Arles (30/03/2013) : Fuerza Padilla !!!

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Photo : ElTico
Photo : ElTico
Cette deuxième journée de Feria a donc débuté comme la première, à 17 heures pour cause d'annulation de la novillada matinale. Et si la course a bien pu se dérouler jusqu'à son terme, les imperméables étaient de sortie ainsi que les cache-cols au bout des deux heures trente de spectacle. Loin d'une ambiance de Feria comme on peut l’espérer... 
 
Le retour des Torrestrella en Arles était l'une des attractions du jour. L'ensemble s'avéra très hétérogène, tant en présentation que dans le comportement. Le compliqué deuxième et l'arrêté sixième détonnèrent en effet dans un lot plutôt maniable, mais sans grand éclat.
 
Juan José Padilla débuta sa faena face à son premier adversaire les deux genoux en terre. Mais très rapidement, celui-ci commença à boiter et finit par perdre son sabot avant gauche. Le Jerezano fut contraint d'abréger, visiblement déçu. Aussi, il ne fut pas surprenant de le voir revenir particulièrement décidé face au quatrième, dont la charge claire dans sa cape avait aiguisé son appétit.  Après l'avoir banderillé dans les règles, il l'attira à distance dans les plis de sa muleta et le toro ne lui refusa plus rien. Alors Padilla se livra, comme à ses plus beaux jours mais un œil en moins... Peut-être du plaisir en plus. Et ce plaisir là doit avoir une saveur particulière pour lui, qui revient de si loin. Alors qu'importe s'il en fait des tonnes dès que l'occasion lui en est donnée. Aujourd'hui, il a communiqué ce plaisir aux gradins. Par les temps qui courent, ce n'est pas si fréquent... Comme une éclaircie dans un ciel bien gris. Les deux oreilles de son Torrestrella en mains, Padilla pouvait jubiler. C'est si beau une telle joie de Vivre.
 
Changement de style avec Iván Fandiño. Plutôt austère, le vizcaíno est la victime idéale pour son chef de lidia du jour. Car sa deuxième prestation face à un noble mastodonte de 595 kilogrammes fut un modèle d'engagement et d'aguante. Elle ne trouva malheureusement que peu d'écho sur les étagères. Juste de quoi couper une petite oreille. Pourtant,  Fandiño avait tout fait pour s'attirer les faveurs des aficionados. Cité de loin, le toro avait livré ses charges vibrantes dans sa muleta puissante en début de faena. Et une fois les distances raccourcies, il s'était lancé dans un  impressionnant  numéro de funambule au fil des cornes. Comme Padilla. La sobriété en plus... Auparavant, il s'était imposé  face au plus compliqué du jour, qui se retournait vite et présentait un danger de tous les instants, perdant tout espoir de trophée aux aciers alors que la pluie redoublait.
 
Daniel Luque a livré une faena toute d'intelligence, à défaut d'engagement, face à son noble mais faible premier qu'il ne fallait pas trop obliger. Élégant au capote, l'Andalou sut trouver le rythme de son opposant à la muleta, l'embarquant dans des séries en rond fort agréables, en particulier sur le piton droit. Une oreille venait récompenser une belle prestation. Le toro qui clôturait la course s'arrêta malheureusement très rapidement au troisième tiers, ne laissant guère d'option à Luque alors qu'une partie du public frigorifiée quittait les arènes.
 
Laurent Deloye ElTico
 
Plaza d'Arles – Deuxième de Feria de Pâques.
¾ d'arène par un temps humide et froid (averses lors des 2ème et 3ème toros)
6 toros de Torrestrella hétérogènes de présentation et de jeu. Le premier se blessera en tout début de faena. (560 ; 550 ; 545 ; 540 ; 595 et 550 kgs)
13 rencontres avec la cavalerie Alain Bonijol.
 
Juan José Padilla, salut et deux oreilles après avis
Iván Fandiño, silence et une oreille après avis
Daniel Luque, oreille et silence