Arles (20/04/2014) : l'unique oreille pour Mehdi Savalli, Prix Louis Pagés du meilleur lidiador...

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Photo : ElTico
Photo : ElTico
 L'ambiance des Miuradas a toujours quelque chose de spécial, quelque chose de lourd. Les visages sont graves, fermés. Surtout en Arles... Les prévisions météorologiques pessimistes n'arrangeaient rien aujourd'hui.

On les dit pourtant différents de "ceux d'avant", "Domecquisés"...  Il n'empêche, les affronter est toujours un défi. Et les spectateurs qui s'étaient déplacés pour remplir aux deux tiers le conclave arlésien, ont assisté à un spectacle à l'ancienne, où l'on pare les coups et on tente d'en rendre... et de rester entier. La Miurada de ce dimanche de Pâques 2014 a commencé par une histoire : celle d'un Miura qui a semé la panique durant trente longues minutes dans les corrales au moment de son embarquement, pulvérisant la porte du char qui devait le mener à la plaza ; détruisant la camionnette d'un employé stationnée dans l'enceinte et contraignant le mayoral et le personnel des arènes à des manoeuvres périlleuses pour le contenir et éviter qu'il ne parvienne à s'échapper vers l'autoroute toute proche. Finalement, le n°58 ne regagnera jamais le toril de la plaza, genou droit abîmé, substitué par un exemplaire de La Dehesilla.
Cinq Miuras donc au menu pour les trois gladiateurs appelés à les combattre, longs comme des jours sans pain, donnant du jeu avec parcimonie mais la majorité irrascibles et s'en laissant peu compter. Le moins pire est sorti en cinquième position pour Javier Castaño. Le plus mauvais en premier pour Rafaelillo.
 
Rafaelillo a en effet du composer avec un premier Miura de fort mauvaise humeur, qui après avoir pris trois piques à l'engagement minimal, s'orienta dès les premiers muletazos. Mort compliquée pour le Murciano qui vit sa première épée riper en sous-cutanée et termina d'une demi lame suivie de deux descabellos. Il montra sa décision en saluant le quatrième d'une larga de rodillas. Mais le toro accusa rapidement des signes de faiblesse et bien qu'économisé sous le fer, la faena servie à cet exemplaire noblon mais chargeant sans conviction ne dégagea aucune émotion. 
 
Javier Castaño n'a pas eu l'occasion de beaucoup s'exprimer avec son premier, le fameux remplaçant portant le fer de La Dehesilla, qui se brisa l'antérieur droit à la fin du second tiers. Juste le temps pour lui de voir briller sa cuadrilla et saluer ses deux banderilleros vedettes. Le cinquième sortit donc plutôt maniable, bien qu'ayant infligé une impressionnante voltereta à David Adalid sur sa première pose de banderilles, fort heureusement sans conséquence. La faena, bien construite par le spécialiste actuel de la marque,  manqua globalement de relief, le toro passant sans conviction à mi-hauteur dans un premier temps sur le piton gauche, puis sur le droit avec une noblesse toute relative mais sans grande transmission. Une mort en trois temps priva le leonense d'une oreille acquise avec toute sa science de cet élevage.
 
Mehdi Savalli jouait gros aujourd'hui pour son retour dans les arènes de sa ville. Et si l'on a bien vu qu'il manquait un peu de fond pour ce genre de combat, l'Arlésien ne s'en sort pas si mal et garde instacts son capital sympathie avec le public et son enthousiasme. Il accueillit son premier d'une larga de rodillas et l'amena par trois fois au cheval. La faena de muleta fut majoritairement gauchère, avec quelques enchaînements valeureux, le Miura se révélant beaucoup plus compliqué sur le piton droit. Un pinchazo et une entière dans l'épaule pesèrent lourd dans le choix de la Présidence de ne pas accorder une première oreille bruyamment réclamée, les mouchoirs blancs se faisant eux beaucoup plus discrets. Avec le lourd sixième, sous la pluie, la faena partit sur de bonnes bases mais baissa ensuite d'intensité, au fur et à mesure que le toro baissa de ton. L'estocade basse eut un effet quasi instantané et la pétition fut cette fois suivie par le palco qui accorda l'oreille au torero local, récompensé du Prix Louis Pagès au meilleur lidiador de la tarde. 
 
 
Arles - Dimanche 20 avril 2014
Cinquième spectacle de la Feria de Pâques 2014
Deux tiers d'arène - Temps couvert puis pluvieux à partir de la deuxième moitié de la course.
Cinq Toro de Miura et un de La Dehesilla sorti en deuxième position mais resté inédit pour cause de blessure. Les Miuras, présentés dans le type, n'ont offert que peu de jeu, les plus maniables étant sortis en 5ème et 6ème position. 
Poids affichés : 645 ; 580 ; 565 ; 590 ; 550 et 640 kgs. 
17 rencontres avec les groupes équestres armés par la cavalerie Alain Bonijol.
Durée de la course : 2 heures 20
 
Rafaelillo : sifflets et silence
Javier Castaño : silence et saluts
Mehdi Savalli : saluts et oreille
 
 
Nota : 
- UNe minute de silence a été observée au paseo en mémoire de Jean Louis Fourquet, ancien Président et fondateur de l'ADAC de Céret, décédé l'hiver dernier.
- David Adalid et Fernando Sanchez ont salué à l'issue de leur tercio de banderilles au deuxième de l'envoi.
 
Laurent Deloye ElTico