• 1

Palavas (30/04/2016) : Juan Baustista a hombros dans le vent et le froid...

@ElTico
@ElTico
Après les violentes averses de la matinée, les organisateurs de la "Feria de la Mer" ont du esquisser un sourire en début d'après-midi, quand quelques rayons de soleil ont commencé à sêcher le ruedo... C'était sans compter sur la violente Tramontane qui s'est invitée "a las cinco de la tarde", conditionnant défavorablement une corrida qui aurait mérité d'être vue dans d'autres circonstances.

Tout d'abord pour un lot de toros en provenance du Mas des Monteilles globalement intéressant, dont l'exemplaire portant le n°168 et sorti en troisième position, a été primé d'une vuelta al ruedo posthume.
Ensuite grâce à un "Juan Bautista" très professionnel, qui a tout fait pour satisfaire un public frigorifié par les rafales de vent et en dépit des éléments ô combien défavorables : Muletazos de grande classe malheureusement impossibles à lier ; toreo de rodillas ; passes dans le dos ; banderilles au sixième malgré une épaule endolorie du fait d'une blessure contractée mardi dernier à l'entraînement... Un Maestro arlésien invité à saluer dès le paseo terminé, acclamé aux cris de "Torero ! Torero!" après son tiers de banderilles et qui est finalement sorti a hombros des arènes Manuel Benitez "El Cordobes" de Palavas-les-Flots après trois heures de spectacle, sa temporada 2016 désormais lancée...

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier toro de Margé se cassa les deux pitons à la base du frontal après avoir tapé deux fois aux planches. Le remplaçant du même fer fut accueilli par Juan Bautista par delanteras rematé par demie. L'astado reçut une seule pique au cours de laquelle il mit bien les reins. Au dernier tercio, grandement gêné par un vent violent, le maestro eut du mal à pouvoir lier les tandas. L'Arlésien réussit tout de même à sortir à cet animal sans grandes qualités, quelques bons échanges sur les deux bords, agrémentant par molinettes et martinetes. Il termina sa prestation appliquée d'une entière d'effet lent. Silence après avis

Juan Bautista salua le second par de puissantes veroniques, enchaînant par chicuelinas, faisant ainsi retentir de puissants olés des tendidos. Deux rencontres avec le groupe équestre pour le Margé. Après un brindis au public, il débuta le long des planches, main gauche posée sur les tablas, terminant par un très long pecho plein de toreria. Ne tardant pas à trouver la bonne distance mais handicapé par le vent toujours aussi présent Juan Bautista, avec beaucoup d'abnégation, parvint à construire une faena plaisante et variée, dont les meilleures séquences furent dessinées sur la diestra, laissant courir la main lors des échanges. Il conclut son trasteo par manoletinas avant de loger un trois quart
d'effet immédiat délivrant la première oreille de la tarde.

Le troisième Margé se mit en évidence lors du tercio de varas montrant une belle bravoure sur deux piques avant que Juan Bautista ne dédie
son combat à Robert Margé. Profitant des bonnes embestidas de ce toro noble, le diestro ne laissa pas passer l'occasion. Dans un trasteo bien rythmé et intelligemment orchestré, il livra une prestation très variée faite de passe dans le dos, martinetes, pecho genoux à terre, molinette et trincherilla. Sa faena culmina lors d'une série gauchère très templée et profonde, de haute facture. Il termina son combat par sa spécialité "un recibir" qui fit vaciller son toro. Deux Oreilles après avis et vuelta posthume au toro.

Le quatrième mit de l'animation lors de sa sortie en piste, soulevant le burladero de lidia, le faisant ainsi tomber au sol. Le Margé prit ensuite deux rations de fer bien exécutées par le lancier. A la muleta, face à un toro perdant les mains à plusieurs reprises et montrant beaucoup moins de qualités que ses frères, Juan Bautista édita un trasteo très technique et poderoso, tirant le maximum de son opposant lors d'échanges très rapprochés. 1/2 épée suivi d'un grand coup de descabello. Silence.

Bis repetita pour le cinquième titulaire qui se cassa le piton droit, remplacé par un exemplaire burraco du même fer. Juan Bautista le lidia parfaitement par fuera avec une grande aisance technique, avant que le bicho ne reçoive deux longues piques. Entame de muleta par des doblones décidés. Le Margé ne montra guère de qualité lors du dernier tiers, manquant d'humiliation dans ses charges. Face aux rafales de vent de plus en plus fortes, rendant la construction d'une faena très délicate, Juan Bautista essaya, en vain. Silence.

Juan Bautista réceptionna le dernier de l'envoi par une larga de rodilla avant de lui servir des veroniques de bon goût. Double rencontre avec le groupe équestre avant de voir le maestro Arlésien poser lui même les banderilles dont la dernière al violin, écoutant à son terme une belle ovation. Face à un astado manquant de classe et baissant rapidement de ton, Juan Bautista, persévérant mais guère aidé par Eole qui faisait
toujours des siennes, dessina une faena très volontaire et méritoire mais qui eût du mal à prendre du relief vu la difficulté rencontrée à
lier les muletazos. Mort en trois temps. Silence.

Arènes "El Cordobes" de Palavas-les-flots (34)
Toros de Robert Margé, bien présentés et inégaux de comportement. Supérieur le troisième.
2/3 d'arènes
Temps mitigé avec vent extrêmement gênant.
11 rencontres avec la cavalerie de Philippe Heyral.
Durée : 2h40

Juan Bautista (gris ardoise et argent ): Silence après avis / Oreille / Deux oreilles après avis / Silence / Silence / Silence

Juan Bautista salua après le paseo et sortit par la grande porte à l'issue de la corrida.
Le toro numéro 168 sorti en troisième position, né en février 2011, a été primé d'une vuelta posthume.
Jeremy Banti et Miguel Angel Sanchez officiaient en tant que sobresaliente.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico