Arles (15/04/2017) : Deux oreilles pour Juan Bautista, une pour Roca Rey...

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©ElTico
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La première bonne nouvelle de cette Feria intervint au micro des arènes et fut sifflée majoritairement (pour la forme...) par le public. Jacky Boyer, le Président de la Commission Taurine extra-municipale, venait en effet d'annoncer que le paseo serait retardé d'une dizaine de minutes pour permettre aux spectateurs encore soumis à la fouille règlementaire, sécurité oblige, de regagner leurs places.

Au lendemain du sondage opportuniste en période d'élections, commandé par les anti-taurins et publié dans la presse régionale, la présence d'une petite dizaine d'entre eux sur un horrible stand en haut du boulevard des Lices contrastait énormément avec des arènes qui affichaient un spendide plein.
Côté toros, un peu moins d'entousiasme avec un lot de Garcia Jimenez (un Olga Jimenez en 5ème) manquant globalement de force et de transmission, à l'exception du brillant quatrième. Dans ce contexte, c'est Juan Bautista qui tira le mieux son épingle du jeu, coupant les deux oreilles de son second opposant après avoir amélioré de façon spectaculaire son premier, le public accueillant fraîchement ses efforts. Jose Maria Manzanares en est resté au service minimum, desservi il est vrai par un sorteo défavorable. Quant à Roca Rey, il montra lors de sa première prestation, qu'il faudrait encore compter avec lui cette temporada mais n'eut guère d'occasuion de s'illustrer face au désordonné premier.
La première Feria importante de la temporada française est lancée et fort heureusement, l'essentiel des sondés favorables à la tauromachie s'étaient retrouvés en Arles...

Laurent ElTico Deloye

 

La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Juan Bautista reçut un "Esplendido" un peu distrait, par veroniques et delantales. Au tercio de piques, le bicho amené par chicuelinas, montra des signes flagrants de faiblesse par quelques génuflexions, recevant logiquement deux mini-picotazos d'Alberto Sandoval. Juan Bautista dut jouer à l'infirmier dès l'entame de faena pour mener à bien un trasteo qui alla a mas. Au fil des échanges, en gardant la muleta à mi-hauteur et en laissant bien le bicho se reprendre entre les séries, il parvint à tirer le meilleur de ce faible mais noble toro. Il arriva à compenser le manque de chispa de son bicho avec une tauromachie très douce et variée par cambiadas, molinettes, circulaires, passes du mépris... A la suerte suprême, l'Arlésien mit un estoconazo a recibir après un premier échec, déclenchant une pétition non accordée par le palco. Applaudissements.
"Aguileno", sorti en quatrième position, avait une fâcheuse tendance à beaucoup réfléchir lors du capoteo de réception, ainsi qu'au tercio de piques où il se montra discret par deux fois. Début très engagé du français, les deux genoux en terre, se mettant ainsi le public dans la poche. Maître dans l'art du placement et doté d'une technique parfaite, Juan Bautista érigea une partition rondement menée face à un opposant allant a mas dans les plis de son étoffe. Avec un toreo respirant la sérénité, il imprima un trasteo poderoso très doux et templé sur les deux bords avec un final par luquecinas et circulaires enchaînées, pour le plus grand bonheur du public. Il termina cette prestation très convaincante par un recibir concluant au deuxième essai. Deux oreilles légèrement contestées.

Manzanares salua "Principado" par des veroniques léchées avant de l'envoyer contre le piquero pour trois prises de fer succinctes où le Garcia Jimenez se montra guère impliqué, sans bravoure et sortant seul du peto. Après avoir mené ce bicho maniable mais sans classe par doblones jusqu'au centre de la piste, l'Alicantin réalisa une faena qui fut composée de quelques bons muletazos dans son style si "particulier" mais dont l'ensemble manqua cruellement de liant et d'alegria. Manzanares écouta le silence après une entière de clôture.
"Fotographo" sera économisé à la pique recevant deux brèves piqûres après quelques pertes de main. A la muleta, Manzanares se montra guère investi face à un animal noblote mais sans aucune chispa ni saveur. Faute de matière à s'exprimer et d'envie, il ne réussit jamais à faire monter l'ensemble. Mort en deux temps. Silence.

Andres Roca Rey réceptionna "catavino" par un capoteo plein d'alegria, enchaînant les delantales d'ouverture par quatre chicuelinas, réveillant ainsi les tendidos. Au tercio de varas, l'astado prit deux petites prises de châtiment mais montra sur le contact initial, une bravoure certaine en poussant la cavalerie. A l'issue, le péruvien partit au quite pour une mélange de chicuelinas et tafalleras qui n'eut pas l'effet escompté, le bicho perdant les mains durant les échanges. Entame de troisième tercio plein d'intensité par deux cambios et une arrucina millimètrés, qui frolêrent la taleguilla, déclenchant de forts olés des tribunes. Deux bonnes séries profondes de derechazos, agrémentées de changements de main classieux firent logiquement déclencher la musique. La suite , sans atteindre des sommets d'intensité, fut d'un bon niveau, livrant un toreo de qualité, bien rythmé et cadencé, notamment sur la diestra. La fin de combat fut moins fluide, le Garcia Jimenez baissant clairement de ton, mais qu'importe... Le public déjà conquis demanda logiquement l'oreille après une entière d'effet rapide. Oreille.
"Sosito" se montra faiblard dans le premier tercio malgré une première pique où il se révéla bravito. Muleta en main, le péruvien dut composer avec un toro qui portait très bien son nom. Malgré une volonté de tous les instants, il ne put jamais renverser la tendance. Entière efficace au premier assaut. Silence


Arènes d'Arles (13)
Samedi 15 avril à 16h30
Beau temps et plaza llena
5 toros de Garcia Jimenez et 1 de Olga Jimenez (5ème), manquant de force et de transmission en général. Le quatrième supérieur, surtout dans le dernier tiers.
Poids : 510 , 520 , 525 , 535 , 500 , 530.
13 rencontres avec la cavalerie d'Alain Bonijol.
Durée : 2h30

Juan Bautista : Applaudissements après avis / Deux oreilles après avis
J.M. Manzanares : Silence après avis / Silence
A.Roca Rey : Oreille / Silence


Juan Bautista sortit à pied malgré les deux oreilles coupées à son second.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico 

 

 

 

 

Résumé corrida samedi 15 avril from www.juan-bautista.com on Vimeo.