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Captieux (02/06/2019) : Première étape de la temporada girondine...

©Matthieu Saubion
©Matthieu Saubion
La Gironde est une terre taurine. Deux arènes vont accueillir ce mois de Juin des spectacles taurins. La saison girondine a débuté à Captieux avec une tienta le matin et une novillada piquées.

En ouverture de la journée, après l’encierro des pitchounes, deux vaches de La Espera ont été tientées par Thomas Dufau qui remplaçait Clémente et Clément Hargous (piquero Laurent Langlois). Si la seconde mansa ne sera pas conservée, la première excellente au cheval et à la muleta rejoindra le groupe des reproductrices de l’élevage de Jean-François Majesté.


L’après-midi, ce sont des novillos d’El Freixo, la ganaderia d’El Juli, qu’a affronté la terna de novilleros. D’une présentation adaptée à la catégorie, et la dimension, de l’arène les utreros ont déçu par leur comportement. Ils ont tous manqué peu ou prou de race et de fond. Malgré la bonne volonté et l’application des toreros, ils n’offraient que peu d’options et de transmission.
Le premier est un colorado qui juste de forces sera peu piqué. Dorian Canton commence sa faena par des derechazos de rodillas. Il enchaîne par séries à droite « en douceur ». Le novillo répond aux cites mais manque de personnalité. Il est noble mais fade. Le novillero béarnais s’applique, construit une faena structurée mais qui manque de relief à cause du manque de transmission de l’utrero qui devient rapidement soso. Dorian conclut d’une entière efficace mais basse.
Le second est lui aussi faible. Il ne prend qu’une pique en poussant un peu. A la muleta, il est noble mais tardo. La corne gauche est compliquée mais sur la droite, José Fernando Molina enchaîne quelques bons muletazos. Lui aussi s’applique, fait des efforts mais le toro fade et soso et la faena manque de transmission et d’intérêt. Molina se fait accrocher en entrant à matar pour une demie en avant qui sera concluante.
Borja Collado est un des novilleros punteros de ce début de saison. Son premier novillo fait illusion au premier tiers et prend une pique (trasera) en s’investissant. Dès les premiers muletazos, il a une charge courte et manque de chispa. On sent que le torero a des compétences et des moyens mais le manque de fond du novillo ne lui permet pas de les mettre en œuvre. Le « El Freixo » se décompose rapidement, accroche le novillero, la seconde fois violemment mais heureusement sans faire trop de dégâts. Courageux, Collado essaie de compenser le manque de transmission du bicho en réduisant les terrains et par des manoletinas spectaculaires et risquées. Le torero de Valencia coupe une oreille après une belle estocade entière portée en s’engageant.
Le quatrième est le plus costaud du lot. Il est reçu avec élégance par Dorian Canton avant de prendre un premier puyazo vite rectifié et un second qui sera la meilleure rencontre avec la cavalerie de la tarde. Après avoir brindé au public, Dorian commence sa faena par des cambiadas. Le béarnais profite de la noblesse du novillo et d’une charge allègre pour enchaîner de bons muletazos, élégants et dominateurs, à gauche et à droite. La faena semble bien partie. Malheureusement à partir de la quatrième série, l’utrero baisse de ton et la faena va à menos malgré les efforts du torero. La conclusion avec les aciers ne permettent pas à Dorian de couper le trophée qui était du domaine du possible au vu du début de la faena.
On dit qu’il n’y a jamais de mauvais cinquième. L’avant dernier novillo a infirmé ce proverbe taurin. De charge courte, violente, il a par son genio et son manque de race contrarié l’envie de bien faire de José Fernando Molina. Le garçon voulait, donnait l’impression de pouvoir mais l’animal ne permettait pas grand-chose. Le protégé de Manuel Caballero aura du mal à conclure à l’épée une confrontation à vite oublier
Le sixième est un joli burraco qui bien mis en suerte prendra un bon puyazo en poussant. Noble, comme le quatrième, il a une charge intéressante en début de faena. Borja Collado en profite pour enchaîner des séries à droite spectaculaires qui réveillent un public qui a eu peu l’occasion de s’enflammer depuis le début de la novillada. On retiendra en particulier la troisième série à droite. Puis le toro baisse de ton. La faena va à menos malgré un final « spectaculaire » à gauche après que le novillero se soit fait accrocher lors de la série précédente. Tous les espoirs de trophée s’envolent après une mise à mort laborieuse.


Le manque de race et de fond des novillos d’El Juli ont gâché la novillada. Les trois jeunes novilleros ont quand même réussi à montrer qu’ils avaient du potentiel et seront à revoir dans d’autres circonstances (dès Samedi à Vic avec le Retamar pour Dorian).
Cet après-midi taurin morose ne nous empêchera pas de revenir à Captieux, plaza de toros girondine, l’an prochain pour la prochaine édition de Rugby y Toros. Le cadre est agréable, les organisateurs courageux et motivés S’il faut oublier cette édition 2019, il y a eu par le passé de belles après-midi dans les arènes Jean Sango et il n’y pas de raisons qu’il n’y en ait pas de nouvelles.
Parallèlement aux manifestations taurines, les organisateurs capsylvains ont monté sur le campo de Féria une intéressante exposition de photos et peintures. Ils ont permis aux aficionados présents de découvrir les œuvres de Davis Debenest, Antoine Dominique, Frédéric Martinez, Violaine Gaspard, Bruno Imart et César Cepeda.

Prochaine étape de la temporada girondine, La Brède, le 22 juin 2019

Fiche Technique : Captieux : novillada de la Féria Rugby y Toros 2019
6 utreros de « El Freixo » manquant de race et de fond pour :

Dorian Canton : silence, silence
José Fernando Molina : silence, silence
Borja Collado : une oreille, un avis et silence

Sept piques, cavalerie Heyral
Seul le prix à la meilleure brega a été attribué. C’est la cuadrilla de Molina qui l’a reçu.
8/10èmes d’arène
Grand beau temps ensoleillé et chaud.

Thierry Reboul

Voir le reportage photographique : Matthieu Saubion