Béziers (16/08/2015 - tarde) : A Castaño et Savalli les deux dernières oreilles de la Feria 2015...

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@ElTico
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La Feria de Béziers 2015 s'est clôturée par la traditionnelle Miurada qui, cette année, n'a offert que peu de possibilités de triomphe aux trois courageux appelés à la combattre. Au final, Javier Castaño et Mehdi Savalli se partagent les deux seules oreilles laissées sur le sable de la Plaza de Toros du Plateau de Valras, par les pensionnaires de Zahariche.

Mais l'impression générale à la sortie des arènes était bonne. Et ce en grande partie grâce aux deux prestations de Mehdi Savalli, très apprécié en terres biterroises, qui a su une nouvelle fois et sans que ce terme n'ait quoi que ce soit de péjoratif dans le texte, livrer une tauromachie populaire mais de bon goût, aux spectateurs venus profiter d'un bon moment, encore que ce terme soit un poil galvaudé s'agissant d'une Miurada (...), dans les arènes de Béziers.
Ceux qui me lisent le savent, je rechigne à intellectualiser les émotions... On ne se refait pas. Trop de vilaines choses vues lors de mon parcours professionnel, peut-être... Mais ça aussi, je me refuse à tenter de me l'expliquer. Aussi, je profite... De tout : D'un derechazo lointain mais lentissime de Jose Maria Manzanares comme du galop d'un Miura traversant la piste des arènes de Béziers dans toute leur longueur, pour se jeter bravement dans le peto d'un picador stoïque... Et du sourire de Mehdi Savalli retrouvant le public de ses arènes fétiches et lui donnant, finalement, ce qu'il est venu chercher... Et après tout, n'est ce pas ça, la tauromachie ? N'est ce pas cette communion d'un public, si différent d'une plaza à l'autre, connaisseur ou pas, avec ces gens vêtus d'or qui se jouent la vie, tous, quoi qu'on en dise. L'horrible cornada reçue par Jiménez Fortes ce soir en plaza de Vitigudino est là pour nous le rappeler (#‎fuerzaJimenezFortes). Et ce, pour notre plaisir. Alors ne le boudons pas.
Fernando Robleño a touché non pas le mauvais lot, mais le pire. Quant à Javier Castaño, il s'est rappelé au bon souvenir des aficionados en servant les plus beaux muletazos de la course au cinquième.
Une bouteille à moitié vide est toujours à moitié pleine... Et sous le vernis des termes techniques employés par les "sachants" qui noircissent les pages des médias taurins, il y a toujours quelques belles émotions à gratter. 

Laurent Deloye ElTico

 

La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Fernando Robleño salua son premier Miura par des véroniques autoritaires jusqu'au centre de la piste. L'astado prit deux piques sans vraiment pousser dont la deuxième de loin. Brindis au public. Le Miura ne montra guère de qualités, andarin, ne possédant qu'une demie charge et se retournant sur les chevilles du Madrilène. Robleño, toréant à la voix, se montra appliqué, mais ne put construire une quelconque faena devant le peu de possibilités que lui offrait son toro. Il logea une entière en place d'effet rapide. Salut
Le second de Robleño se projeta avec méchanceté dans le capote. Il rencontra trois fois la cavalerie : une première en poussant, la deuxième et troisième en jouant des pitons contre le peto. A la muleta, son Miura se montra court de charge et gardant la tête haute lors des échanges. Robleño essaya de corriger ses défauts en vain. Peu rassuré par son opposant, lors de l'entrée à matar, il estoqua d'une entière au quatrième envoi. 1 avis et Silence.

Le premier de Javier Castaño, très long et haut, se jeta avec violence dans le capote. Le tercio de piques exécuté par Alberto Sandoval fut spectaculaire, recevant par trois fois la charge du brave Miura, étant mis en suerte à chaque fois de plus loin. Brindis au public. Le Miura, gazapon et à tête chercheuse, ne laissa planer aucun doute sur la suite du combat. Plus la faena s'écoulait, plus l'astado cherchait l'homme. Castaño, volontaire, fit quelques essais sur les deux pitons mais ne put rien en tirer, si ce n'est quelques frayeurs. Il tua d'un coup de verdugo après pinchazo et entière. Silence
Le cinquième de la tarde fut reçu par véroniques avant de prendre deux piques en mettant les reins mais sans pousser. Le toro perdit les mains à plusieurs reprises et chargeait au ralenti sans classe. Malgré cela, Castaño s'est permis de donner les meilleurs moments de l'après-midi notamment sur deux séries templées. Même si le bicho se décomposait au fil des passes, le natif de Leon réussit à lui voler de valeureux muletazos et pechos, genou à terre, le long des planches, en toute fin de faena. Il logea une entière et put promener un pavillon.

Mehdi Savalli se mit en évidence lors de la réception du troisième par deux largas de rodillas suivie de veroniques allurées. Le Miura montra de la bravoure au tercio de varas, faisant chuter le cheval de réserve sur une première rencontre, avant de prendre de loin trois rations sous le fer de Gabin Rehabi. L'Arlésien mit ensuite les tendidos debout lors d'un tiers de banderilles exécuté avec brio. Il amena son toro par doblones jusqu'au centre du ruedo après avoir brindé son combat au public. Bénéficiant d'un toro proposant plus de jeu que ces prédécesseurs, Mehdi lui servit une faena remplie d'envie et d'alegria. Connecté avec ce public qui l'a souvent chéri, il dessina de bons muletazos notamment sur le corne droite. Une entière et un coup de descabello firent tomber la première oreille de cette miurada.
Mehdi salua l'ultime Miura par des veroniques de bon goût rematant par demie. Le toro rencontra la cavalerie pour trois puyazos sans montrer de grandes qualités. L'Arlésien mit une fois de plus les tendidos debout dans un tercio de banderilles spectaculaires, le public scandant son prénom à l'issue. Il démontra toute son envie en débutant son travail de muleta genoux à terre. Hélas Mehdi vit ses rêves de sortir en triomphe s'envoler. Malgré une grande volonté, il n'eut aucune option de briller face à ce toro qui ne se déplaçait pas et qui était plus intéressé par l'homme que par la muleta. Il tua d'une entière après pinchazo et d'un coup de descabello. Applaudissements.

Alexandre Guglielmet

 


Plaza de toros de Béziers (34)
2/3 d'arènes
Six toros de Miura , bien dans le type de la maison
17 rencontres avec le groupe équestre d' Alain Bonijol
Poids : 648,656,610,571,583,591
Temps lourd et nuageux
Durée : 2h20

Fernando Robleño (blanc et or ) : Salut/ Silence après avis
Javier Castaño (lilas et or ) : Silence / Oreille
Mehdi Savalli (fushia et or ) : Oreille / Applaudissements

Le prix de la meilleure pique décerné par le club taurin Emilio Oliva fut attribué à Alberto Sandoval de la cuadrilla de Javier Castaño.

 


Voir le reportage photographique : ElTico