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Càceres (02/06/2019) : 4 oreilles pour le mano a mano entre Juan Mora et Emilio de Justo...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
On dit de l’arène de Caceres qu’elle est compliquée à remplir. Le mano a mano entre Juan Mora et Emilio de Justo a permis de mettre à mal cette réputation et c’est devant un bon ¾ d’arènes que s’ébrouait le paseo.

On pourra toujours ergoter sur le lot d’El Pilar et de ses qualités intrinsèques, mais nous eûmes à nous mettre sous la rétine des moments pleins de toreria, qui jalonnèrent cette chaude après-midi

Juan Mora
Le vétéran nous offrit un festival allant crescendo ravissant le public cacereño.
A son premier salué de véroniques suaves il offrit une faena servie à mi-hauteur qui n’obligeait en aucune manière le toro.Le El Pilar noble mais soso se laissa embarquer des deux côtés dans des séries marquées du sceau si personnel du natif de Plasencia. Un pinchazo et une demie défectueuse le privèrent du premier trophée.
Après que le 3ème de l’envoi fut remplacé par un sobrero du même fer, Juan Mora nous gratifia de véroniques tout en verticalité rématées de belle manière. Pendant que le toro finissait d’être banderillé tant bien que mal par la cuadrilla, on vit Juan Mora monter dans les gradins, brinder la mort du Pilar à Antonio Ferrera qui avait pris place dans les tendidos. Moment étrange, qui fit monter l’émotion dans le public. Revenu sur le sable, l’artiste construisit une faena de superbe exécution. Majoritairement droitière, pleine de rondeurs, elle permit ces moments de relâchement qui laissent penser que toréer est si facile. Moins clair à gauche, le toro laissa dessiner à Juan Mora
quelques naturelles pieds joints qui firent rugir Caceres. Un final en deux-temps laissa le président de marbre et l’oreille unanimement plébisictée ne tomba pas. Vuelta.
Le sommet fut atteint au 5ème. Florilège du savoir faire de Mora, tout y passa. Du début genoux en terre aux derechazos élégamment distillés qui suivirent et après un brindis en plein milieu de faena à son collègue du jour, le final par gauchères fut de toute beauté.2/3 d’épée plus tard, les deux oreilles tombent du palco.

Emilio de Justo
Il faut se méfier de n’importe quel toro. Celui qui sortit en premier lieu pour De Justo n’était ni très charpenté, ni très armé pourtant il fit connaître une très grosse frayeur au torero. Cueilli dès la troisième passe de cape, celui-ci partit dans les airs et retomba lourdement au sol avant d’être rechargé. Sorti groggy de l’histoire et une épaule en vrac Emilio ne put servir de faena , le Pilar s’abîmant la patte sous la pique. Sous pilotage automatique et pas très lucide, il tomba sur un 2 bis de peu de qualités. Silence.
Après un long passage à l’infirmerie, De Justo haussa le ton dès la réception du 4ème.Après un salut de Morenito de Arles aux banderilles , la faena alla de menos a mas. Sans baisser exagérément la main, Emilio fut néanmoins dominateur. Dans une longue faena, des deux bords, il lia des séries pleines de toreria imposant son style et sa classe.Son final en naturelles de face chauffa à blanc le public, et l’estoconazo foudroyant fit tomber une double récompense.
Au dernier de l’envoi, brindé à Juan Mora, Emilio tenta beaucoup sur la droite, le piton gauche étant quasi impossible. La faiblesse et le peu de fond de l’animal prirent le dessus sur la volonté du torero et la faena bien que tirant en longueur ne put décoller.

 

Caceres
¾ d’arènes
6 toros d’El Pilar justes de présentation (les 2 et 3 furent remplacés par des sobreros du même fer)
8 piques
Juan Mora Saluts/Vuelta/2oreilles
Emilio de Justo Silence /2 oreilles/Silence

Philippe Latour

Voir le reportage photographique : Philippe Latour