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Céret (18/07/2021 - tarde) : dernière corrida « d’Els segadors » à « L’Estaca »...

Visuel Ceret 18072021TQuand on vient de voir « West Side Story » tous les spectateurs sortent de la salle de concert en fredonnant « Tonight ». Ceux qui quittaient les gradins des arènes de Céret ce dimanche fredonnaient « L’Estaca » « envoutés qu’ils étaient par la prestation de la Cobla Mil.Lenaria, musique de la plaza cérétane.

Il est vrai que les seules ovations de cette dernière corrida de la Féria 2021 avaient été adressées à Jean Loup Aillet pour son grand tercio de piques au troisième et à l’orchestre catalan pour sa sublime interprétation de « En er Mundo » et de la Santa Espina.
Pas grand-chose d’autre à se mettre sous le stylo lors de cette ultime course de la Féria 2021 ;
Les Raso de Portillo, tous superbement armés, constituant un lot inégal de trapio, bravitos au cheval, sans mauvaises manières, ils ont manqué de fond et de race au troisième tiers. Et ce ne sont pas les prestations des trois toreros qui ont compensé le manque de transmission des toros.

Le premier est, comme le seront les cinq autres, applaudi à son entrée en piste ; Réception efficace à la cape par Fernando Robleño, le bicho mis-en en suerte au centre, tardo, finit par charger pour prendre en poussant un puyazo appuyé. Remis au même endroit, il charge à nouveau, pousse au contact du peto mais le picador relève immédiatement une puya mal placée sans la remettre. Le changement de tercio est difficilement compréhensible car le toro n’a pas été piqué à la seconde rencontre. Bon tercio de banderilles avec salut de la cuadrilla, Robleño brinde au public. Première série de cadrage à droite avant de prendre la main gauche, le torero « chouchou » de Céret manque de confiance en début de série et à du mal à imposer son autorité à son adversaire. Le Raso est brusque. Beaucoup d’agitation, des séries brouillonnes ne pèsent pas sur un toro exigeant mais qui, comme il l’a montré par moment, permettait plus à condition de le dominer. La faena est conclue par un pinchazo et une entière légèrement basse, le torero salue et le train d’arrastre est applaudi.

Le second s’abîme la pointe des cornes en rematant contre les burladeros. La réception au capote par Gomez del Pilar est conclue par une très belle demi véronique. Bien mis en suerte et piqué le Raso prend trois puyazos sans pousser et en sortant seul, le picador est applaudi. Manso, le toro ne se livre pas aux banderilles. Andarin, il vient sur l’homme à la première série à gauche. Il a peu de charge, se retourne vite. Del Pilar essaie de le consentir et de le lidier. Très vite, il opte pour une tauromachie plus pueblerina, se collant aux flancs du toro à la sortie des passes pour compenser le manque de transmission du toro. On est loin de la prestation vicoise du torero madrilène. Toro et faena vont à menos. Silence pour le torero après une mise à mort en trois temps.

Très attendu et soutenu par le public, Maxime Solera met en suerte le troisième toro. Le Raso placé de plus en plus loin, jusqu’au terrain du toril, sera très bien piqué par Jean Loup Aillet .dans un très bon jour Dommage que le bicho ne pousse pas au contact du cheval, standing ovation pour le picador provençal. Solera brinde à Fernando Robleño. Le fosséen commence sa faena à droite. Les séries des deux mains sont appliquées mais ne pèsent pas assez sur un toro brusque et qui manque de fond, et qui finit par aller à menos. Silence après une entière basse et de travers et un descabello.

Le quatrième prend trois piques en se défendant. Très armé , il impressionne les banderilleros qui multiplient les passages à faux. Robleño n’est pas dans un bon jour. Il manque de confiance, recule souvent et se fait promener par un toro violent, bagarreur et andarin. La faena manque de transmission, est ennuyeuse voire lassante. Ce n’est pas la mise à mort, avec un pinchazo, une entière basse portée au passage et deux descabellos, qui vont en relever le niveau.

Le cinquième est bien piqué à deux reprises par Sanguesa. Le Raso pousse bien à la première rencontre, moins à la seconde. Changement de tercio qui surprend aussi bien le matador que le piquero. Gomez del Pilar recule lors de la première série à droite. Il guide plus la charge du toro lors des deux suivantes sur ce piton. A gauche, le toro est andarin et ne passe pas sur ce côté. Retour à droite, le toro s’est décomposé, nouvelle tentatives en naturelles sans grand succès. Quelques passes d’alignement et Gomez del Pilar tue d’une quasi entière basse et un descabello. Le toro est sifflé à l’arrastre.

Le sixième a une armure à faire rêver tous les taxidermistes et les collectionneurs. Il prend trois piques sans vraiment pousser mais avec une charge qui va à mas. Salut des banderilleros à l’issue du second tiers, Maxime Solera brinde au public. Le bicho se retourne vite et « tricote » des deux pitones. Le jeune torero s’applique mais ne trouve pas le bon sitio et n’allonge pas la charge. L’ensemble, et en particulier le final trémendiste, porte plus sur le public que sur le toro. Silence après un pinchazo et une quasi entière.  

Ainsi se termine une Férie sans grand sommet, dont on retiendra la « sauvagerie brute » des Miguel Reta ,la qualité des novillos de la matinale et un très bon tercio de varas lors la dernière corrida. Heureusement l’accueil des catalans est des plus conviviales et cette arène a une identité telle qu’on ne peut qu’avoir envie d’y revenir l’an prochain.

A noter la très bonne organisation de la gestion du Pass sanitaire. Par contre, comme à Vic, le port du masque a été de moins en moins rigoureux entre la première et la dernière corrida.


Fiche Technique : Céret, Dimanche 18 Juillet tarde, dernière corrida de la Féria 2021 
Six toros de Raso de Portillo, superbement armés, inégaux de trapio, manquant de fond pour
Fernando Robleño : salut, silence
Gomez del Pilar : un avis et silence, silence
Maxime Solera : un avis et silence, un avis et silence
Grande ovation à Jean Loup Aillet qui a piqué le troisième
Salut des banderilleros aux premier et sixième
Dix huit piques, puya Bonijol
Cavalerie Bonijol
Prix au meilleur picador à Jean Loup Aillet (cuadrilla de Maxime Solera) qui a piqué le troisième toro
Président : Bernard Sicet
Lleno apparent de COVID
Soleil, chaleur et encore des bourrasques de vent

Thierry Reboul