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Béziers (15/08/2015 - tarde) : Une oreille chacun...

@ElTico
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Cette troisième corrida de toros de la Feria de Béziers 2015 s'est terminée sur un score de parité d'une oreille partout. Les toros de Robert Margé ont soufflé le chaud et le froid, ou plutôt le tiède et le froid...

Car au final, seul l'exemplaire de belle transmission, sorti en quatrième position pour Manuel Escribano, se hissera à la hauteur de la réputation et des belles heures offertes par les pensionnaires des Monteilles ces dernières années, en ces mêmes arènes. Superbement présentés, les toros de l'empresa biterrois ont globalement manqué de fond, les meilleurs se révélant être le bon quatrième et le cinquième, maniable.
L'histoire retiendra la nouvelle confirmation que l'octroi de la deuxième oreille appartient bien au Président de la course, et à personne d'autre... A Béziers comme ailleurs. Toutefois, il semblerait bien que ce soit plus facile de l'obtenir quand on s'appelle Manzanares, que Juan Bautista hier ou Escribano aujourd'hui. Manuel Escribano est allé a porta gayola saluer son toro ; a banderillé brillamment dont une dernière paire al quiebro de tous les dangers contre les planches, avant de livrer une belle faena majoritairement droitière certes, mais toujours sincère et engagée avant une épée peut-être un peu tombée. Mais le 1/3 de celle de l'Alicantin ne l'était-il pas hier ?
A titre personnel, je retiendrai également l'oreille obtenue avec beaucoup d'abnégation par Cayetano Ortiz, fort justement reconduit dans les arènes qui ont forgé son aficion, après son triomphe de l'an passé. Quant à Fandiño, ne l'ayant pas vu personnellement à Mont-de-Marsan, il m'a semblé en net progrès par rapport à ses dernières prestations dans le Sud-Est, même si l'ensemble reste un peu brouillon et accroché.

Laurent Deloye ElTico

 


La Chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier toro eut du mal à se fixer dans le capote de salida d'Escribano. Le Margé prit deux piques sans réellement pousser. Après un tercio de banderilles enlevé, le torero de Gerena dédia son combat au public. Le Margé, vite arrêté et jouant de la tête, ne laissa guère de possibilités au maestro de briller. Escribano fit l' effort, essayant de corriger les défauts de son opposant, en vain. Il logea une entière suivi d' un coup de descabello. Silence
Face à son second, il réveilla le public lors d'un capoteo engagé, porta gayola, larga de rodillas, véroniques et serpentina. Il amena son toro par chicuelinas marchées sur la première rencontre avant de le conduire à nouveau pour une deuxième ration très superficielle. Il mit ensuite les tendidos debout lors d'un tercio de banderilles de haut vol terminant par son fameux quiebro, assis sur les planches. Après un début de trasteo par quatre statuaires rematé par un très beau changement de main, le bicho alla se relever collaborateur. Escribano ne laissa pas passer l'occasion Il réalisa une faena de qualité, liant de belles séries bien rythmées sur la corne droite. Il effectua un essai sur le piton gauche qui se releva infructueux, le Margé se retournant court. En fin de faena, lorsque le toro baissa de ton, Escribano finit sur la courte distance. Il termina par des manoletinas engagées avant d'estoquer d'une entière tombée d'effet rapide. Une oreille avec pétition de la seconde.

Ivan Fandiño se montra brouillon à la réception du second de l'après midi, se faisant toucher constamment le capote. Le tercio de pique fut très mal exécuté à deux reprises. Les puyazos furent donnés très en arrière, provoquant de copieux sifflets descendus des tribunes. Pour ne rien arranger, le toro effectua une vuelta de campana durant ce tercio. Au dernier tiers, le toro accusa certainement la phase de piques. Il perdit les mains à plusieurs reprises et se montra sur la défensive. Fandiño, sans options, ne put construire de faena. Silence.
Le cinquième de l'envoi, de comportement maniable malgré des charges désordonnées, fut reçu par des véroniques de bon goût. Fandiño réalisa un très beau quite par chicuelinas après que le Margé soit allé au cheval lors de deux rencontres. A la muleta, le torero d'Orduna livra une prestation en dents de scie. Il fut capable de livrer de bons passages, comme d'autres plus brouillons où il se fit accrocher le leurre. Il coupa une oreille après une entière contraire.

Le troisième de l'envoi, dévolu à Cayetano Ortiz, réfléchissait beaucoup à sa sortie en piste et resta court dans la cape du Biterrois. Il prit deux piques en mettant bien les reins mais sans vraiment pousser. Cayetano dedia son combat à Denis Loré présent en callejon. Muleta en main, il dut composer avec un toro qui n'avait guère de charge. Très appliqué, Cayetano s'évertua à tenter de construire une faena à cet animal éteint, mais sans succès. Il estoqua d'une entière suivie d'un coup de verdugo. Silence.
Le dernier de la tarde, un joli sardo fut accueilli par véroniques et chicuelinas avant d'aller rencontrer le lancier à deux reprises. Après un brindis au public, Cayetano débuta son trasteo par statuaires, main gauche posée sur les planches. Face à cet animal manquant de force et qui se retournait court, le Biterrois ne démérita pas. Dans une faena marquée par l'abnégation du torero local, il réussit à livrer une prestation méritoire terminée par une série de manoletinas. Il tua d'une entière qui libéra la dernière oreille de la journée.


Plaza de toros de Béziers (34)
6 toros de Robert Margé , inégaux de comportement et de présentation
Poids : 530,545,535,515,510,530
12 piques avec le groupe équestre
1/2 arènes
Beau temps
Durée : 2h20

Manuel Escribano ( vert et or ) : Silence / Oreille avec pétition de la seconde
Ivan Fandiño ( saumon et or ) : Silence / Oreille
Cayetano Ortiz ( ivoire et or ) : Silence / Oreille

 

Alexandre Guglielmet

 


Voir le reportage photographique : ElTico