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Saint-Martin de Crau (30/04/2017) : La toreria de Morenito de Aranda ; le courage de Juan Leal... Y nada más...

©ElTico
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On ne peut sortir indemne d'une tarde comme celle de ce soir à Saint-Martin de Crau, si l'on connaît peu ou prou ceux qui en ont été les protagonistes principaux et malheureux...

L'Association La Unica porte à bout de bras cette Feria de la Crau avec des moyens qui sont loin d'être ceux des empresas privées, même si la SAS Jalabert Frères est associée à la confection des carteles. Quant à Michel et Jean-Pierre Gallon, ils vouent leur existence à la ganaderia qui a été créée par leur père Aimé en 1956. Ils connaissent tout de la génétique de leurs produits : les pères, les mères, les grands mères... les arrières grands-mères...
Alors c'est vrai qu'elle avait fière allure, cette affiche de clôture de d'édition 2017, avec en chef de lidia Morenito de Aranda, ex-triomphateur de Madrid, spécialiste de l'élevage pour avoir grâcié "Odalisco" à Iniesta en 2015 après avoir révélé les qualités de "Desestierto" dans ces mêmes arènes Louis Thiers au début de la même année. Juan Leal revenait sur ses terres arlsiennes avec la ferme intention de laisser une envie de l'y revoir. Quant à Francisco José Espada, après un brillant parcours de novillero, il s'attelle à faire décoller sa carrière de matador avec pour prestigieux apoderado le matador de toros récemment retiré César Jiménez. Et d'ailleurs, les aficionados se trouvaient quand même nombreux, malgré les prévisions météorologiques pessimistes, à garnir les gradins de la placita Saint-Martinoise au moment du paseo. Combien y en aurait-il eu de plus si le ciel avait été grand bleu, comme hier ?
Puis sortirent les six exemplaires des frères Gallon, tous bien présentés, supérieurement armés, qui douchèrent rapidement les espoirs de tarde triomphale qu'auraient pu faire naître le cartel... Tous sortirent plein d'allant des chiqueros. Tous s'employèrent sous le fer lors des deux rencontres avec le lancier, de rigueur ici. Tous s'éteignirent plus ou moins rapidement ensuite. Et comme la météo était de Toussaint, difficile de faire monter l'ambiance dans ces conditions...

Morenito de Aranda envoya "Opoulinto" à deux reprises sous le fer et déjà, celui-ci accusa quelques signes de faiblesse. Le torero de Burgos instrumenta une faena douce et templée à cet exemplaire noble qui ne demandait qu'à charger, ce que son physique ne lui permettait qu'avec parcimonie. Une mort en deux fois clôturait les débats.
"Rabonero II", sorti en quatrième position avait tendance à se défendre lorsqu'il sentait que ses moyens physiques lui interdisaient d'atteindre sa proie. Mort en trois assauts.

Juan Leal servit une faena très engagée à "Touronero", rapidement arrêté. L'arlésien fit un gros effort à la pointe des pitons astifinos du Gallon, au point d'arracher les seuls accords musicaux de la tarde à l'orchestre Chicuelo II. Malheureusement, la mise à mort fut laborieuse en trois envois et deux descabellos.
Certainement galvanisé par cette première prestation qui avait pesé sur le conclave, Juan Leal eut le tort de raccourcir trop tôt les distances face à "Galindo II", sorti des chiqueros en cinquième position. La faena ne fut qu'une suite de rendez-vous manqués avant une nouvelle mise à mort laborieuse.

Francisco José Espada envoya lui aussi "Extremosso" par deux fois sous le fer. Le toro, faible, ne lui laissa aucune option pour s'illustrer avant une estocade en deux fois dont un bajonazo de gala et plusieurs descabellos...
Le dernier Gallon portait curieusement le même nom que le premier. "Opoulinto" se plaignit plusieurs fois de la main droite, développant par ailleurs de la violence dans ses embestidas. Là encore, la mort résulta laborieuse...

Une tarde à oublier, même si l'on n'oublie ni les organisateurs de La Unica, ni les frères Gallon...


Arènes Louis Thiers de Saint-Martin de Crau,
Deuxième corrida de la Feria de la Crau
Samedi 29 avril 2017
Entrée : 2/3 d'arène
Toros de Gallon-frères, bien présentés, supérieurement armés, ne proposant que peu de jeu en général, pour :

Morenito de Aranda, silence et silence après avis
Juan Leal, saluts et silence après avis
Francisco José Espada, silence après avis et sifflets après avis

 

Nota :

- Marco Leal a salué aux banderilles du deuxième.

 

Laurent ElTico Deloye

 


Voir le reportage photographique : ElTico