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Arles (27/03/2016 - tarde) : Match nul 2 à 2 pour El Juli et Roca Rey, tous deux a hombros...

@ElTico
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La météo et les toros ont joué un sale tour à cette corrida dominicale de grande attente. Certainement le spectacle phare de ce cycle Pascal en Arles.

La météo tout d'abord qui, depuis une semaine, prévoit la pluie pour ce dimanche dans le Sud-Est alors que finalement, la corrida vespérale a pu se dérouler normalement. Avec même par moments quelques rayons de soleil. On ne saura jamais quelle aurait été l'entrée, aujourd'hui limitée aux trois quarts, si les prévisions avaient été bonnes et que la corrida ait pu se dérouler comme hier sous un grand soleil. Les toros ensuite car nul ne peut nier que le bétail marqué du fer de Daniel Ruiz a manqué cruellement de force et de race. Dommage car les nombreux spectateurs qui avaient tout de même fait le déplacement ont pu assister à un beau duel qui s'est finalement soldé par un match nul, le madrilène venant rejoindre sur le fil le péruvien en servant une faena "maison" au noble cinquième. Faena conclue d'une entière "maison", également, qui vit tomber les deux mouchoirs blancs du palco Présidentiel. On retiendra la quiétude et le culot affiché par le cadet, profitant de tous les instants de la lidia pour venir titiller son aîné et l'étrange passivité de ce dernier au moment des quites... Mais le résultat est là, tout comme le Juli...

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

El Juli reçut par de douces veroniques le premier toro de la tarde avant de le conduire au lancier pour deux rencontres entrecoupé par un quite par chicuelinas et cordobinas. Roca Rey répondit aussitôt au quite par des chicuelinas et tafalleras entremélées. Brindis au public, avant un début enlevé par des statuaires pieds joints terminant par un double pecho. Son astado, qui se révéla maniable mais sans classe et sans transmission, permit tout de même au Juli de dessiner de très bonnes séries templées des deux côtés avant que le toro ne se décompose au fil des minutes. Qu'à cela ne tienne, le Madrilène, surmotivé, réalisa une leçon de pouvoir dans un périmètre restreint. Se faisant frôler la chaquetilla et taleguilla sur chaque passage, il administra muletazos des deux mains, redondos, circulaires et luquecinas pour le plus grand bonheur des tribunes. Hélas après un trois quart de lame non concluant et trois coups de
verdugo, le Juli ne put couper la première oreille de ce mano a mano.Ovation avec salut.

Le diestro espagnol receptionna, genou à terre, le troisième exemplaire avant de lui servir veroniques, chicuelinas, demie et revolera, montrant ainsi toute son envie. Le Daniel Ruiz prit deux piques bien exécutées mais très minimalistes. Son toro, manquant de force et de transmission dans le dernier tercio, ne permit pas au maestro de pouvoir s' exprimer, malgré de bonnes séquences sur le piton droit. Le Madrilène, très propre et technique, tira le maximum de cet opposant aux qualités limités,mais sans que cela ne puisse prendre de relief. Mort en deux temps. Applaudissements.

Le cinquième prit, comme ses frères, deux petites piques, un manque de force se faisant ressentir dès les premiers instants. Au dernier tercio, le Daniel Ruiz se montra noble, permettant au Juli de s'exprimer pleinement. Après un début de faena dans une muleta soignée, il embarqua son bicho dans de profondes et longues séries templées et rythmées sur les deux rives, faisant étalage de tout son pouvoir tauromachique. Le toro baissant de ton, le Madrilène enfila son costume de dominateur pour servir sur la "très" courte distance des muletazos, circulaires, luquecinas et redondos d'une très forte intensité, faisant se lever les gradins. Il tua d' une entière "sin puntilla" qui fit logiquement tomber les deux oreilles du palco présidentiel.

Andres Roca Rey salua son toro par un capoteo soigné rematant par demie et revolera. L'astado prit deux piques, en se défendant sous le fer par des coups de tête et sortant seul du cheval. Le Péruvien réalisa un quite ultra serré et varié par cordobinas et tafalleras avant de brinder au public. Magnifique ouverture de faena par des statuaires stoïques, enchaînant par une passe dans le dos, molinette et passe de pecho faisant ainsi déclencher la musique. Roca Rey réalisa ensuite un trasteo élégant et très doux à cet animal noble, mais manquant de chispa, et qui alla a menos. Il dessina de très belles séries bien rythmées et ajustées sur les deux bords, montrant qu' il possédait également un répertoire très varié en servant molinettes, arrucina, cambios, redondos et changements de main. Il termina son labeur par manoletinas à genoux suivies de derechazos, toujours genoux dans le sable, avant de loger une entière légèrement basse et suffisante. Oreille après avis.

Face au quatrième de l' envoi, Roca Rey montra toute son envie en accueillant son toro par larga, veroniques, tafalleras et gaoneras. Le piquero administra au tercio de varas deux rations de fer où le toro garda la tête haute dans le peto. Le Péruvien traça ensuite sur le ruedo arlésien, un quite très ajusté par tafalleras et saltilleras se mettant un peu plus le public dans la poche. Face à cet animal juste de force, Roca Rey se montra très volontaire et mena son trasteo intelligement. Muleta en main, il livra une faena bien construite mais qui manqua cruellement de transmission, son adversaire étant le grand fautif. En fin de faena il donna les meilleures séquences sur la courte distance , faisant ainsi monter l' intensité de son combat. Le maestro tua d'une entière basse d'effet fulgurant et coupa une oreille grandement contestée.

Le torero réceptionna par veroniques et delanteras le dernier de l'après midi avant de le conduire pour deux rencontres sans relief. A l' ultime tercio, le toro séteignit vite et ne permit pas au péruvien de pouvoir s' exprimer malgré une belle volonté affichée. Une épée trasera suffit à faire tomber son opposant. Applaudissements.

Alexandre Guglielmet


Arènes d' Arles (13)
Dimanche 27 mars à 16h30
Six toros de Daniel Ruiz
12 rencontres avec la cavalerie d' Alain Bonijol
3/4 d' arènes
Temps mitigé
Durée : 2h20
Sobresaliente : Jeremy Banti

El Juli : Ovation / Applaudissements/ Deux oreilles
Andres Roca Rey : Oreille après avis / Oreille / Applaudissements

Voir le reportage photographique : ElTico