Mont-de-Marsan (19/07/2013) : le grand soir de la Madeleine

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Photo : Pierre Vidal
Photo : Pierre Vidal
La Madeleine a eu son grand soir, peut-être - on l’espère ! - il y en aura-t-il d’autres, mais vendredi, on a tutoyé le paradis et on est sorti dans l’enthousiasme des embrassades, le délires des puertas grandes où les toreros sont secoués, pressés par une foule en délire tant l’admiration est grande.

Bonheur de ces soirées exceptionnelles qui restent dans nos mémoires et dans les annales du Plumaçon.

Rendons hommage aux toros du maestro Joselito pour débuter : à leur présentation exceptionnelle, à leur gabarit impressionnant, à leurs armures sérieuses. Ils n’eurent pas tous le même son, le second déçut par exemple, mais les troisièmes et cinquièmes avaient une mobilité remarquable et le sixième malgré une apparente boiterie tint le coup jusqu’au bout.

Face à ce matériel de qualité, les trois hommes se montrèrent sous leur meilleur aspect, chacun dans son style. Juan José Padilla qui ouvrait le bal bandérilla ses deux adversaires dans l’enthousiasme général et même si quelques unes de se poses se firent à cornes passées, sa capacité à « vendre » ces moments emporta le morceau. Le pirate a ses fans dans ces arènes et les facilités qu’il se donne, sont vite oubliés car son charisme est énorme. Sans doute le président, Franck Lanati, aurait voulu résister, le priver de sa seconde oreille, mais la déferlante qui secoua l’arène à l’issue de cette seconde faena fut telle qu’il ne put lutter contre la « vox populi ». Comment lui reprocher ? Juan José incarne si bien le courage, la volonté, l’amour de la vie et aussi -paradoxalement- le sérieux car il s’est comporté comme d’habitude en chef de lidia attentif aux moindres détails...

Ivan Fandiño ne put s’exprimer devant le terne second mais le cinquième était d’un autre calibre et le basque fit preuve de sa fermeté habituelle. Il le soumit dans un premier temps, puis instrumenta sur gauche trois séries de naturelles exceptionnelles. A encadrer. De cartel ! Et oui, il faudra que le G10 fasse avec, Ivan s’impose dans le haut du panier et ces messieurs devront lui faire une place car la qualité de son toreo est désormais patente. Estocade sensationnelle au deuxième voyage. Que lui aurait-on donner s’il avait réussi son coup au premier essai ? La rumeur du soir ? Fandiño reviendrait dans le mano à mano de dimanche avec la cuadrilla de Castaño... Ca va valoir le déplacement...

Thomas Dufau avait affaire à forte concurrence. Se mettre à la hauteur de deux monstres de ce calibre, il fallait le faire... il le fit. Habemus torero, nous landais, un type qui ne se dégonfle pas, qui prend tous les risques - il partit à puerta gayola au sixième - et qui fait preuve, dans le même temps, d’une maîtrise remarquable. Sobre et élégant, il a dominé son sujet de bout en bout, sans effets superflus, exprimant le toreo dans sa vérité et sa pureté : celui qu’il veut faire et celui que nous aimons. Deux grandes épées et il gagna le droit de sortir en triomphe lui aussi comme un roi sous le regard de cette Sainte Madeleine placée dans le couloir entre le patio et le sable des arènes qui inspire et guide les bons toreros.

Pierre Vidal

 

 

Mont-de-Marsan, vendredi, 3ème de la féria de La Madeleine. Lleno de no hay billetes. Canicule.

Six toros de Tajo y La Reina

 

Juan José Padilla, terre de Sienne et or : une oreille et deux oreilles ;

Ivan Fandiño, pétale de rose et or : silence et deux oreilles ;

Thomas Dufau, aubergine et or : une oreille et une oreille.

 

Les trois toreros et le mayoral de la casa sont sortis en triomphe