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Arles (26/03/2016) : Sebastian Castella et Alberto Lopez Simon ouvrent la Grande Porte...

@Daniel Chicot
@Daniel Chicot
Cette fois-ci c'est certain, les Pâques Arlésiennes 2016 ont bien débuté pour la nouvelle direction des arènes, avec un double triomphe à l'issue de la première corrida : Sebastian Castella et Alberto Lopez Simon sortant à dos d'hommes de l'amphithéâtre après plus de trois heures de spectacle.

Trois heures et neuf toros... Beaucoup de cadeaux pour un public volontiers chahuteur, qui remplissait quasi entièrement les tendidos. Un premier toro colorado changé après qu'il eut été conspué pour une boîterie loin d'être évidente ; deux autres Garcigrande(s) blessés en cours de lidia, aux banderilles, qui n'auraient donc jamais du être changés... Et le plaisir de voir Tito Sandoval administrer six puyazos en place, avec une régularité déconcertante quelle que soit la façon dont se présentait le bicho (voir la photo...). Castella et Lopez Simon a hombros donc et Manzanares très appliqué malgré le lot le moins favorable. Un modèle de première faena pour inventer la charge d'un toro faiblard, qu'il ne fallait pas contraindre au risque de le voir s'arrêter... Et au final une pétition si timide que le Président se retient de donner une oreille qui n'aurait pas été volée. Qu'importe. Tout le monde a vu... La temporada française est bel et bien lancée.

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Sebastien Castella salua le toro d'ouverture de l'après midi par véroniques autoritaires, rematant par une demie au ralenti, pieds liés. Au tercio de piques, l'astado prit la première rencontre avec force et bravoure avant une seconde pour la forme. Le bitterois réalisa un quite soigné, fait de douces chicuelinas. Son début de faena fut très bon, débutant par une série de statuaires rematée par une trincherilla et pecho. Castella comprit instantanément les besoins de ce toro noble, mais manquant de force, et servit une faena douce et templée dont les meilleurs échanges furent sur le côté droit. Il fit également étalage d'un répertoire très varié fait de passes dans le dos, molinettes, trincheras et martinetes. Le toro se décomposant en fin de faena, Castella offrit une série sans bouger d'un millimètre les zapatillas, enchaînant par une séquence de manoletinas très serrées, pour le plus grand plaisir des tendidos. Il tua d'une entière d'effet immédiat qui fit tomber logiquement la première oreille de la feria. Oreille après avis.
Il se mit en évidence en réceptionnant le quatrième par des véroniques templées, enchaînant par chicuelinas et demie. Deux légères rations de fer pour ce Garcigrande avant de voir le diestro français exécuter un quite par taffaleras et gaoneras en deux temps suite à un désarmé. Après un brindis au public, Castella entama sa faena par cambios suivis d'une série de naturelles, copie conforme du début de faena madrilène de mai dernier. Trouvant le bon sitio devant cet animal noble et encasté, il réalisa une prestation très élégante et templée, de grande dimension. En milieu de faena, il changea de registre et fit une démonstration de pouvoir par circulaires, redondos, arrucina et muletazos, dans un périmètre très restreint, faisant lever en toute logique les gradins. Il put promener l'oreille de cet astado après l'avoir estoqué d'une entière suivi de deux coups de descabellos. Oreille après deux avis.

Manzanares réceptionna par véronique un Garcigrande qui montra des signes de faiblesse dès les premiers échanges avant de prendre deux légères rations de fer. Lopez Simon montra ensuite qu'il n'était pas venu ici pour faire de la figuration, partant au quite pour livrer des chicuelinas très serrées. Au dernier tercio la faiblesse du Garcigrande se confirma, obligeant Manzanares à le toréer à mi hauteur, sans jamais l'obliger, sous peine de le voir perdre les mains. Il essaya de tirer le meilleur de cet astado mais l'ensemble ne décolla jamais malgré quelques séries de derechazos de bon goût. Un grand coup d'épée vint conclure une prestation sérieuse et volontaire du maestro d'Alicante avec une pétition d'oreille non accordée par la présidence. Ovation avec salut.
Le cinquième fut remplacé par un toro du même fer suite à un problème de boiterie postérieure gauche. Le Garcigrande prit deux piques en poussant mais sortant seul du caparaçon. A la muleta, face à un toro mobile mais manquant cruellement de classe dans ses embestidas, il livra une faena très appliquée avec de bons moments sur le piton droit. Mais l'ensemble manqua de transmission, la faena ne décolla pas et ne lui permit pas de connecter avec le public. En milieu de faena il subit une vilaine voltereta sans conséquence lors d'une série de derechazos sur un arreon du toro. Il tua d' une demie-épée en place concluante. Ovation avec salut.

Alberto Lopez Simon reçut par véroniques pieds joints son toro avant de le conduire pour deux rencontres minimalistes. Brindis au public avant de débuter assis sur l estribo, enchaînant par une série de grande classe sur le corne droite. Sa faena, bien que peu riche en nombre de passes, fut d'une grande amplitude artistique et d'une belle intensité. Sûr de son toreo, bien campé sur les reins, il dessina de profondes tandas de grande qualité notamment sur le piton droit. Il logea une entière d'effet rapide après avoir pinché. Oreille.
Le sixième et sixième bis furent changés suite à des blessures similaires au tendon sur la patte avant gauche subit lors du tercio de banderilles. Le sixième ter, quant à lui marqué du fer de José Luis Pereda fut accueilli par veroniques sous des olés nourris du public. Comme les deux fois précédentes, Tito Sandoval fut parfait lors des deux piques qu'il administra à ce Pereda, sortant ainsi sous une chaleureuse ovation. Au dernier tercio l'animal se révéla vite sans fond mais laissa tout de même le temps au Madrilène de régaler le public par des séries de derechazos a gusto et plein de toreria, corps relaché. Le toro s'éteignant complètement au fil des séries, le maestro montra beaucoup d'abnégation pour aller arracher de précieuses naturelles dans des terrains très compliqués. Il acheva son labeur par une entière d'effet fulgurant. Oreille.

Arènes d' Arles (13)
Samedi 26 mars à 16h00
Toros de Garcigrande (1, 2, 3, 4, 5, 5bis, 6, 6bis) et José Luis Pereda (6ter)
Quasi complet
Beau temps
Durée : 3h

Sebastien Castella : Oreille après avis/ Oreille après deux avis
José Maria Manzanares : Ovation/ Ovation après avis
Alberto Lopez Simon : Oreille / Oreille

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico 

 

Voir le résumé vidéo :