sur les deux pitones. Malgré sa faiblesse, le bicho finit par déborder le torero dans la dernière série donnée, épée posée au sol. L’épée atravesada n’empêche pas Daniel de couper une oreille fêtée par le public.

Après le bon grain est venue l’ivraie en la personne d’un second Zahori fuyard et difficile à fixer lors des deux premiers tiers. Marc Serrano doit s’accommoder à la muleta d’un bicho tardo, à la charge brusque qui vient plus sur l’homme que sur la muleta. Avec application et technique, il le change plusieurs fois de terrain, arrive à tirer avant que le toro ne parte dans les tablas, quelques muletazos à droite, à gauche c’est quasi impossible. Une vuelta vient récompenser les efforts du nîmois.

Le troisième est reçu à la cape par Ivan Abasolo qui est chez lui. Le toro est un manso, sans race et sans personnalité. Ivan, vu en France en particulier à Orthez devant des Fernando Palha, est un torero courageux et opiniâtre. Le Zahori arrive à la muleta violente et désordonné. Il a une charge courte mais avec abnégation le torero arrivera à l’améliorer sur la corne droite, la seule possible, et en tirera quelques derechazos méritoires. Il coupe une oreille méritée après une entière engagée mais qui résulte en avant.

Le dernier est un manso con casta. Il n’humilie pas mais offre des possibilités si on le torée à mi hauteur. Hélas, le novillero El Dani est plein de bonne volonté mais manque de recours technique. Il a du mal à trouver sitio, distance et rythme pour exploiter le potentiel du bicho. Il est rapidement débordé par le novillo qui finit par le prendre de façon spectaculaire. Le Zahori s’acharne sur le torero au sol. El Dani se relève. Ko debout, sous la protection de ses collègues, il prend l’épée de muerte. La mise à mort est laborieuse et le torero part vers l’infirmerie une fois le novillo arrastré.


Fiche Technique : Arènes d’Orduña : festival non piqué
Quatre novillos de Hippica Zahori (origine Marquès de Domecq) inégaux de comportements pour :

Daniel Granado : une oreille
Marc Serrano : vuelta al ruedo
Ivan Abasolo : une oreille
El Dani : palmas

A l’issue du paseo, une minute de silence en mémoire d’Ivan Fandiño a été observée.
Un quart d’arène
Vent, ciel gris, la pluie, au contraire des antis, a eu la décence d’attendre de ne s’inviter qu’une fois le festival terminé.

Thierry Reboul