Villeneuve-de-Marsan (04/08/2015) : Thomas Dufau prophète en son pays...

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@Philippe Latour
@Philippe Latour
Le cercle taurin de Villeneuve de Marsan se démène chaque année pour proposer dans les belles arènes locales, la corrida annuelle de la ville. Il est toujours réconfortant de voir que le public répond toujours présent.

Le temps incertain avait finalement basculé du bon côté et la pluie ne s'est pas invitée en dernière minute. Au côté de l'incontournable Thomas Dufau, défilent un chevronné chef de lidia Cesar Jimenez cette année, et un jeune torero, en l'occurrence le miraculé de Madrid Saul Jimenez Fortes. L'esprit qui règne se veut convivial et festif et les spectateurs viennent voir les toreros triompher.
On espérait donc que les toros du Camino de Santiago (branche la plus douce des deux fers de Jean-Louis Darre) participent à la fête. De présentation et moral discrets, ils ne furent pas les comparses idéaux.
Thomas Dufau sur ses terres fait toujours le maximum, il en fut récompensé.

Cesar Jimenez
Reçut le 1er aimable de gabarit par d'estimables véroniques avant de se mettre en difficulté sur la demie. Le toro part seul sur deux contacts au cheval. Après une prudente mise en bouche initiale à mi-hauteur, Jimenez s'accordera un peu plus avec le Camino en seconde partie d'une faenita prudente. Silence après entière trasera.
Le 4ème ne fut pas fixé au capote et prit un seul picotazo. Jose Daniel Ruano et Javier Peinado furent invités à saluer après de bonnes banderilles. Là aussi, le madrilène mit du temps avant de trouver le rythme du toro, et finit par servir quelques séries liées sans se départir de son élégance naturelle mais aussi d'une certaine prudence au niveau du placement corporel. Une entière en arrière libéra une oreille demandée par le public.

Thomas Dufau
Son premier adversaire de petite stature et à la corne gauche très abîmée fut reçu par une larga et une série au capote vibrante. Après une pique pour la forme et un brindis à l'éleveur, le landais se fit un frayeur dès la 2ème passe donnée à genoux. L'animal, faible, se défend sur chaque passe en donnant un coup de tête. Il en devint dangereux surtout à gauche (corne qui avait au final éclaté après contact avec le sol) et accrocha le torero qui s'en sortira avec le costume (jambe gauche) en lambeaux. Après quelques séries supplémentaires, des echecs à l'épée répétés refroidissent l'atmosphère - silence-
Reçu par véroniques à genoux, le 5ème Camino qui fut économisé sous le fer de la lance, tint la distance et permis au montois de faire monter l'ambiance. Démarrage très serré par cambiadas suivi de séries de derechazos en rythme, la faena était lancée. Elle emporta l'adhésion populaire jusqu'au final encimiste et circulaire. Manoletinas, entière rapide d'effet. Deux oreilles et public ravi.

Saul Jimenez Fortes
Le 3 sortit du toril comme un bolide. Bonne série de véroniques et deux demies du malageño. Après une petite pique, Fortes se décide à prendre les banderilles. De toute évidence, il ne maîtrise pas l'exercice, après une tumade, un loupé, il finit par planter une paire au 3ème voyage. Brindée à tous, la faena ne décollera pas. L'andalou nous fit peur sur les 1ères séries, le Camino ayant trop souvent le choix entre l'étoffe et le corps du torero. Rapidement, le toro va se figer et Fortes dans un corps à cornes tirera des passes au fil de l'eau. Très laide épée, puis un descabello après avis. -silence-
Le desquite n'aura pas lieu avec le trop lourd dernier. Le toro ne se montrera guère solide dans le capote et encore moins dans le peto du groupe équestre. Faena interminable d'un intérêt tout relatif si ce n'est 2 derechazos et une naturelle tirées de bout en bout. Ce fut quand même bien peu. Entière au 4ème essai - silence -

 

Villeneuve de Marsan
5/6 ème d'arènes
Toros du Camino de Santiago
7 piques
Cavalerie Bonijol

Cesar Jimenez silence/oreille
Thomas Dufau silence/2 oreilles
Saul Jimenez Fortes silence/silence

Philippe Latour


Voir le reportage photographique : Philippe Latour