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Arzacq (19/02/2017) : Hector Gutierrez remporte le Bayonne de cristal et sort en triomphe...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
Difficile de rédiger une reseña dans la sérénité quand on vient d’apprendre qu’il y avait eu un attentat meurtrier au moment du sorteo aux arènes de Bogota. Cet article est brindé à toutes les victimes de cet acte aussi odieux que lâche.

A quelques milliers de kilomètres de la capitale colombienne a eu lieu une journée de partage et d’amitié regroupant des gens équilibrés, intelligents et pacifiques. A Arzacq, dans le Béarn, le club taurin local a organisé pour la quatrième année consécutive une novillada non piquée.
Pour la troisième fois, les organisateurs ont fait confiance à l’élevage tolédan du Comte de Mayalde. Comme les années précédentes, les erales, d’origine Domecq, ont donné pleine satisfaction à l’éleveur, aux toreros et au public présent. Très bien présentés et armés, ils ont tous été nobles et ont donné du jeu permettant aux toreros de s’exprimer. On peut juste regretter la faiblesse de certains, au sortir du camion et tout au long de la faena pour celui toréé par Jaime Casas.
Comme il est de tradition à Arzacq, le cartel est complété par un rejoneador et cette année c’est Mario Luis Langa qui a affronté deux bichos du Comte de Mayalde.
Le premier est distrait mais a aussi beaucoup de mobilité. Le jeune cavalier et ses chevaux ont aura du mal à s’adapter au ruedo et au fait que les arènes soient couvertes et fermées. Langa fera toucher à plusieurs reprises ses montures et aura des difficultés pour les canaliser lors de la pose des farpas dont deux rejones de castigo , quatre banderilles , deux courtes à une main , deux roses et deux courtes posées à deux mains.
Le rejon de muerte en place n’est pas efficace et le cavalier doit mettre pied à terre et utiliser le descabello pour conclure. Langa se contente de saluer au centre.
Le second toro dévolu à la tauromachie à cheval est le partenaire idéal pour ce type d’activité. Très bien présenté, il est très mobile et suit le cheval sans donner de coups de tête. Langa est plus à l’aise avec ce partenaire et utilisant la charge franche de l’animal pose quelques bonnes farpas et réalise quelques bons passages entre le toro et les planches. Il posera au total, deux rejones de castigo, quatre banderilles, deux courtes et deux roses.
Le rejon de muerte, trasera est très rapide d’effet et permet au jeune rejoneador de couper une oreille.

Alejandro Mora, neveu de Juan, est venu en remplacement de Ricardo Santiago bloqué au Mexique. Il touche un joli eral, noble mais qui donne des signes de faiblesse à sa sortie en piste et après une vuelta de campana. En début de faena, le Mayalde chute si on le cite trop vers le bas. Le novillero l’entreprend à mi hauteur pour une bonne série de naturelles. A droite le novillo est moins bon. Mora finit par trouver la manière de citer et de conduire la charge du bicho et après quatre naturelles de bonne facture mais un peu distante, il en réalise une cinquième exceptionnelle de sincérité et d’élégance. La fin de faena à gauche sera d’un très bon niveau, torero et toro allant à mas. Les tentatives de retour à droite s’avèreront par contre infructueuses.
Après un final élégant, Mora pinche une première fois avant de placer une entière en avant qui sera efficace. Il coupe une oreille et l’arrastre est applaudie.

Jaime Casas reçoit à la cape un toro lourd qui embiste à sa sortie en piste. Malheureusement le Mayalde est le plus faible et chute à plusieurs reprises. De ce fait la faena manque d’intérêt et le novillero regagne dans le silence le callejon après un pinchazo, une entière tombée et deux descabellos.

Tomas Rufo a hérité d’un novillo bien présenté mais gacho. Noble , il vient bien sur les deux cornes. Le novillero enchaine passe après passe en toréant souvent sur le voyage, profitant de l’excellente charge de son opposant. Le bicho répond et répète tout au long de la faena. Mais celle-ci manque d’émotion. On retiendra une bonne série à gauche. Le garçon tue d’une entière en avant et deux descabellos et fait une vuelta, l’arrastre est applaudie.

Antoine Madier, reçoit avec beaucoup d’efficacité le sixième novillo de l’après-midi. Le toro fait une spectaculaire vuelta de campana sur un quite de Gutierrez. Il en sort affaibli et doit être toréé en début de faena à mi hauteur. Antoine le cite de loin, le bicho vient mais le torero, très voire trop contracté par l’enjeu, recule sur les deux premières séries. Antoine finira par trouver le sitio mais le toro a une charge courte et chute plusieurs fois. Le torero landais réussira une bonne série à droite où on retrouve les qualités mises en avant à Samadet. La mise à mort est difficile, et un avis sonne avant que le Mayalde tombe au troisième descabello.

Hector Gutierrez est un torero mexicain très élégant à la cape. Il touche et sait mettre en évidence un très bon toro noble mais à la charge exigeant de l’autorité de la part du torero. Il enchaine des séries de passes avec beaucoup de poder, d’alegria profitant de celle du novillo. Le garçon a des qualités évidentes mais aussi quelques points à corriger. Il lui manque d’ajouter un main de velours dans son gant de fer pour le côté artistique et de se croiser un peu plus pour moins toréer sur le voyage. Il réussit à s’imposer à un novillo encasté et coupe deux oreilles après une estocade à recibir opportuniste.
Le novillo fait une vuelta al ruedo et le mayoral est invité à saluer.

Bonne après midi taurine grâce à la qualité du bétail, et révélation de deux novilleros ; Alejandro Mora et Hector Gutierrez qui seront à suivre durant la temporada.


Fiche technique
Arènes d’Arzacq, novillada non piquée mixte

Deux astados du Comte de Mayalde pour le rejoneador Mario Luis Langa : salut au centre et une oreille
Cinq erales du Comte de Mayalde pour

Alejandro Mora : une oreille
Jaime Casas : silence
Tomas Rufo : vuelta
Antoine Madier : un avis et silence
Hector Gutierrez : deux oreilles

Vuelta al ruedo au septième novillo
Salut du mayoral
Le prix de l’ACONSO et le Bayonne de cristal sont remportés par le torero mexicain Hector Gutierrez.
Deux tiers d’arènes
Trois antis en ville s’en prenant indistinctement à la corrida et à la course camarguaise


Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour

 

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