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Arles (31/03/2013 – tarde) : Émotionnante corrida de Cebada Gago

Photo : ElTico
Photo : ElTico
En ce dimanche après-midi froid bien qu'ensoleillé, il ne fallait pas être venu aux Arènes d'Arles pour voir un concours de belles manières... La corrida de Cebada Gago a livré un spectacle entretenu, presque trois heures durant, qui tenait plus du combat de rue que de duels entre gentilshommes... 
Au final, les  toreros sont repartis à pieds, mais intacts. David Mora se lèvera certainement demain avec quelques courbatures, mais il a réellement évité le pire. Le madrilène sera même déclaré meilleur torero de la tarde, remportant le Prix Pagès mis en jeu à cette occasion. 
Autre satisfaction avec les tiers de pique dont Gabin Rehabi et Jacques Monnier furent les protagonistes. Le premier tiers est partie intégrante de la corrida de toros. Et mis en scène et interprété comme il le fut par nos deux représentants nationaux, il peut procurer également de fort belles émotions. Javier Castaño  l'an passé a compris l'intérêt qu'il y avait à ce que tous les acteurs du spectacle le tirent vers le haut. Un nouvel exemple a été donné aujourd'hui par les Castoreños   œuvrant aux ordres de Marco Leal.
 
Les vedettes du jour furent donc les toros de Cebada Gago, dont le troisième exemplaire, « Largarto », sera primé d'une vuelta al ruedo posthume. Mis à part le premier, noblote mais qui se déplaçait sans classe, tous ont présenté leur lot de complications allant du gazapon quatrième, une caractéristique partagée par la plupart de ses camarades d'encierro, aux dangereux sixième et surtout deuxième, qui faillit bien envoyer David Mora directement à l'infirmerie. L'ensemble fit planer un danger de tous les instants dans le ruedo, mettant à l'épreuve Maestros et peones, logés à la même enseigne face à de tels fauves.
 
Luis Bolivar toucha certainement le lot le plus propice au toreo moderne et s'en accommoda de fort belle manière, coupant une oreille de son premier et perdant certainement une sortie a hombros en pinchant son second. A noter, deux estocades (2ème essai pour le 4ème exemplaire) d'effet quasi immédiat, pour coucher les deux bichos.
 
David Mora insista face au dangereux exemplaire sorti en deuxième position, qui l'avait averti à plusieurs reprises et qui, sur un retour l'attrapa violemment et lui posa le piton sur l'abdomen une fois le Madrilène repris au sol. Fort heureusement, celui-ci n'en était quitte que pour une bonne frayeur et quelques hématomes. La belle charge sur le piton droit du cinquième devait lui permettre de belles séries liées, avant de rentrer à nouveau dans le dur côté gauche, impossible. Une belle entière d'effet rapide plus tard, un trophée venait récompenser son engagement.
 
Aux côtés de compagnons de cartel expérimentés dans ce créneau, Marco Leal n'avait que son courage et son envie à opposer. Et il le fit crânement, banderillant avec brio et faisant son maximum à la muleta face à deux opposants compliqués, qui pesaient beaucoup sur l'homme et constituaient un obstacle difficile à franchir pour lui à ce moment de sa carrière. A noter le superbe premier tiers orchestré face au troisième exemplaire : 4 piques lointaines, la dernière dans la longueur de la piste déclenchant la musique.
 
Plaza d'Arles – Quatrième de Feria de Pâques.
2/3 d'arène par un temps ensoleillé mais froid. 2 heures 50 de course
6 toros de Cebada Gago très bien présentés, compliqués dans l'ensemble à l'exception du premier noblote mais sans transmission. (520 ; 540 ; 545 ; 550 ; 525 et 560 kgs)
16 rencontres avec la cavalerie Alain Bonijol.
 
Luis Bolivar, oreille et silence après avis
David Mora, salut et  oreille 
Marco Leal, Salut et silence après avis
 
Laurent Deloye ElTico