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Dax (12/09/2015) : Terne ouverture pour "Toros Y Salsa" 2015...

A Dax, pour Toros Y Salsa, avant la corrida, il est possible d’écouter et voir répéter les orchestres qui jouent en concert le soir. Ce petit moment de dépaysement au son de la musique latino est le seul souvenir qui restera de cet après-midi dacquois. Côté toros, il n’y a pas grand- chose à écrire d’un lot de Celestino Cuadri bien présenté mais manquant complètement de caste.

Le public dacquois est un public gentil. Comme le tonnerre autour des arènes, il a juste un peu grondé sans exprimer une colère qui est restée à l’intérieur comme la pluie dans les nuages.

Le premier Celestino Cuadri est un colorado qui rentre au pas dans le ruedo. Il prend deux piques sans pousser. Dans la muleta de Fernando Robleño, il a une charge courte. Il se défend en donnant des coups de tête à gauche. A droite, il suit la muleta au pas et sans conviction. Il va très vite à menos et la faena tourne court. Sans s’engager et sans mettre de vraie épée, Robleño le tue d’un descabello après avoir pinché deux fois. Le torero et le toro sont sifflés.
La quatrième sera le seul toro à avoir un peu de charge et à offrir quelques possibilités. Il pousse un peu sous une première pique puis se défend lors de la seconde. A la muleta, il est noble. A droite, il est tardo et ne permet pas d’enchaîner sur les premières séries. Il finira par se laisser faire pour trois bons derechazos. II passe mieux à gauche et Robleño peut l’embarquer dans de bonnes séries de naturelles. Le Cuadri est soso et la faena manque d’émotion. A l’épée, le torero fétiche de Céret est à la fois prudent et maladroit. Il tue très mal et seul le toro est applaudi à l’issue du combat.

Javier Castaño n’a pas redoré son blason à Dax. Rien n’a bien fonctionné et même sa cuadrilla de luxe n’a pas réussi à redresser la barre d’un navire qui tangue depuis le début de la saison. Le premier toro ne pousse pas lors des trois rencontres au cheval. Il accroche et envoie la tête à chaque passe. La faena est sans grand intérêt. Le torero toréé et tue avec prudence.
Le cinquième est bien présenté mais il est aussi faible. Malgré la demande du public, la présidence ne le renvoie pas aux corrales et elle aura tort. Le toro s’arrête au quart de la passe et finit parado. Le public commence à râler et Castaño abrège.

Contrairement à son prédécesseur, Alberto Lamelas a une piètre cuadrilla. Mais lui a envie de bien faire et il s’accroche à son premier adversaire. Le toro est un manso, avisé qui cherche dangereusement l’homme à droite. Avec abnégation, Lamelas tire une bonne série sur cette corne. A gauche, il n’insiste pas. Avec application, il tire quelques derechazos maîtrisant une corne droite qui finit par s’adoucir. Il termine sur des séries plus trémendiste qui portent sur le public. La faena, trop longue, est conclue par un pinchazo et une entière tombée. Le sympathique et vaillant torero fait une vuelta pour récompenser son courage et une évidente envie de justifier son cachet.
A l’inverse de la statue du Commandeur, qui s’anime dans un fracas de tonnerre. Le sixième Cuadri se transforme en bloc de marbre alors que les éclairs zèbrent le ciel dacquois et que gronde l’orage tout proche. Lamelas abrège et libère le public.


Fiche Technique
6 toros de Celestino Cuadri bien présentés, mais totalement décastés. Seul le quatrième a permis une vraie faena.

Fernando Robleño : sifflets, un avis et silence
Javier Castaño : silence, silence
Alberto Lamelas : un avis et vuelta, silence

9/10èmes d’arènes
Ciel menaçant avec pluie au cinquième et menaces orageuses au sixième


Therry Reboul