Eauze (05/07/2015 - tarde) : Triomphe de Perez Mota et Cesar Jimenez...

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@Roland Costedoat
@Roland Costedoat
Il y a comme souvent un écart entre les récompenses accordées et la réalité de la corrida. Le public s’est retiré content des arènes d’Eauze, certains aficionados étaient moins enthousiastes.

Rien à redire sur les armures astifinas des Banuelos qui sont sortis ce dimanche dans les arènes Nimeño II d’Eauze. Côté trapio, le lot se divise en quatre premiers toros plutôt petits et deux plus sérieux. Côté comportement, même division avec les quatre premiers « collaborateurs » et les deux derniers plus compliqués. Un seul tercio de piques, le cinquième, digne d’intérêt.

Cesar Jimenez, dont c’était le retour en France touche un premier toro noble, quasi bonbon, ne posant pas de problèmes particuliers. Il va le toréer sur le voyage, profitant de la charge sans se croiser ou peser sur le toro. C’est bien fait mais manque d’émotion. Le toro tombe après une entière plate et le public demande une oreille que la présidence accorde « réglementairement ».
Le quatrième est un toro faible et soso. Cesar Jimenez a du métier. Il sait exploiter le comportement du Banuelos pour construire une faena élégante, relâchée. Si la première était bien faite, celle-ci est « jolie » mais manque d’émotion par manque de transmission du toro. A retenir un très bon pecho et une série de naturelles templées. Le public obtient, après une entière basse, une nouvelle oreille pour le torero.

Perez Mota est le chouchou des arènes du Gers depuis ses prestations vicoises de 2014 et 2015. Son premier toro est manso et fuyard aux deux premiers tercios. A la muleta, il a une charge violente. Le torero réalise une faena élégante avec de jolis détails sans se croiser, ni s’engager vraiment. A gauche le toro prend le dessus sur le torero. Perez Mota tue vite et bien et nouvelle oreille demandée et obtenue par le public.
Les choses vont être plus sérieuses face au cinquième. Le toro, plus costaud, que les précédents vient trois fois au cheval poussant la première pique et renversant la cavalerie à la seconde. A la muleta, manso con casta, il a une corne droite très dangereuse dont il cherche à atteindre le torero à chaque sortie de passe. Avec un certain courage, Perez Mota va se croiser, comme l’exige ce type de toro. Les séries ne sont pas assez dominatrices pour corriger les défauts du toro, mais elles sont plus sincères que celles réalisées face au second Banuelos. Reste à résoudre le problème de la corne droite « criminelle » qu’il faut franchir au moment de tuer. Le torero opte pour une approche périphérique. Il manque de se faire accrocher mais l’entière en place est très rapide d'effet. Le public demande et obtient la première oreille, force la main au président pour obtenir une vuelta, non justifiée, du toro. Comme ils restent des mouchoirs agités, le palco refuse la vuelta au Banuelos et accorde un second trophée, superfétatoire, au torero. « Sic transit gloria mundi » comme dirait le vieux pirate des albums d’Astérix.

Je n’ai rien contre Juan Leal. J’apprécie l’homme et son engagement pour la promotion des jeunes toreros. Je suis par contre réfractaire à sa tauromachie basée sur la réduction des terrains et un toréo dans un mouchoir de poche. Face au troisième toro, noble, Juan a pu la mettre en place et la majorité du public a apprécié. Après une très bonne estocade, le public obtient pour le torero une oreille, le président résiste à la demande d’un second trophée.
Face au sixième ce sera plus compliqué. Comme le cinquième, le Banuelos est un manso con casta avec une corne droite compliquée. La faena réalisée n’est pas forcément adaptée à ce type de comportement. Le trasteo est plus accroché et le torero se met en danger. La mise à mort sera difficile (corne droite oblige) et le torero arlésien doit se contenter de saluer.


Fiche technique :
Arènes d’Eauze : Corrida des fêtes 2015
6 toros de Banuelos pour pour
Cesar Jimenez (une oreille, une oreille)
Manuel Jesus Perez Mota (une oreille, deux oreilles)
Juan Leal (une oreille, salut)
4/10 ème d’arènes
Vuelta et sortie a hombros des triomphateurs accompagnés , on se demande pourquoi, par le ganadero et suivi à pied par le mayoral
Temps agréable


Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Roland Costedoat