Festival de Mont-de-Marsan : l'ancien et le nouveau

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Photo : Roland Costedoat
Photo : Roland Costedoat
Peu de monde sur les étagères du Plumaçon ce samedi pour ce festival franco-français. Sans doute le temps frisquet n'incitait pas à la sortie; les organisateurs ne cachaient pas leur déception sur ce point en tout cas. Sur le plan artistique, il y eut de bons moments sans ce coup de génie qu'attendaient les participants, la plupart venus pour tenter de relancer leurs carrières.  
On débuta avec le meilleur, c'est à dire le toreo de Patrick Varin qui n'a rien perdu, à la muleta surtout, de sa classe et de son élégance. L'envoi de Meynadier, bien roulé, s'y prêtait et le début de faena fut d'un très bon niveau. Puis le toro partit dans les planches où, toujours enthousiaste, Patrick l'entreprit dans son terrain. Hélas! L'épée qui fut toujours son pêché mignon, ôta toute récompense au Lyonnais mais comme le dit Patrick: « comment tuer un animal avec lequel on s'est si bien accordé ? »      
 
Une toute autre chanson avec l'exemplaire envoyé par Hubert Yonnet plus âpre mais qui tout de même se laissa faire. Julien Lescarret batailla au centre de la piste et sut en extraire tout le suc. On était heureux de le retrouver avec autant de détermination. Une entière foudroyante lui valut la première oreille de la tarde.      
 
Mehdi Savalli ne put trouver la solution aux problèmes posés par l'exemplaire de Pascal Maillhan qui se défendait sur place. Il banderilla en escarpin, mais la faena tourna court et il tua d'un tiers de lame après un pinchazo.      
 
Le toro de Gallon avait beaucoup de qualité: de la noblesse, de la douceur et de la mobilité; un poil de faiblesse aussi que sut redresser Jérémy Banti. Toro et toreros terminèrent une faena à màs. Jérémy se montra sur son meilleur jour embarquant cet adversaire de luxe dans de bonnes séries allurées et centrées, sur les deux côtés. Jérémy qui tua médiocrement coupa un trophée et le toro fut ovationné à l'arrastre.      
 
Peu d'option pour Mathieu Guillon avec un toro de Tardieu corpulent qui fit de l'effet sous le cheval mais se réserva par la suite pour des attaques violentes et souvent douteuses. El Monteño s'en méfia et s'en défit en deux temps, la seconde estocade excellente.      
 
Louis Husson enfin, le benjamin de l'après-midi, se coltina un sacré Malabat aux cornes larges et acérées qui mit une rude pression. Le jeune homme ne se dégonfla pas, avec calme il sut imposer sa loi et montra qu'il avait certes du courage et un bon bagage technique mais surtout une classe naturelle et un bon goût qu'il semblait avoir emprunté au passage de Patrick Varin. Ainsi se rejoignirent l'Ancien et le Nouveau.  
 
Pierre Vidal      
 
Mont-de-Marsan, samedi festival taurin organisé par la peña Julien Lescarret.
 
Moins d'un quart d'arène.  
 
Toros ou novillos de Pierre Marie Meynadier, Hubert Yonnet, Pascal Mailhan, les frères Gallon, Tardieu et un eral de Malabat.  
 
Patrick Varin: ovation et salut,  
 
Julien Lescarret: une oreille,  
 
Mehdi Savalli: silence,  
 
Jérémy Banti: une oreille,  
 
Mathieu Guillon:saluts,  
 
Louis Husson : une oreille