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Parentis (09/08/2015 - matinale) : Los Manos et Guillermo Valencia, le rêve passe à Parentis...

@Philippe Latour
@Philippe Latour
Les gaulois de l’ADA Parentis se pinçaient à la sortie des arènes à l’issue de la course matinale. Non ils ne rêvaient pas, la novillada dont ils ont rêvé venaient de se dérouler sous leurs yeux.


Parentis est une arène qui a servi de tremplin à des élevages qui font, aujourd’hui, le bonheur des arènes toristas françaises. Après les Raso del Portillo et les Valdellan ce sont les Santa Coloma de la ganaderia Los Manos qui ont enflammé le ruedo de la capitale du Pays de Born.
Très bien présentés, dans le type Buendia, ils ont par leur caste fait de cette novillada matinale ce qui sera très probablement une des meilleures, voire la meilleure de cette temporada. C’est ce type de courses qui fait que l’aficionado au bout du rouleau, après avoir subi des après-midi d’ennui et de toreros et faenas stéréotypés se retrouve regonflé et repart pour dix ans de fréquentation des arènes. C’est aussi ce qui justifie l’engagement et l’implication d’aficionados organisateurs comme ceux de Parentis.
Il y a probablement des choses à redire, mais aujourd’hui on s’en moque un peu. Comme le disent les toreristes, il faut savoir lâcher prise et céder à l’émotion. D’autant que celle de ce jour est de celles qui nous permettent de croire en la Fiesta Brava.

Le premier novillo est à classer dans la catégorie des toros de bandera. Très bien présenté, il prend 3 piques en mettant les reins, départ du centre pour la dernière. Aux banderilles, il est le patron en piste. Guillermo Valencia le double bien et se croise dans la première série à gauche. Le toro déborde de caste et finit par prendre le dessus sur le torero qui ne trouve pas la bonne distance. A l’issue d’une passe à droite, le toro accroche violemment le diestro qui passe près d’une sévère cornada. Il se relève et regagne les barrières complètement groggy. Après avoir récupéré, il revient pour placer une estocade entière. Dommage que la faena n’ait pas duré plus longtemps ce qui nous a empêché de voir complètement cet excellent toro. Mélange sur les gradins entre une pétition d’oreille et une demande de vuelta pour le toro. Le Los Manos est injustement oublié dans la distribution des récompenses. Il est ovationné à l’arrastre.
Le troisième se fracture la patte et est remplacé par un sobrero du même fer. Celui, un peu fuera de type, est superbement armé. Il réfléchit avant de charger cape et cheval. Très bien piqué par Curro Sanchez, c’est un vrai manso con casta. Il se tient au centre de l’arène et demande une lidia autoritaire. Le toro est sérieux et ne pardonne aucune faute. Après un début timide, Guillermo Valencia va s’arrimer et mettre tout son courage dans une faena qui culminera sur une série bien liée et un pecho. Il y a, dans ce trasteo de la vaillance, du courage, de la sincérité et donc de l’émotion face à un utrero de respect. Et réflexion faite, cela vaut bien mieux que les pensums que nous infligent certains novilleros pegapases face à des toritos sosos. Une estocade en avant , la présidence accorde deux oreilles et l’arrastre est applaudie.

Louis Husson hérite en premier lieu d’un beau novillo qui sera fortement châtié à la pique. Le bicho, extrêmement encasté, met la cuadrilla en déroute aux banderilles et finit par être le patron en piste. Le torero landais le reprend en main en début de faena en le doublant et lui imposant sa volonté dans de bonnes séries. Puis il va perdre pied, reculant à chaque passe. A l’issue, le novillo est redevenu le patron en piste. Le torero salue au tiers après deux pinchazos et une estocade en avant. L’arrastre du novillo est très applaudie.
Le quatrième prend cinq piques. La première est trop forte et le toro chargera en brave les quatre suivantes et sortira seul tel un manso dès le contact du fer des quatre suivantes. La noblesse du Los Manos au troisième tiers vient confirmer que c’est la première pique trop appuyée qui a détruit son moral. Louis ne va jamais trouver la distance et le bon positionnement muleta en main. Il ne se croise pas et n’arrive pas à imposer sa volonté au novillo. Il tue une fois de plus, avec difficulté.

Le landais est applaudi en quittant le ruedo alors que le mayoral et Guillermo Valencia sortent en triomphe par la Puerta Grande du ruedo parentissois.
Ainsi s’achève une matinée d’émotion et de pure aficion grâce à un excellent lot de Los Manos et à un Guillermo Valencia qui s’est battu avec ses moyens et son courage face à des toros de respect devant lesquels les leaders de l’escalafon novilleril n’ont pas osé se mettre.
Dommage pour eux, car contrairement aux dires de certains, les Santa Coloma sont capables d’embister, de donner de l’émotion et de permettre de triompher à qui a le courage de les affronter.

 

Fiche technique : 2ème Novillada de la Féria de San Bertomiu
4 novillos de Los Manos (un sobrero du même fer remplace le troisième, qui s’est cassé une patte en piste) bien présentés, encastés et créant de l’émotion dans le ruedo (15 piques) pour :

Guillermo Valencia : une oreille, deux oreilles
Louis Husson : salut au tiers, un avis et silence

1/2 arène par une météo toujours aussi automnale
Salut des banderilleros au troisième
Sortie par la Puerta Grande de Guillermo Valencia et du mayoral

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour