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Riscle (03/08/2019 - tarde) : Qu'il est difficile et ingrat d'être ganadero...

©Nicolas Couffignal
©Nicolas Couffignal
Comme pour Jean Louis Darré à Eauze, Jérôme Bonnet a vécu une après-midi pénible aux arènes de Riscle. La novillada du Lartet est très mal sortie avec des novillos décastés et manquant de race. Comme pour les Camino de Santiago, il ne sert à rien d'enfoncer le clou.

Jérôme est un professionnel qui connaît son métier d'éleveur. Respectons le travail fait jusqu'à aujourd'hui, avec de bons résultats en non piquées. Laissons le ganadero chercher et trouver ce qui fait que les qualités des erales ne se retrouvent pas chez les utreros. N'oublions pas qu'en statistique, un lot n'est pas forcément représentatif d'une population et qu'élever des toros est tout sauf une science exacte.

Le premier, comme l'ensemble de la novillada, est bien présenté. Il est reçu de rodillas par un Cristian Perez qui doit se racheter d'une prestation plus que moyenne à Boujan. Le novilllo prend une pique carioquée et arrive à la muleta avec une charge violente. Malgré un début par doblones, le novillero n'arrive pas à réguler la charge d'un toro qui dès la deuxième série de derechazos part se réfugier dans les tablas. Difficile de le déloger de sa querencia, le Lartet est décomposé et devient de plus en plus dangereux. Deux séries le long des talanquères, le novillo est de moins intéressé. Perez le tue d'une quasi entière opportuniste après avoir eu les pires difficultés à le fixer pour entrer à matar.

Le second, mal piqué à la première rencontre provoque la chute de la cavalerie, la deuxième pique est plus sérieuse de la part du cavalier, du cheval et du toro. Le toro est à la fois abanto, andarin et suelto. Il parcourt le ruedo pour fuir le combat sans jamais se fixer. Il cherche très rapidement l'appui des planches et Hector Guttierez devant l'impossibilité d'en tirer une passe abrège la faena après quelques muletazos.

Le troisième après une sortie intéressante se casse une patte. Difficile à puntiller, il est tué par Diego San Roman. Il est remplacé par un sobrero du même fer qui dès sa sortie se défend en donnant des coups de tête. Il prend une seule pique en poussant. Le torero mexicain a du recours et une vraie planta torera. Il enchaîne deux bonnes séries à droite. A gauche, le novillo s'arrête à mi passe. Retour à droite et l'utrero décide de partir dans les planches. San Roman abrège la faena et tue d'une bonne quasi entière.

Le quatrième montre des signes de mansedumbre dès sa sortie en piste. Il prend une pique en se défendant. Le novillo est tardo, il s'arrête à mi passe. Cristian Perez fait des efforts pour l'obliger à passer mais très vite l'utrero passe de tardo à parado sur les deux cornes. Nouvelle faena rapidement abrégée et conclue par une entière basse efficace.

Le cinquième est juste de forces. Il subit sa seule rencontre avec la cavalerie. Il est dangereux à droite, coupe le terrain et met les cuadrillas en difficulté. Quelques muletazos et Hector Guttierez manque d'être pris à chaque passe. Avec raison , il va rapidement chercher l'épée. La mise à mort est laborieuse mais comment faire face à un toro dont on ne sait pas s'il regarde le torero ou la muleta.

Le sixième ne sera pas le Deus ex Machina qui sauvera la course. Il est piqué efficacement par Tito Sandoval. Tout aussi efficacement Diego San Roman conclut par une entière «opportuniste » après quelques tentatives pour faire passer un novillo vite décomposé et parado.


Fiche technique :
Arènes de Riscle, novillada des Fêtes 2019
Six novillos, dont un sobrero du même fer remplaçant le titulaire en troisième position qui s'est cassé une patte, tous mansos, décastés et sans race pour :

Cristian Perez : un avis et silence, silence
Hector Guttierez : silence, silence
Diego San Roman : silence, silence
sept piques , une chute , cavalerie Garcia
deux tiers d'arène
Soleil et chaleur

Thierry Reboul