Béziers (19/05/2019) : L’Ecole Taurine en Fête et triomphes pour Lucas et Lenny...

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Visuel Beziers 19052019 2Ce Dimanche, c’est jour de Fête pour les élèves de l’Ecole Taurine de Béziers. Même le vent s’est invité et tel un fripon, il a soulevé capes et muletas.

La journée a commencé par une tienta au cours de laquelle trois vaches de Robert Margé ont été testées. L’éleveur retiendra probablement la seconde excellente au cheval et à la muleta. Les qualités de la vache ont mis en évidence le potentiel torero de Gualterio Lopez (ETBM). La vache a duré sans baisser de ton, ce qui a permis aux jeunes pousses de l’ETBM de sortir sous la protection d’El San Gilen leur directeur et ange gardien. Sont entrés en piste Charles, Matteo, Esteban et Florianne. Les deux autres vaches, moins complètes que ce soit au cheval ou à la muleta, ont été tientées par Anaïs (ETBM) et Miguelin (Arles ETA)
L’après-midi, le public a repris place sur les gradins pour un festival avec deux novillos et deux erales de Robert Margé. La qualité de la prestation du bétail et des novilleros locaux ou invités aurait mérité un peu plus de monde sur les gradins. Les absents ont eu tort et les présents n’ont pas boudé leur plaisir.


Le premier novillo est un joli burraco. Abanto, il finit par se fixer et devient tout de suite tardo Le toro hésite, réfléchit avant de charger que ce soit lors de son unique rencontre avec la cavalerie ou pour répondre aux sollicitations des banderilleros. Carlos Garcia (Ségovie) le brinde au public. Le toro a tendance à se coller dans les planches. Il est violent et se défend. Après deux séries à droite, il revient dans les tables. A la quatrième série, Garcia trouve le bon sitio. Le Margé met la tête pour un enchaînement de trois derechazos. La corne droite est la meilleure mais le toro manque de fond et le novillero n’arrive pas à l’obliger suffisamment pour éviter qu’il ne se retourne vite ou s’échappe à la troisième passe. Après une bonne série de naturelles, Carlos Garcia s’engage pour une entière basse et efficace. Il coupe la première oreille de la tarde.


Le second est un joli novillo, costaud mais très bizco. Il sort avec beaucoup de gaz et d’énergie et embiste dans le capote de Lucas Miñana. Le ganadero veut le voir au cheval et demande qu’il soit mis en suerte trois fois en reculant à chaque fois. Hélas le bicho manque de bravoure. Tardo, il vient au pas au cheval et ne pousse pas lors des deux dernières rencontres. A la muleta, il est noble, charge avec alegria mais se retourne vite. Lucas a beaucoup progressé. Il a épuré son torero, privilégiant une tauromachie plus classique,) qui s’accorde mieux avec sa personnalité. Il a une vraie planta torera qui est mieux mise en valeur ainsi. Le biterrois construit une faena élégante enchaînant des séries élégantes, adaptées à un toro noble qui demandait à être obligé mais qui ne permettait pas des séries longues. Lucas réduit les terrains, toréé avec beaucoup d’élégance pour terminer sa faena sur une note plus « andalouse ». Il coupe deux oreilles après une entière contraire un peu longue à faire effet. mouchoir bleu pour le novillo.

Le troisième est un joli eral castaño chorreado. Le bicho sort avec beaucoup de gaz et une charge désordonnée. Il aurait gagné à être piqué pour le canaliser. De plus le vent devient plus violent. Christian Parejo (Chiclana) ne peut pas utiliser sa longueur de charge pour le citer de loin (la muleta se retrouve sous l’effet du vent presque à l’horizontale) et contrôler son énergie. Sur des cites plus rapprochés, le novillo se défend. On sent que le novillero est un élève doué, avec des qualités certaines, mais aujourd’hui il n’est pas arrivé à résoudre les équations à plusieurs variables posées par son adversaire. Il est bousculé à plusieurs reprises, se fait imposer les terrains par le toro (et le vent) et tue mal un eral insuffisamment dominé

Le dernier est le plus léger. Il sera abanto jusqu’à ce que Lenny Martin (ETBM) le capte dans les plis de sa cape puis de sa muleta. L’eral se concentre sur le cite, charge et répète avec alegria, et permet au novillero de construire une faena sincère, intéressante et brillante. Il le tient au centre, enchaîne de bonnes séries de derechazos (la corne droite est la meilleure). Il réduit les terrains, le bicho serre vers les tablas. Les séries sont très appliquées mais il manque encore au jeune torero la planta et les attitudes toreras qui donnent de l’émotion en fin de faena. Il faut bien avoir des axes de progrès et il pourra profiter des entraînements communs avec Lucas pour affiner le côté artistique de sa tauromachie. Lenny s’engage avec sincérité pour une entière efficace et se voit octroyé par le public et la présidence les deux oreilles et la queue de son eral.

Fiche Technique : Arènes de Béziers, Fête de l’Ecole Taurine
Deux novillos et deux erales de Robert Margé intéressants et donnant du jeu pour :

Carlos Garcia (Segovia) : une oreille
Lucas Miñana ‘(ETBM): deux oreilles
Christian Parejo (Chiclana) : silence
Lenny Martin (ETBM) : deux oreilles et rabo

Vuelta au second novillo de Robert Margé
Ambiance aficionada et familiale
Temps frisquet et vent gênant pour les toreros en particulier au troisième novillo

Thierry Reboul