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Saint-Sever (28/06/2015) : Andres Roca Rey coupe la seule oreille...

@Thierry Reboul
@Thierry Reboul
Tout était réuni ce dimanche pour que la novillada des Fêtes de Saint Sever soit une réussite : soleil, ganaderia de garantie et novilleros punteros. Hélas la fadeur et le manque de caste des novillos d’Alcurrucen n’a pas permis aux novilleros de se livrer la competencia attendue.

Correctement présentés, les trois derniers étaient les mieux armés et les premiers les plus commodes. A l’exception de l’excellent premier, les pupilles de la famille Lozano ont fait plus preuve de genio que de bravoure ou de noblesse. Ils sont allés au cheval avec violence, cognant dans le peto, poussant sous la première rencontre et sortant seuls de la seconde. A noter l’absence de vraies mises en suerte face au cheval, carence qui pose soucis car elle concerne, ce jour, des novilleros expérimentés et pour certains, proches de l’alternative. A la muleta, les novillos ont rapidement baissé de ton, certains devenant même compliqués. La plupart n’ont pas humilié. Certains donnant un coup de tête quasi systématique en sortie de passe, ont mis en difficulté les matadors au moment de tuer.

Filiberto a hérité du meilleur toro du jour. Noble et encasté, il répétait dans la muleta. Le novillero est resté en dessous des possibilités offertes. L’excellente charge, surtout à droite, du novillo est sous-exploitée dans des séries trop courtes et manquant de dominio. Le jeune torero tue mal (trois entrées à matar pour autant d’entières peu efficace). Silence pour le torero, applaudissements pour l’arrastre. Le quatrième est noble à droite, plus réservé à gauche. Après une bonne série de doblones et deux bonnes séries à droite, la faena va à menos. Le toro fait preuve d’un genio que Filiberto n’arrive pas à corriger. Mise à mort en trois temps avec un accrochage qui n’empêche pas le novillero de saluer au tiers.

Clemente jouait quasiment à domicile. Son premier opposant, vite tardo et avec une charge courte ne permettait pas grand-chose. Le cinquième a manqué lui aussi de charge. Le torero landais a choisi de réduire les terrains et d’opter pour une tauromachie trémendiste qui a porté sur les gradins, faisant oublier au public la fadeur du novillo. L’émotion est aussi venu d’un accrochage spectaculaire et sans gravité en pinchant la première entrée à matar. Mini pétition d’oreille et salut pour le régional de l’étape.

Andres Roca Rey était très attendu après ses succès sévillans, madrilènes et plus récemment capsylvains. Son premier novillo arrive à la muleta avec une charge brusque. Le
péruvien se sert de la muleta plus en outil de défense qu’en instrument de domination. Il subit et gère le comportement de l’Alcurrucen sans construire de vraie faena. Il donne des passes « bien faites » sans vraiment corriger les défauts du novillo. Il va payer ce manque de domination en se faisant secouer par un nième extraño du toro au moment de l’estocade. C’est bien, mais on attend autre chose du leader de l’escalafon novilleril. Une oreille généreuse est accordée à la demande du public après deux épées mal placée dont une première atravesada. Vox populi, vox dei. Le sixième va très vite baisser de ton. Il faut le solliciter fortement pour le faire s’engager dans la muleta.
Roca Rey opte, comme Clémente, pour la réduction des terrains et les effets trémendistes face à un toro qui n’a plus de charge. L’estocade, adroite, sur le côté est très spectaculaire et permet au torero de saluer après une pétition très minoritaire

Fiche technique
6 novillos d’Alcurrucen mansos et manquant de fond à l’exception de l’excellent premier pour


Filiberto : silence après deux avis, salut après un avis
Clemente : silence, salut après un avis
Andres Roca Rey : une oreille, salut

 

Durée de la novillada ; deux heures et demie, le temps a paru parfois long
Une demi-arène sous un soleil estival

Le matin, deux vaches, dont une excellente, de la ganaderia Dargelos ont été tientées par les élèves d’Adour Aficion pour fêter les 10 ans de l’école placée sous la férule de Richard Millian.

 

Therry Reboul


Voir le reportage photographique : Christian Sirvins