• 1

Saint-Sever (8/05/2013) : courage et entrega de Thomas Dufau

Photo : Roland Costedoat
Photo : Roland Costedoat
Il s'agissait de la dernière sortie des Coquillas de Sanchez Fabrés et il y avait une certaine émotion dans l'enceinte du Cap de Gascogne. Bien présenté, haut et charpenté, mais diversement armé, le lot n'aura pas bouleversé les foules.

Au cheval il eut un comportement médiocre. Le second néanmoins partit de loin à trois reprises donnant une certaine allure au tercio. Par la suite il y eut de tout, trois sans race ni classe, trois autres -second, quatrième et sixième-, plus intéressants parce que plus mobiles sans pour autant humilier et sortant le plus souvent par le haut, avec du danger. Ils furent applaudis à l'arrastre.

José Calvo que l'on avait présenté comme une pépite oubliée n'était pas dans un contexte qui lui convenait. Il a de bonnes manières, des détails de classe comme de beaux changements de main ou de profonds trincherazos et sans aucun doute un sens de la lidia qu'il prouva toute l'après-midi. Il en fallait plus pour réussir cette après-midi: de l'entrega, de l'envie. Il obtint un succès d'estime à son second passage.

Luis Bolivar est désormais un professionnel aguerri capable d'affronter les situations compliquées comme celles-ci. Il mit bien en suerte son premier exemplaire et le début de faena, le toro aidant, eut de la vibration. Du rythme dans une muleta conduite essentiellement de la main droite. Les choses se gâtèrent quand il prit la gauche, le toro permettant peu de ce côté. On lui reprocha par la suite de peu se centrer, critique qui est souvent faite aux toreros latinos dont le concept est bien différend du notre. A l'épée son engagement fut réduit.

Thomas Dufau, très attendu, était très concentré et tous ont pu voir la motivation et le courage du jeune homme. Il donna de la distance à son premier lui octroyant une importance que cet adversaire n'avait pas. Les séries étaient forcément courtes en raison du manque de race du Coquilla. Il fut nettement au dessus de cette pâlichonne opposition et sa détermination emporta l'adhésion. 2/3 de lame en place et une oreille fêtée.

Thomas donna toute sa mesure face au coriace et solide sixième qu'il entreprit avec fermeté et sang froid malgré ses mauvaises manières. Il l'attendit impassible de loin et sut en extraire tout son suc. Comme il refusa la musique la faena se déroula dans le silence et atteint une vraie intensité. Sans doute les molinetes de fin ne s'imposaient pas - mais peut-on reprocher cet excès de générosité ? - et il se fit sèchement prendre par le Coquilla qu'il avait brindé au ganadero. Il eut trois côtes fêlées dans l'incident mais revint pour porter une splendide estocade qui à elle seule valait bien deux oreilles.

Ainsi Thomas a marqué son territoire. Le public qui lui fit un triomphe aura vu que le landais à les moyens de ses ambitions. Ce garçon solide et bien dans sa tête correspond aux goûts du jour qui vont dans le sens des affrontements virils. Les résultats sont là (3 oreilles), il sera difficile de les contester.

Pierre Vidal

 

Saint-Sever, mercredi, 2/3 d'arène.

Six toros de Sanchez Fabrés

José Calvo en bleu pâle et or: silence et tour de piste

Luis Bolivar en rouge et noir: salut et silence

Thomas Dufau en bleu ciel et or: une oreille et deux oreilles et sortie en triomphe.

Prix au meilleur picador à Luis Miguel Leiro pour sa prestation au second toro.

Salut du banderillero Raul Adrador au second toro.

Paseo retardé en raison de la pluie.

 

Voir le reportage photographique : Roland Costedoat