• 1

Parentis (06/08/2016) : Guillermo Valencia coupe la seule oreille d’une décevante novillada de Los Maños...

@Philippe Latour
@Philippe Latour
Quasi lleno, mais corrida décevante à Parentis pour débuter la Féria de San Bertomiu 2016, les toros de Los Manos n’ont pas été à la hauteur des attentes des nombreux aficionados présents. Bien présentés, ils ont manqué de bravoure au cheval et justes de force, ils n’ont pas tenu la distance au troisième tiers.

Nobles mais sosos, ils n’ont transmis que peu d’émotion à la muleta. Comme il faut toujours une exception pour confirmer la règle, le cinquième qui avait le plus d’alegria a permis à Guillermo Valencia de couper une oreille et le second a été brave au cheval mais c’était un sobrero de Raso de Portillo.

Le premier, bien dans le type de l’élevage, prend deux piques sans pousser. Guillermo Valencia intervient pour un bon quite, mais l'utrero donne déjà des signes de faiblesse. David Fernandez le brinde au public et au ciel en hommage à Victor Barrio récemment tué par un toro de ce fer. Le « Los Maños » prend appui dès le début de la faena dans le terrain des planches. Le torero de Cehegin l’entreprend tout d’abord à droite, citant de près puis à gauche en toréant de façon marginale et distante. Le toro est soso, suit la muleta sans vraie conviction. L’ennui règne vite en piste, toro et torero ne contribuant ni l’un, ni l’autre à créer de l’émotion. Prudent au moment de tuer, David Fernandez tue d’une entière de côté après avoir pinché, silence pour le toro et le torero.
Le quatrième, joli novillo bien présenté, n’humilie pas dans la cape, Il se comporte en manso au cheval, faisant sonner les étriers lors de la seconde rencontre. Il se garde près des planches, se retourne vite dans la muleta, envoie des coups de tête en fin de passe et est compliqué à gauche. Tout est réuni pour que la faena soit ennuyeuse. Elle l’a été en effet, d’autant plus que rapidement le toro passe en mode demi-charge et s’éteint. David Fernandez arrive à arracher quelques muletazos et conclut d’un descabello après une nouvelle entière de côté.

Le deuxième Los Maños est invalide et renvoyé aux corrales. Il est remplacé par un sobrero de Raso de Portillo. Costaud et bien armé, il va prendre quatre piques spectaculaires poussant avec bravoure et venant du milieu à la troisième. Il est dommage que Guillermo Valencia ait bâclé la mise en suerte à la quatrième. Aux banderilles, il remate aux planches et oblige les peones à s’appliquer. Les banderilleros saluent après un bon tercio. Le toro a le comportement typique de son encaste. Il a du coffre, des pattes et du piquant. Il se retourne vite et répète dans la muleta. Mais comme le cinquième d’Hagetmau, il est distrait d’autant que le torero ne pèse pas sur lui. Il faut contraindre le Raso à baisser la tête et alors il s’investit. Sinon, tête haute, il s’arrête à mi charge regardant les planches ou le public. Guillermo Valencia ne le fera humilier qu’une seule fois pour la seule série intéressante de la faena. Le toro est de plus en plus distrait et la faena perd tout intérêt. Le troisième tiers n’est pas à la hauteur des espérances suscitées par le premier et tout, loin s’en faut, n’est pas de la faute du bicho. Le colombien tue mal, silence pour le torero et ovation pour l’arrastre.
Le cinquième porte le nom de Lorenzo. Il est de la famille de celui qui a tué Victor Barrio….. Il est piqué par Alberto Sandoval. Cet excellent piquero assure lui-même la mise en suerte du novillo. La première pique est trasera mais les deux secondes sont mieux placées. Comme certains toreros arrivent en tienta à masquer les défauts d’une vache, l’excellent travail de Sandoval donne l’impression que le toro est brave. En fait il vient bien au contact mais ne pousse pas ou très peu. S’il manque de bravoure au cheval, le novillo est très noble. Il charge avec alegria, humilie et répète, limite bonbon, dans la muleta. Il va à mas et permet à Guillermo Valencia de bonnes séries sur les deux cornes. Le garçon toréé comme d’habitude avec sincérité et application mais il lui manque la dimension artistique. La faena est intéressante, mais la noblesse du novillo permettait encore mieux .Le colombien coupe ce qui sera la seule oreille de la tarde après une entière en avant. L’arrastre est applaudie.

Le troisième est haut et bien charpenté. Bien reçu à la cape par Juan de Castilla, il prend deux piques en faisant reculer le cheval. Le colombien le brinde au public. Le novillo est fade, soso. Il suit bien la muleta mais ne transmet pas grand chose. Le torero de son côté est marginal et ne pèse pas sur le toro. Il tente sans grand succès de faire réagir le public par des passes inversées et un final trémendiste. Le jeune torero est vraiment dans une mauvaise passe avec les aciers. Il entend un avis après une épée atravesada et tue finalement d’une entière en avant.
Le sixième est marqué du numéro 42, numéro fétiche de la ganaderia. Il vient du milieu au cheval mais ne pousse pas. A la muleta, il est noble et vient bien sur les premières séries à gauche. De Castilla toréé avec élégance mais souvent de façon marginale. Il est pegapase, enchaînant les passes sans vraiment les lier avec parfois des détails intéressants. Il prolonge la faena au-delà du nécessaire lassant le toro qui va à menos et part se réfugier dans les planches. Il tue d’une entière en avant, et fait une vuelta après une pétition minoritaire.


Fiche technique
Arènes de Parentis, première corrida de la Féria de San Bertomiu 2016
5 novillos de Los Maños manquant de bravoure et sosos (à l’exception du cinquième noble avec de l’alegria) et un sobrero de Raso de Portillo (2nd bis) brave mais manquant de noblesse, pour :

David Fernandez : silence, silence
Guillermo Valencia : silence après un avis, une oreille
Juan de Castilla : silence après un avis, vuelta après un avis

Salut des banderilleros au second
Tous les novillos sont sortis avec une devise noire en hommage à Victor Barrio
Grand beau temps et quasi lleno
Avant le paseo, l’association des chroniqueurs taurins du Sud Ouest à remis au ganadero, le prix récompensant le meilleur lot de novillos de la temporada 2015 pour celui sorti à Parentis.

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique Philippe Latour