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Bougue (05/05/2019 - tarde) : Christian Parejo vainqueur d’une excellente édition du Bolsin...

©Matthieu Saubion
©Matthieu Saubion
Actes deux et trois du 25ème Bolsin de Bougue avec la demi finale et la finale de cette compétition. En demi-finale les trois qualifiés du matin affrontent chacun un eral, les deux meilleurs en affrontant un second lors de la finale.

C’est la ganaderia Camino de Santiago qui a fourni les erales pour cette novillada non piquée conclusion de cette édition 2019.Il en est des toros comme des novillos, ce sont les deux derniers bichos, ceux de la finale, qui ont été les meilleurs du lot avec un mention particulière au dernier noble et encasté. L’avant dernier a bien commencé mais victime d’une faena trop longue et d’un moral plus faible, il a fini par partir dans le terrain des planches. Les trois autres, ont été trop justes de forces, en particulier les deux premiers.

Le premier bien fait et bien armé est reçu de façon hésitante à la cape par Alejandro Contreras Tarin (Ecole de Valencia). Le bicho est rapide et désordonné à sa sortie en piste. A la muleta, il charge avec noblesse mais est handicapé par un manque de forces il tombe à mi faena. Le novillero l’entreprend au début par la droite avec une série de derechazos. Les deux séries suivantes sont données sur le voyage. Quand le torero prend la main gauche, le Camino raccourcit sa charge et la suite de la faena est fade car le toro manque de transmission. Manque de transmission que la tauromachie appliquée mais trop stéréotypée de Contreras ne peut pas compenser. Torero et toro vont à menos .Le novillero salue de son propre chef après avoir tué d’un pinchazo et d’une entière basse.

Le second accroche le capote de Miguel Uceda Vargas (Ecole de Camas) à sa réception en piste puis celle de Christian Parejo (Ecole de Chiclana) lors d’un quite. Il tombe une première fois quand le sévillan le cite pour un quite par Zapopinas. Faible, il tombera à plusieurs reprises par la suite. Miguel est un vrai torero andalou. Il toréé avec lenteur et avec l’élégance des toreros des bords du Guadalquivir. Malheureusement la faiblesse de l’eral et une faena trop longue génère petit à petit de l’ennui en piste et sur les gradins et font oublier les muletazos « pleins de sentiment » du début de la faena. Le novillero est à revoir dans d’autres circonstances mais il laisse planer un doute. Sa tauromachie est elle inspirée ou le fruit d’un formatage comme le sont souvent celles des toreros de certaines écoles ? Miguel salue le public après une entière basse mais efficace.


Christian Parejo reçoit le troisième par une larga de rodillas. L’eral charge en marchant et en donnant des coups de tête dans le capote. A la muleta, il se défend plus qu’il ne charge même s’il part de loin. Christian Parejo commence par une bonne série à droite, la seconde est un plus brusque et la suivant brouillonne. Il enchaîne par deux belles naturelles de face. Le Camino ne prenant pas plus de deux passes sur ce piton. De cette faena, on retiendra la technique du novillero qui sait se placer, toréer par le bas ou par redondos sans que cela soit artificiel ou stéréotypé. Il manquera à cette faena, terminée par un petit accrochage, un peu d’émotion ou de sens artistique. Mais le toro manque de fond et de transmission. Le torero de Chiclana salue après une entière en place.

Après délibération du jury, ce sont Miguel Uceda Vargas et Christian Parejo qui sont qualifiés pour la finale.
Le quatrième, comme le cinquième qui lui succèdera en piste, est d’un gabarit plus conséquent que les trois premiers : Ils auraient pu sortir en piquée sans qu’il y a eu quelque chose à redire. Il est abanto, a du mal à se fixer. Il désarme Uceda Vargas. Le sévillan le brinde au public. Il commence sa faena, au centre de la piste, par des passes par le haut données sans céder un pouce de terrain. Les séries de derechazos suivantes sont données avec temple et élégance. Le garçon sait toréer en mettant une émotion artistique dans ses muletazos. Après une série de naturelles, le toro rompt et commence à regarder vers les tablas. Le novillero continue à réciter cette tauromachie qu’il a apprise et comprise alors que le bicho demanderait une lidia plus autoritaire ou bien de terminer la faena. Miguel continue, prolonge de façon presque scolaire. Il tente de ramener le vers le centre mais se fait ramener dans les tablas. Le toro va à menos, se décompose et la faena, inutilement longue devient languissante et le final par luquesinas ne s’imposait pas. Uceda Vargas coupe une oreille après une entière portée avec engagement qui sera efficace. Le novillero a confirmé qu’il sait toréer avec temple et élégance mais aussi qu’il ne sait pas sortir de ce modèle de tauromachie quand son opposant ne s’y prête pas.

Le cinquième eral, le mieux fait du lot, sera aussi le meilleur de l’après-midi. Il est noble un peu juste de forces mais il offre des opportunités que Christian Parejo saura saisir. Le protégé de Thomas Cerqueira commence sa prestation par des cambiadas pieds joints et sans céder un pouce de terrain. Il va faire preuve d’une technique affirmée tout au long de la faena. Il s’adapte au novillo, en se plaçant à la bonne distance., dans le bon terrain et en toréant dans le bon rythme. Il saura également faire preuve d’un sens du toreo, d’une toreria qui fera même dire à certains aficionados exigeants que quand il toréé par redondos (ce qu’ils nomment le toreo culero), il le fait bien voire avec classe. Dommage que le finale soit gâché par une épée basse heureusement efficace ce qui permet à Christian de couper lui aussi une oreille.

Très naturellement, Christian Parejo est déclaré vainqueur de la 25ème édition du Bolsin de Bougue ; Il sera donc, dans un premier temps, au programme de la non piqué de Vic, puis de celles de Plaisance, Mont de Marsan, Dax et Bayonne. Il est fort probable que l’on reverra aussi Contreras Tarin et Uceda Vargas dans les arènes du Sud-Ouest. Ainsi ce termine une très bonne cuvée du Bolsin de Bougue et tous les aficionados présents se sont donné rendez vous en 2020 pour la 26ème édition.

Fiche Technique
Demi-finale du Bolsin de Bougue
Trois erales du Camino de Santiago, bien présenté, justes de forces et manquant de fond pour
Alberto Contreras Tarin (Ecole taurine de Valencia) : salut
Miguel Uceda Vargas (Ecole Taurine de Camas) : salut
Christian Parejo (Ecole Taurine de Chiclana) : salut
Les deux derniers novilleros sont qualifiés pour la finale.

Finale du Bolsin de Bougue
Deux erales très bien présentés du Camino de Santiago nobles et donnant du jeu pour :

Miguel Uceda Vargas (Ecole Taurine de Camas) : une oreille
Christian Parejo (Ecole Taurine de Chiclana) : une oreille

Christian Parejo est déclaré vainqueur du Bolsin de Bougue et sera au cartel des non piquées de Vic, Plaisance, Mont de Marsan, Dax et Bayonne.
Miguel Uceda Vargas reçoit une muleta offerte par l’UCTPR
Les deux novilleros se partagent les deux cent euros offerts par l’association des organisateurs du Sud-Ouest
Président : Pascal Darquié
Demi-arène
Météo ensoleillée et fraiche

Thierry Reboul

 

Voir le reportage photographique : Matthieu Saubion