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Hagetmau (30/07/2016) : Une vuelta pour Guillermo Valencia et deux fois trois avis pour Juan de Castilla...

@Matthieu Saubion
@Matthieu Saubion
A l’affiche de la Féria d’Hagetmau 2016, deux novilladas aux profils très différents . Ce dimanche se seront aux novilleros artistes d’affronter les novillos d Ana Romero.


Ce samedi, ce sont des toreros plus habitués des courses dures qui ont affronté les pupilles de la Ganaderia Raso de Portillo (cinq du fer principal et un du second fer El Quiñon).
Bien présentés, voire très bien présentés pour les deux derniers, plus que bravoure et de noblesse, les novillos ont fait preuve de présence et d’exigence. La course en est résulté entretenue et intéressante même si tout ne fût pas parfait.
Ils sont bien venus au cheval, poussant avec force ou violence, selon le cas, lors de la première rencontre. La lidia défaillante au premier tiers, et le châtiment souvent excessif à la première rencontre, nous a privé de troisième pique pour la plupart des novillos et ne nous a permis d’évaluer complètement leur degré de bravoure. A la muleta, ils ont été exigeants, mais offraient de vraies possibilités dont n’ont pas toujours su ou pu profiter les novilleros.
La vuelta accordée au cinquième et le salut du mayoral en fin de course sont par contre discutables.
Côté torero, l’après-midi a été difficile pour le colombien Juan de Castilla qui a entendu à deux reprises les trois avis et n’a donc tué aucun de ses toros. Un tel fait ne s’était pas produit depuis une course donnée à Collioure en 1949.
Manolo Vanegas, sans atteindre son niveau de la novillada d’Aire, a eu quelques moments intéressants surtout au quatrième et a tenu avec application son rôle de chef de lidia. Le dernier membre de la terna, le colombien Guillermo Valencia a toréé comme à son habitude avec beaucoup de sincérité et a fait la seule vuelta de l’après-midi après la mort de son deuxième adversaire.

Le premier se retourne vite dans la capote de Manolo Vanegas. Bien mis en suerte, ce sera quasiment le seul de l’après-midi, il pousse bien et désarçonne le piquero à la première rencontre et se livre moins à la seconde. Le bicho manque de force. Il vient bien dans la muleta, mais au ralenti et sans alegria/ Curieusement, il ne s’arrête pas entre les passes, ne baisse pas la tête et le torero a du mal à trouver le bon sitio entre deux cites. De la première partie de la faena, on retiendra une bonne série à droite. Au moment du passage à la main gauche, le novillo se fixe et colle le novillero en fin de passes. La faena se termine par une bonne série de manoletinas et un pecho. L’estocade entière est tombée, le puntillero relève le Raso de Portillo.
Le second humilie un peu plus. Il fait sonner les étriers lors des deux piques qu’il prend plus avec violence que bravoure. Il a un coup de tête que Guillermo Valencia ne pourra corriger que sur la corne gauche. A droite, le toro conservera ce défaut d’autant qu’il est réticent à humilier sur ce côté-là. Sur la bonne corne de l’animal, le colombien enchaîne deux jolies séries de naturelles Toro et faena vont ensuite à menos. Valencia entend un avis après un pinchazo hondo qui précède une épée très basse et un descabello.
Le troisième est le plus léger de la course. Il fait tomber le groupe équestre à la première rencontre et sort seul de la seconde. Le toro vient en plusieurs temps à la troisième et se défend sous le fer.Juan de Castilla est d’en un très mauvais jour. Il a du mal à trouver le bon positionnement. Lorsqu’il le trouve, le novillo met bien la tête dans la muleta. Malheureusement le novillero n’allonge ni les séries, ni la charge du Raso. Très vite il doute, recule se reprend pour une bonne série de naturelles puis il perd à nouveau du terrain. La faena va à menos. Après une entière en avant et atravesada, le colombien va fracasser au descabello jusqu’à ce que sonne le troisième avis. Le toro finira par tomber seul.

Le quatrième de l’autre fer de l’élevage, bien que d’origine identique, est morphologiquement différent. Il est plus bas et plus trapu. Il met en difficulté Vanegas à la cape et sera très mal piqué à deux reprises. Le vénézuélien le double bien, le novillo est meilleur à droite. Les premières séries sont intéressantes, mais le toro a plus de génio que de caste. Il s’éteint et devient plus compliqué accrochant à droite et à gauche. La faena qui est allée à menos, est conclue par un très bon coup d’épée un peu long à faire effet. Le torero salue au tiers

Le cinquième, très bien présenté, est applaudi à sa sortie en piste. Il vient de loin et avec alegria sur la première série à la cape, puis se garde un peu lors de la seconde. Il est et restera distrait.Guillermo Valencia le place au centre du ruedo, le novillo s’élance avec force pour une première pique, il pousse et est exagérément piqué. Même point de départ, la seconde pique est plus courte. Le tercio est changé. On peut se poser la question de l’intérêt de la manière dont le tercio de piques a été conduit. Certes la première arrancade est belle, mais il aurait été plus judicieux de le mettre plus près, de le piquer normalement puis de la placer plus loin lors la seconde et puis encore plus loin lors de la troisième qui devenait ainsi possible.
Premier cite de loin, à la Rincon, le toro vient fort pour une bonne série de derechazos. Le président met la musique et le toro devient encore plus distrait, cherchant dans les deux séries suivantes d’où provenait ce nouveau bruit. Valencia le cite en se croisant, toréé avec beaucoup de sincérité mais le novillo a un comportement irrégulier. Il est toujours aussi distrait et cherche querencia vers les planches. La faena est meilleure à gauche .Malgré ses défauts, le toro permet au sud américain de donner de bonnes naturelles de face. Après une épée en avant et de côté et plusieurs descabellos, torero et toro font une vuelta. Récompense de la sincérité pour le premier, exagération pour le second

Le sixième ne sera pas le toro du desquite pour Juan de Castilla. Il sera le toro le plus complet et le plus brave à la pique. Malheureusement il sera trop et mal piqué. Il remate fort à la planche après les banderilleros qu’il met en grandes difficultés
A la muleta, Juan de Castilla ne sait pas comment le prendre. Il fait l’effort de le citer de face à gauche. C’est sincère, les passes sont méritoires mais il néglige complètement la corne droite sur laquelle le novillo vient mieux et plus fort. La mise à mort sera un nouveau calvaire pour le garçon qui entendra à nouveau sonner les trois avis. Le toro sera puntillé depuis un burladero.

Globalement une novillada entretenue, avec des moments intéressants mais qui a mis en évidence le manque de métier de certains des novilleros. Peut-être que d’autres auraient coupé des oreilles, mais ils ne se sont pas bousculés pour entrer au cartel……..

Fiche technique
Hagetmau, Féria du novillo 2016, première novillada
Cinq novillos de Raso de Portillo et un de El Quiñon (4ème) pour


Manolo Vanegas : silence après un avis, salut au tiers après un avis
Guillermo Valencia : silence après un avis, vuelta
Juan de Castilla : silence après trois avis, sifflets après trois avis


Vuelta du cinquième contestable tout comme le salut du mayoral à l’issue de la course
Prix du meilleur piquero à José Antonio Fernandez Lozano dit Valdeolivas (du nom de la ganaderia dont il est le mayoral) pour sa prestation au cinquième novillo
15 piques pour une chute du cavalier et une du groupe équestre
Cavalerie Bonijol
Ciel devenant orageux, éclairage au cinquième
Président Romain Laffitte (Mugron)
Demi-arène

Thierry Reboul