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Aignan (16/04/2017 - matinale) : sérieuse non piquée du Lartet...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
Dans le Sud-Ouest, les journées taurines commencent souvent par une novillada non piquée. A Aignan, c’est l’élevage gersois du Lartet qui a fourni les quatre erales de la matinée.

Très bien présentés, quasi novillos par l’’âge et même le physique, ils ont mis en difficulté les jeunes toreros qui les ont affrontés.
Le troisième, très encasté n’a pas été exploité autant qu’il aurait pu l’être par un novillero inexpérimenté et insuffisamment remis d’une forte cogida subie à son premier novillo.
Les trois autres mansos et exigeants demandaient à être toréés avec autorité pour les soumettre. Les deux jeunes novilleros les ont affronté avec courage mais ont souvent été dépassés par l’agressivité et le genio de ces trois erales.

Le premier (05 /2014) baisse la tête mais ne se livre pas dans le capote de Juan Collado Dias. Le novillero le double avec autorité mais commet l’erreur de se découvrir juste avant de donner sa première naturelle. Il est pris avec violence. Il reprend ses esprits et sa muleta. Le novillo est compliqué. Il se retourne vite et se décompose vite. A force d’insister, le novillero finit par prendre provisoirement le dessus et tirer quelques bonnes séries. Mais il ne parvient pas à s’imposer durablement à l’eral. Collado prolonge trop la faena et sur une faute de placement, se fait à accrocher à nouveau. Très sévèrement secouée, groggy, il est obligé de partir à l’infirmerie et c’est Carlos Dominguez Cabrera qui tue, avec habilité, le novillo.

Le second (05/2014°) est un joli novillo. Il se casse la pointe d’une corne dans un choc, provoqué par les peones, contre un burladero. Le novillo semble noble en début de faena et s’engage bien dans la première série par le haut donnée par Carlos Dominguez Cabrera.
Le bicho se décompose et prend querencia près du toril. Le novillero se fait prendre en se plaçant entre le Lartet et les planches. La fin de faena est courageuse mais le toro de plus en plus compliqué, met en difficulté le novillero.qui manque, à ce stade de sa formation, de la technique nécessaire pour résoudre une équation aussi compliquée.

Le troisième, un joli colorado, est le plus jeune du lot (O7/2014). Il a beaucoup de caste et de noblesse. Il ne demande qu’a répondre aux cites du torero. Revenu de l’infirmerie, visiblement marqué par la cogida subie au premier, Collado Dias s’efforce d’utiliser cette noblesse. Il s’applique, réussit quelques bons muletazos mais il lui manque l’officio et la toreria nécessaire pour tirer tout le parti possible d’un bicho qui finit par prendre le dessus. Le novillero tue d’une entière en place et coupe une oreille qui vient récompenser le courage et l’application. Dommage que ce toro n’ait pas été confié à des mains plus expertes et expérimentées.

Le dernier (05/2014) a un physique d’utrero et aurait pu (voire du) être piqué. Il met en difficulté Carlos Dominguez Cabrera qui a beaucoup d’envie, de courage mais pas encore le bagage technique pour dominer un tel adversaire. Le toro, pas dominé, se complique et va à menos. Le novillero prolonge au-delà du nécessaire la faena et tue mal.

Fiche Technique : Aignan, novillada non piquée des Fêtes de Pâques
Quatre erales du Lartet bien présentés, excellent le troisième, compliqués les trois autres pour
Juan Collado Dias : passage à l’infirmerie, le bicho est tué par Dominguez Cabrera et une oreille
Carlos Dominguez Cabrera : silence et silence après un avis
Demi-arène

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour