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Dax (16/08/2015 - tarde) : Des Escolar en mode mineur...

@Roland Costedoat
@Roland Costedoat
Après avoir passé trois corridas de suite sur (et aussi dessous) un petit nuage, les aficionados dacquois sont redescendus sur terre. Le gris est une couleur à la mode à Dax ce dernier jour avec un ciel gris et des toros gris au comportement gris et pas très grisant.

Mauvais à Aire sur Adour, Vic et Hagetmau, les toros du beau père du Fundi sont sortis mansos, décastés et sans race. Certains ont passé presque autant de temps à reculer devant le leurre qu’à le charger.
Le comportement de ces Escolar Gil fait craindre qu’il soit trop tard pour que l’éleveur puisse redresser la barre. A vouloir adoucir ses produits, Pepe Escolar leur a enlevé toute trace de caste. Seul le premier soso a donné un peu de jeu.

En ce jour consacré aux musiciens à Dax, le tambour major est un cardeño typé Buendia. Il met bien la tête dans la cape de Rafaelillo. Il est piqué par Juan José Esquivel. Si la première rencontre est de bonne facture, la seconde trasera est à oublier d’autant que le toro n’a pas poussé. A muleta, il est noble, tardo et faible. Soso, il vient bien mais sans ce piquant qui était autrefois la marque de fabrique de sa ganaderia. Le torero avec application et sincérité l’embarque dans de bonnes séries à droite et à gauche. C’est bien, parfois élégant mais l’émotion est absente. Une bonne entière et une oreille vient récompenser un professionnel bon technicien ; vaillant et qui fait une bonne temporada.
Le quatrième est un manso sans caste. Il faudra que matador et piquero s’emploie pour le faire charger. Il recule au lieu de charger devant la muleta. Rafaelillo essaie de le faire passer sans grand succès à droite et à gauche. A la demande du public, il abrège et tue d’une bonne entière. Le public l’invite à saluer pour le récompenser de son sérieux et de son application.

Le second est quelconque au cheval. Escribano le banderille plutôt bien. A la muleta, le toro serre dès la troisième passe. Le torero pas très en confiance perd pied et se fait grignoter son terrain par l’Escolar. La faena tourne court, le matador change d’épée et tue très mal (une estocade atravesada, une mal placée et une basse).
Le cinquième est un manso transparent au premier tiers. Escribano banderille sans brio. Il se fait désarmer à la première passe de muleta. Le toro est fade, sans race. Il faut lui arracher les passes une par une. Il charge par à coups et finit par mette en difficulté le sévillan. Une mete y saca et une demie mettent fin à une faena courte mais ennuyeuse.

Le troisième est abanto et fuyard. Il prend deux bonnes piques. Le début de faena est bon même si le toro est fade. Puis comme à Vic, Alberto Aguilar s’énerve et sa tauromachie devient de plus en plus désordonnée. Le torero s’expose, est vaillant mais aussi très brouillon y compris au moment de tuer (un tiers d’épée, une demie et quatre descabellos).
Le sixième est un manso décasté sans aucune race. La faena sans intérêt, faute de matière première ; est très mal conclue (six pinchazos sans s’engager et 9/10 émes pour finir)
Le public très patient peut passer à autre chose et se préparer à communier avec les bandas pour le traditionnel Agur qui met fin à la Féria dacquoise.

 


Fiche technique : Cinquième corrida de la Feria de Dax 2015
6 toros d’Escolar Gil, le premier soso, les autres décastés et sans race pour

Rafaelillo : une oreille, salut au tiers
Manuel Escribano : silence, silence
Alberto Aguilar : silence, silence

Douze piques
Ciel nuageux au paseo, quelques gouttes de pluie
Lleno de No Hay Billetes

 

Thierry Reboul

 

Voir le reportage photographique : Roland Costedoat