Mimizan (22/08/2015) : les trois toreros sortent en triomphe...

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@Eric Depecker
@Eric Depecker
Le traditionnel rendez-vous mimizannais de fin Août est maintenant bien ancré dans le programme taurin du Sud-Ouest. Après une année "d'infidélité", les organisateurs ont fait appel à Jean-Louis Darré pour la fourniture du bétail. L’éleveur gersois a sélectionné pour l’occasion, un lot de toros du "Camino de Santiago" très bien présenté et surtout supérieurement armé.

Les six ont fait preuve de noblesse et offraient des possibilités au troisième tiers. Dommage qu’un manque de forces a handicapé la plupart d’entre eux au premier tiers. Ressort du lot le quatrième, noble et encasté et le plus complet.

Après ses prestations de La Brède et Tyrosse, Curro Diaz a encore connu une bonne après-midi. Son premier, le plus léger sera aussi le plus faible du lot. Il vient bien au cheval, mais il ne pousse pas. Il a une charge courte. Sur la défensive, il saute dans le leurre en fin de passe. Comme souvent, avec le torero de Linares, les séries sont parsemées de détails fins et élégants dont un derechazo et une naturelle au parfum de romarins. En fin de faena, Diaz, après avoir ménagé le toro, lui fait baisser la tête et l’embarque dans une série de derechazos superbes. Le Camino est playero, mais le torero s’engage avec sincérité pour une très belle épée entière qui tue très rapidement. Il reçoit une première oreille très méritée.
Magnifiquement accueilli à la cape, le quatrième prend avec bravoure une très bonne pique. Il pousse en mettant les reins et reste longuement collé au cheval. Sur la sonnerie et sans être mis en suerte, il en prend une seconde plus légère. Le début de faena est tout en finesse. A droite, encasté, le toro vient de loin avec noblesse. A gauche, le torero l’améliore en une seule série. Curro Diaz torée très relâché avec beaucoup de temple. Il enchaîne de bonnes séries où culminent de superbes molinetes et une trinchera de grande classe. La mise à mort ne sera pas à la hauteur de la faena. Après un pinchazo, l’estocade entière est basse et provoque une hémorragie. Le torero doit se contenter d’une seule oreille.

Le second toro, dès sa sortie en piste, a une corne droite chercheuse. Il prend deux piques légères et permet à Juan Bautista de réaliser un très bon quite par chicuelinas. A la muleta, le Camino est tardo. Noble, il est faible et manque de transmission. C’est au torero, seul, de porter la faena et de lui donner un minimum d’éclat. Juan Bautista y parvient en alliant technique et sincérité. Le toro s’éteint et le torero doit s’employer encore plus pour maintenir l’intérêt de cette fin de faena. Il s’engage pour une bonne entière, rapide d’effet et coupe deux oreilles.
Le cinquième met bien la tête dans la cape. Au cheval, faible, il sort éprouvé de la seule rencontre. Il sera bien banderillé en particulier par Raphael Viotti. A la muleta, le toro est noble. Quasi soso, il est tardo et sa charge manque d’alegria. Avec technique, Juan Bautista tire le Darré pour de bonnes séries. Il apporte la touche émotion que ne communique pas le bicho, en réduisant les terrains. Il perd malheureusement tout espoir de trophée avec l’épée.

Tomas Campos jouait gros cette après-midi. Sans engagement, il toréait ce jour pour la première fois depuis son alternative prise l’an passé. Son premier opposant, faible, est économisé à la pique. La cuadrilla salue après un bon tercio de banderilles. Sur la première série, le toro vient de loin puis sa charge se raccourcit. Le toro est noble. Le torero alterne de bonnes passes avec d’autres plus profilées. Il est difficile, avec si peu d’officio, de soutenir la comparaison avec un artiste comme Curro Diaz et un technicien comme Juan Bautista. Le public soutient le torero et obtient du palco, une double récompense après une entière rapide d’effet.
Le sixième sort avec une corne gauche escobillée. Il prend le dessus sur le torero à la cape. Il sera beaucoup et probablement trop piqué. Il est gazapon et Campos a du mal à trouver le sitio. Le toro est noble et à juste besoin d’une muleta autoritaire pour l’améliorer. Le torero va reculer sur chaque série et c’est le toro qui prendra le dessus sur Tomas Campos. La mise à mort manque de sincérité et est laborieuse.

C’est donc par un silence que se termine une corrida qui a connu des moments intéressants grâce à des toreros impliqués et des toros nobles et qui offraient des possibilités.

 

Fiche technique :

Corrida des Fêtes de Mimizan 2015
6 toros de Camino de Santiago bien présentés donnant du jeu pour

Curro Diaz : une oreille, une oreille
Juan Bautista : deux oreilles, silence
Tomas Campos : deux oreilles, silence après un avis

Douze « petites » confrontations avec la cavalerie Bonijol
Salut de la cuadrilla de Campos au troisième et de Juan Bautista au cinquième
Salut des ganaderos Darré père et fils à l’issue de la course
Sortie en triomphe des trois toreros
Météo clémente
¾ d’arènes

 

Thierry Reboul