Istres (18/10/2020 - tarde) : Triomphe de six oreilles pour l'encerrona caritative de Juan Leal...

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©ElTico
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Un défi pour clôturer cette temporada des corridas formelles à l'ère de la Covid-19 dans le sud-est de la France taurine, avec cet encerrona de Juan Leal dans les arènes du Palio d'Istres. Et à bien y réfléchir, qui d'autre actuellement pour proposer un tel geste, qui plus est dans le cadre d'une corrida caritative ?

Le sevillano-arlésien s'est enfermé cet après midi face à six toros de Gallon ; Pagès-Mailhan ; Fernay ; Jalabert Frères ; Fernay et Margé. Et, qu'on aime ou pas son concept du toreo, il fallait pouvoir supporter à six reprises la pression et le danger dans ces terrains rapprochés qu'il affectionne tant. Rien que pour celà, et malgré des épées souvent récalcitrantes, son triomphe est des plus convainquants.

©JC Carbonne
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Le jabonero sucio de Gallon sorti premier manifesta rapidement quelques signes de faiblesse. Il fut logiquement économisé sur une seule pique qu'il prit avec classe. Lors de la faena, entamée par cambiadas au centre, cet exemplaire d'une belle noblesse se révéla maniable mais de peu de transmission. Juan Leal lui servit un trasteo tout en douceur, un peu à contre-emploi, avant le final entre les cornes. La demie-épée au premirr essai fut suffisante. Oreille.

Le Pagès-Mailhan sorti deuxième s'impliqua lors du trasteo de réception avant d'enflammer le public sur la seule et unique pique qui lui fut proposée. Face à cet exemplaire noble et maniable, qui dura dans le temps, Juan Leal débuta sa faena à genoux et servit un trasteo complet sur les deux pitones, terminant son labeur de rodillas. L'entière au troisième essai, après deux pinchazos hondos, fut d'effet rapide. Saluts.

Le troisième, marqué du fer de Fernay, semblait présenter un défaut du train arrière à sa sortie. Il prit une pique sans être mis en suerte. Le début de faena par cambiadas de rodillas fit réagir les tendidos. La suite baissa d'intensité, le toro révélant sa faiblesse, jusqu'au final à touche-touche qui permit à l'arlésien de reconquérir le conclave. L'entière un poil basse en première intention, lente d'effet, n'empêcha pas le public de demander et d'obtenir les deux oreilles.

C'est un toro de Jalabert frères qui sortit en quatrième position. Il ne s'impliqua pas vraiment dans la cape de Juan Leal, avant de prendre une seule pique en mettant les reins. Au troisième tiers, le Jalabert se montra noble et encasté, répondant à toutes les sollicitations. Juan Leal prit rapidement la mesure de son adversaire, mais raccourcit très vite la distance alors que le toro semblait avoir encore des choses à exprimer. Entière tendida au deuxième essai. Oreille.

Le Fernay sorti cinquième fut salué par véroniques de rodillas. Il fut mis en suerte par chicuelinas en marchant pour une seule et unique rencontre. Juan Leal partagea ensuite les banderilles avec son cousin Marco. Début de faena à genoux avant un trasteo efficace sur les deux rives à un exemplaire maniable, quoique manquant de classe. Le final impressionnant à genoux entre les pitones avant une demie-lame puis descabello, suffit au public pour demander deux nouveaux trophées. Deux oreilles.

Juan Leal salua le dernier, de Margé, d'une larga afarolada de rodillas à la sortie du toril, avant que l'astado ne prenne deux piques. Face à ce toro noble et mobile, après un début de faena classique, l'arlésien partit une nouvelle fois à l'abordage en montant sur son adversaire, ce qui réduisit considérablement son bel allant. Les Luquecinas finales précédèrent une entière au premier essai insuffisante et trois descabellos. Silence.

Le banderillero Raphaël Viotti a salué au sixième.

 

Arènes "Le Palio" d'Istres
Dimanche 18 octobre 2020- tarde
Corrida de toros
Durée de la course : Deux heures quarante cinq minutes.
Entrée : le plein de la capacité autorisee
Toros de Gallon ; Pagès-Mailhan ; Fernay ; Jalabert Frères ; Fernay et Margé, pour :

Juan Leal, unico espada, oreille, saluts après avis, deux oreilles, oreille, deux oreilles et silence après avis.

Laurent Deloye ElTico

Voir le reportage photographique : ElTico