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Nîmes (10/06/2019 - tarde) : La seule vuelta pour Octavio Chacón...

©ElTico
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Après le succès de la corrida de clôture de la dernière Feria des Vendanges, il était tentant de reproduire le même cartel et de surfer sur la vague Victorinesque pour clôturer en beauté ce cycle de Pentecôte 2019. Aussi, seul Emilio de Justo, qui était appelé à tuer la corrida de Jandilla avant sa blessure de Cáceres, avait laissé son poste à Rubén Pinar.

Hélas et c'est souvent heureux, rien n'est écrit d'avance en tauromachie. Et si la corrida n'a pas été dénuée d'intérêt, elle n'a pas atteint le degré d'intensité de celle de 2018, qui restera encore la référence. Les toros de Victorino sont sortis en général plus âpres, l'un d'entre eux étant changé sous la pression populaire pour un El Torero d'une qualité bien inférieure à celle affichée vendredi. Du côté des hommes, Rubén Pinar ne trouva pas matière à s'exprimer et Pepe Moral démontra que si les toreros sont souvent des surhommes, ils restent avant tout des hommes... Blessé gravement en septembre dernier par un astado au "A couronné", il brinda d'ailleurs son premier adversaire à l'équipe médicale des arènes, il est de ceux qui ont porté un Román en sang à l'infirmerie des arènes de Las Ventas hier soir... De quoi douter quand sortirent du toril deux alimañas cárdenas... Dans ce contexte, seul Octavio Chacón a tiré son épingle du jeu. Il aurait même pû couper une et une oreille, chèrement acquises et à force de courage notamment face au quatrième, sans maladresse à l'épée. Mais il confirme son statut de leader des lidiadores actuels.

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier resta court dans le capote de salida d'Octavio Chacon, ce dernier le lidiant intelligemment par fuera jusqu'au centre de piste. Après une première pique quelconque, le Victorino montra plus de bravoure sur la seconde rencontre. Brindis au public. Sur les deux premières séries droitières, le toro se révéla maniable malgré un manque de force affiché et un côté soso en sortie de muletazo. Trouvant le sitio et la lidia adaptée, Octavio Chacon enchaina quatre belles tandas de derechazos, laissant parfaitement courir la main, qui firent résonner le conclave. Après un essai en dent de scie sur la zurda, corne moins propice au toreo, le natif de Prado Del Rey remata par une ultime série droitière de qualité avant de connaître un échec répété aux aciers. Cette épée défectueuse lui coûtant à coup sûr une oreille. Ovation avec salut après avis.

Le deuxième fut changé pour cause de problème physique, remplacé par un sobrero d'El Torero. Ruben Pinar le salua par veroniques atones avant de le conduire à la cavalerie pour deux rations sans consistance. L'espagnol entrecoupa ce tiers par de douces chicuelinas avant de brinder à Renaud Ripart, footballeur du Nîmes Olympique et aficionado practico. Face à un exemplaire sans grande qualité, Ruben Pinar alterna les séries sans relief sur les deux pitons, ne trouvant jamais écho sur les tendidos. Mort laborieuse où le manque d'engagement fut palpable. Silence.

Le troisième, dévolu à Pepe Moral, prit deux légers picotazos. A la muleta, le Victorino, flojo, manqua de solidité. Toreant à mi hauteur, le torero de Los Palacios traça quelques muletazos isolés méritoires mais sans parvenir à donner de l'intérêt à son trasteo. Mort peu engagée par tiers de lame trasera atravesada avant une épée contraire d'exécution rapide.

Octavio Chacon salua son second adversaire par un capoteo plaisant avant de le conduire avec volupté devant le piquero. Le Victorino se montra violent lors d'une première rencontre, faisant tinter les étriers. Sur la seconde, le bicho sortit rapidement du peto avant une ultime prise de loin et en bravito, cheval placé devant le palco. Sur la première série, l'astado se montra vite réservé, avertissant l'espagnol sur un remate sur la rive gauche. Face à cet animal à charges courtes et dangereux sur le piton gauche, Chacon fit l' effort et à base de technique et d'abnégation, il réussit à sortir de son voile plusieurs séries méritoires, exclusivement droitières. Il prit seulement la main gauche pour placer son toro à la suerte suprême. Mort par demi épée tendida suivie d'un coup de verdugo très efficace. Pétition minoritaire non accordée par le palco. Vuelta après avis.

Le cinquième fut sévèrement châtié sur une pique rectifiée et très appuyée. La seconde fut également de piètre qualité, le cavalier sortant logiquement sous les huées. Salut de Angel Oterio et Victor Manuel Martinez après un tercio de banderilles remarquable. Sur les doblones initiaux, le Victorino montra une force limitée, perdant les mains par deux fois. Face à un opposant aux charges pas très claires, Ruben Pinar montra une belle volonté mais mit du temps à peser sur son bicho. A base de patience et de technique, il parvint en fin de combat à faire aller son combat a mas, imprimant deux séries droitières poderosas et valeureuses qui trouvèrent écho dans les travées. Mort en quatre temps. Ovation avec salut.

L'ultime toro de la feria , un exemplaire orienté, prit deux puyas sans éclat. Dans la muleta d'un Pepe Moral peu en confiance, le Victorino resta inédit, l'andalou abrégeant très rapidement son combat sous les protestations. Mort en trois assauts. Sifflets.

Arènes de Nîmes (30)
Lundi 10 juin à 17h30
6 toros de Victorino Martin
Poids : 535 , 518 , 527 , 509 , 514 , 516.
Durée : 2h35
Présidence : M.Burgoa / M.Crudo / M.Pouillard.
Beau temps.
1/2 plaza

Octavio Chacon : Ovation avec Salut après avis / Vuelta après avis
Ruben Pinar : Silence / Ovation avec Salut
Pepe Moral : Silence / Sifflets

Alexandre Guglielmet

Voir le reportage photographique : ElTico