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Parentis (07/08/2016 - matinale) : Vanegas, oreille de la matinale...

@Philippe Latour
@Philippe Latour
La novillada matinale de Parentis est à la fois un laboratoire ganadero et torero. L’ADA fait appel à un élevage peu connu et offre un contrat au vainqueur du certamen organisé en Avril. Cette année ce sont les coquillas d El Añadio qui sont sortis en piste. Côté torero, Carballo, vainqueur de la tienta blessé est remplacé par José Cabrera pour toréer au côté de Manolo Vanegas.

Conséquence d'un débarquement agité et de bagarres dans les corrales, les quatre novillos sont sortis avec des cornes abimées. Les deux premiers utreros typé Saltillo sont moins bien sortis que les deux derniers, purs Coquilla. Marqués par un long périple en camion, les quatre ont manqué de force. Au cheval, ils sont bien venus mais ils n’ont pas vraiment poussé. Plutôt nobles ils offraient plus de possibilités que ne l’indique le nombre de trophées.
Des deux novilleros seul Manolo Vanegas avait le niveau technique pour ce type de toros. Complètement débordé par les novillos, José Cabrera est passé à côté et n’a pas su profiter de l’opportunité qui lui était offerte.

Le premier novillo, plutôt type Buendia, faible, prend une pique sans conviction. Il a une charge courte et devient rapidement soso. Il s’arrête à mi-passe. Vanegas fait ce qu’il peut mais la faena, par la faute du bicho ne transmet aucune émotion. L’épée entière, en arrière, mais rapide d’effet permet au vénézuélien de saluer.

Le second, typé Buendia, lui aussi est très mal piqué. A la muleta, ce n’est pas un foudre de guerre, mais est noble et à un fond de caste exploitable. José Cabrera manque d’officio et de dominion. Il se fait promener dans tous les terrains possibles sans jamais pouvoir prétendre à être le maître en piste. Le torero n’est jamais dans le bon sitio. Il recule à chaque passe et le novillo devient le patron du ruedo. Heureusement Cabrera tue rapidement avec deux tiers de lame.

Le troisième est typé Coquilla. Il prend trois piques bien données par Nicolas Martin. Faisant reculer le cheval à la première, il ne pousse pas les deux suivantes. En bon Coquilla, il se reprend au troisième tiers. Noble et encasté, il permet à Manolo Vanegas de réaliser de bonnes séries en début de faena. Le garçon torée avec beaucoup de sincérité et d’application. Il profite des qualités du toro mais a été moins à l’aise quand il s’est agi d’obliger un novillo qui commence à s’éteindre. A sa décharge, il a été sévèrement châtié hier à Riscle, et il portait encore les séquelles des cogidas subies. La faena qui est allée a menos est bien conclue par une bonne série de naturelles dans un terrain réduit. Après un bon coup d’épée porté avec sincérité, le torero coupe la seule oreille de la matinée. L’arrastre est applaudie.

Le dernier, typé Coquilla lui aussi est un manso con casta. Il ne permet d’erreur mais met bien la tête. Il se bat avec le cavalier lors de la première pique. Après une vuelta de campana, il prend un picotazo. A la muleta, il est tardo mais si on insiste il se laisse faire. José Cabrera, à nouveau, recule à chaque passe, torée sur le voyage. Débordé il passe à côté d’un bicho intéressant. En plus il tue très mal. Second silence pour le torero, le novillo est applaudi.

A l’issue de la novillada, en régalo, les deux toreros se partagent un novillo qui s’était abimé les cornes et que la ganadera voulait absolument voir lidier. Bien lui en pris car il a été le plus complet du lot. Il prend une très forte première pique avec beaucoup de bravoure. A la muleta, il charge avec noblesse et alegria. Il finit par déborder José Cabrera qui avait désigné pour le toréer et le tuer. Dommage que ce ne soit pas Manolo Vanegas qui ait été chargé de cette « mission » et qui a très bien géré le premier tercio avec ce toro. L’arrastre est très applaudie.

On retiendra de cette course le potentiel des Coquillas d’Añadio. Il y a du fond dans cette ganaderia, il manque par contre de la force. L’élevage est à suivre d’autant plus que la ganadera trouvera le bon dosage génético-alimentaire pour gommer la faiblesse latente chez ses novillos, celle des bichos de Parents confirmant celle du toro de la concours de Saint Perdon, l’an passé.

Fiche technique
Arènes de Parentis seconde novillada de la Feria de San Bertomiu 2016
Quatre utreros d’Añadio faibles mais nobles et pouvant donner du jeu pour
Manolo Vanegas : salut, une oreille
José Cabrera : silence, deux avis et silence
A l’issue de la course, Cabrera a toréé un très bon novillo du même fer qui s’était accidenté onze piques pour les 5 novillos.
Grand beau temps
Demi-arène

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour