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Vic- Fezensac (08/06/2014 - matinale) : Castañuelo, Perez Mota et ses picadors

 

Photo : Isabelle Dupin
Photo : Isabelle Dupin
Une matinale à Vic ça a payé...du temps des concours, du temps d'avant. Où est passé le public qui garnissait jusqu'à la gueule les arènes vicoises ? Quand avec 10 minutes de retard (une mauvaise habitude qui s'installe?) le paseo debute, les 2/3 de gradins qui ont trouvé preneur ne savent pas à quoi s'attendre.

Côté toros, les Cebada Gago très bien présentés, voire pour certains très imposants prirent 14 piques mais seuls les 3 et 6eme donnèrent de l'émotion dans ce tiers si attendu ici.
Castañuelo sorti en dernier de révéla supérieur et fit tonner sa caste jusqu'à son dernier souffle.
Côté torero si Albero Aguilar connut une journée bien grise sous le soleil gersois, Luis Vilches coupa une oreille et Perez Mota deux après une faena intense au dernier .
Luis Vilches cape décidée au premier de charge courte, se contenta d'une faena a mi hauteur, le Cebada étant sorti de l'épreuve des deux piques sans grande solidité. Avec le quatrième charpenté mais peu puissant, il va lier d'estimables séries sans grande profondeur mais plaisant au public. Une épée de côté rapidement efficace fit tomber un pavillon pour récompenser un toreo méritoire plus que talentueux.
D'Alberto Aguilar on ne retiendra pas grand chose. Il tomba certes sur un lot qui permettait peu mais il ne se centra quasiment jamais et tout ce qu'il entreprit fut brouillon.
Perez Mota eut le bonheur de tomber sur les deux meilleurs de l'envoi.
Amante sorti en 3eme position beau castaño applaudi à sa sortie fit passer un sale moment à Gabin Rehabi lors du premier contact avec le cheval. La maîtrise de l'art équestre lui permit de s'en sortir au mieux! Plus défensif lors des deux contacts suivants le Cebada parti néanmoins de loin dans la pique de Gabin qui sortit sous une tonitruante ovation plus pour sa capacité a manier son cheval avec dextérité que pour son orthodoxie. Amante ressortira amoindri mais sa charge qui devint désordonnée aurait nécessité une muleta plus puissante et dominatrice que celle de Perez Mota dans une faena qui se termina aux planches face au toril. Petite pétition après entière basse fulminante.
Le sommet de la matinée (de la feria?) fut atteint avec Castañuelo joli bébé de 5 ans et deux mois. Des sa première charge longue franche et encastée, on comprit à qui l'on avait à faire. Perez Mota aussi, qui l'accueillit de manière très vibrante en six véroniques et trois demies.
Il est dommage qu'on le laissa échapper pour la première pique de Francisco Vallejo car sa capacité à s'élancer de loin pour deux contacts supplémentaires donna de l'émotion et permit au piquero de sortir sous une grande ovation.
Perez Mota s'arrima tout au long de la faena pour contenir la fougue de ce superbe toro qui de droite et de gauche chargea inlassablement dans la muleta. Avec ses moyens le torero ne s'en laissa pas compter et fit front avec aplomb. Il s'élança recta pour une entière un peu tombée qui eut raison du Cebada. Ce dernier eut l'honneur mérité d'une vuelta al ruedo, deux oreilles pour le torero et vuelta finale avec ses deux picadors .
Une vraie et grande émotion que ces 20 minutes de vie publique de Castañuelo, de celle qui vous conforte dans le choix d'être sur des gradins et non avec les braillards qui au dehors s'époumonèrent pour affirmer que la corrida est une torture.
 
Philippe Latour