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Samadet (19/03/2017) : Tibo Garcia et Andy Younès triomphent...

©Nicolas Couffignal
©Nicolas Couffignal
A Philippe Cuillé,………..
2017 sera l’année de la compétition entre les trois jeunes toreros français que sont Andy Younès, Tibo Garcia et Adrien Salenc. La première manche de ce « Championnat de France des novilleros » a été remportée par Tibo qui a coupé trois oreilles à Samadet.

Pour cette première piquée de la temporada, les organisateurs locaux ont fait appel à la ganaderia d’encaste Domecq propriété d’Ignacio Lopez Chaves. Plutôt légers, justes de présentation, les novillos ont manqué de forces et souvent de race. Très peu piqués, ils devaient être toréés à mi hauteur pour leur éviter de fléchir et leur tendance, par faiblesse, à peser sur le torero n’a pas permis aux toreros de s’exprimer. L’efficacité avec les aciers des trois novilleros les a aidés à couper et récompense leurs efforts pour donner de l’émotion face à un bétail qui transmettait peu.

On ne devrait pas marquer les toros du numéro 13 comme l’était le premier de cette novillada. A peine sorti en piste, il heurte l’angle d’un burladero. Sonné, il reste de longs instants au sol. Après s’être relevé, il titube et chute à plusieurs reprises. Le président sort le mouchoir vert. Devant l’impossibilité de le faire remonter dans le camion d’où il avait été débarqué, Andy Younès l’estoque sans faire de faena. En remplacement sort un novillo de la ganaderia Alma Serena d’origine Miranda de Pericalvo, qui sera l’utrero le mieux présenté de la course. Il sera aussi le seul à aller deux fois au cheval pour deux piques pas forcément à son avantage mais prises en poussant. Il sort marqué de ce premier tercio et fléchit, en début de faena, s’il est toréé par le bas. Après un début par le haut, Andy Younès doit tirer les passes une à une sur les deux cornes d’un bicho qui ne livre pas franchement. Difficile de construire une faena à un animal qui manque de fond et de force, le torero provençal conclue d’une entière habile et rapide d’effet.

Le deuxième est lui aussi faible et ne baisse pas la tête dans la muleta. Il est économisé à la pique. Tibo Garcia, qui a fait des progrès depuis ses débuts dans ces mêmes arènes, toréé avec douceur, temple et élégance. Mais le toro manque de forces, fléchit à plusieurs reprises, charge avec des soubresauts, ce qui enlève toute transmission à la faena. Le bicho va à menos et le jeune torero conclut d’une entière tombée efficace qui lui permet de couper la première oreille de la course.

Le troisième, juste de présentation, est aussi juste de forces et est donc ménagé à la pique. Plus spectaculaire qu’élégant dans ses passes d’accueil, Adrien Salenc conclut ce premier tercio par un bon quite par chicuelinas. A la muleta, le novillo vient de loin mais a très vite la gueule ouverte. Bien doublé par l’arlésien, il fait montre d’une certaine noblesse. La première série de derechazos est d’un bon niveau. Sur la seconde, le torero, moins appliqué, ne pèse pas assez sur le « Lopez Chavès » et se fait accrocher. Les deux séries suivantes manquent de dominio d’autant que le toro va à menos, raccourcit sa charge et se retourne vite. Adrien s’engage avec sincérité pour une bonne estocade entière qui lui permet de couper une oreille.

Le quatrième fait une vuelta de campana dès sa sortie en piste. Il prend lui aussi un simple picotazo. Andy Younès lui sert une faena mêlant des références à Castella et à Roca Rey. Sur les premières cambiadas, le toro chute. Il se défend plus qu’il n’attaque quand il charge. Les premières séries à gauche et à droite sont élégantes mais pèsent peu sur le toro qui finit par prendre spectaculairement le jeune novillero. Le toro manque de charge à gauche et la faena sera par lui suite majoritairement droitière. Les séries sont élégantes, allurées mais le manque de race du novillo en limite la transmission et l’émotion. Le meilleur moment sera la dernière série de derechazos terminée par un excellent pecho. Younès tue d’une entière engagée et efficace et coupe deux oreilles.

L’histoire se reproduit à l’identique avec le cinquième qui fait une vuelta de campana à son entrée en piste, est économisé à la pique et arrive faible à la muleta. Il chute à la première série à droite. Tibo l’entreprend à mi hauteur pour une bonne série de derechazos donnés avec autorité. Le novillo ne supporte pas la contrainte, perd tout moral et va se réfugier dans les tablas. Le novillero l’entreprend dans ce terrain, le toréé, avec opportunisme, parallèlement aux planches. Ce qu’on retiendra de cette faena c’est le temple, la sérénité et l’élégance avec laquelle Tibo a toréé qui confirment l’évolution et les progrès entrevus au premier novillo. On sent l’influence de Jean Marie Bourret qui est venu compléter l’équipe entourant le torero et faire « murir » ce qu’avait ensemencé Serge Alméras depuis les débuts de Tibo. Il reste à confirmer face à un novillo ayant plus de race. L’entière légèrement contraire, portée avec engagement est très efficace et permet au tarasconnais de couper deux oreilles.

Le dernier est haut et maigre. Il chute avant de prendre un unique picotazo. Après avoir brindé au public, Adrien Salenc commence sa faena de rodillas mais l’utrero, trop faible, fléchit. Ce dernier se défend sur place et ne se livre que partiellement dans la muleta. Il manque de race, se décompose sans que le torero n’ait trouvé le moyen de corriger ses défauts ou de donner du relief à une faena qui manque de transmission. Adrien, qui n’était ni bien servi ni dans un bon jour, doit recourir au verdugo pour conclure après avoir entendu un avis.

Prochaine manche de la compétition entre les jeunes novilleros à Arles pour la novillada de la Féria de Pâques, en espérant que le bétail soit de meilleures qualités.

 

Fiche technique :
Arènes de Samadet,
novillada de la Féria de la Faïence
5 novillos d’Ignacio Lopez Chavès manquant de force et de race et un sobrero (1er bis) d’Alma Serena pour :

Andy Younès : silence, deux oreilles
Tibo Garcia : une oreille, deux oreilles
Adrien Salenc : une oreille, un avis et silence

2 piques et cinq picotazos (cavalerie Bonijol)
8/10ème d’arènes
A l’issue du paseo un émouvant hommage à été rendu à un grand Monsieur, Philippe Cuillé co-organisateur avec Didier Cabanis et la Peña Al Violin de cette novillada et récemment décédé.

Le matin, une Fiesta Campera, a permis aux élèves de l’Ecole Taurine Adour Aficion de s’entraîner face à d’intéressants anojos et anoja de Michel Agruna d’origine Santa Coloma par Granier. Clément, Yon et Dorian ont pu parfaire leur préparation pour leurs débuts en non piquée à Mugron, le lundi de Pâques.

Thierry Reboul