• 1

Vauvert (14/05/2017) : Sanchez Vara triomphe sur le fil d'un encierro de Prieto de la Cal de peu d'options...

©ElTico
©ElTico
Les arènes de Vauvert sont décidément bien difficiles à remplir pour les organisateurs de spectacles de Tauromachie espagnole... Certes, l'attrait de la plage en ce dimanche quasi estival, le premier depuis bien longtemps, peut expliquer quelques tendidos déserts côté sol. Mais une question s'impose à moi ce soir : Où étaient donc les pourfendeurs systématiques des carteles des ferias Nîmoises, entre autres, ceux qui s'insurgent contre la généralisation des corridas "commerciales", les toreros "que l'on voit partout" ?

Reste que les spectateurs présents dans les arènes Jean Brunel ce soir, s'il étaient effectivement moins nombreux que ce que l'évènement l'aurait mérité, ont salué comme il se doit le geste d'un "valiente" qui, s'il s'est fait plus discret ces dernières temporadas en France, nous a sauvé par le passé bien des tardes compromises grâce à son professionalisme et son courage.
Hélas, les toros de Prieto de la Cal, ces Veraguas d'estampes que l'on ne voit presque plus, de présentation impressionnante, ont joué les troubles fêtes et le mérite de Sanchez Vara est d'avoir su saisir les seules occasions qui se sont présentées à lui pour se montrer à son avantage.
Au final, deux oreilles pour un triomphe "a minima", mais le geste Ô combien respectable d'un torero modeste mais au grand pundonor...

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier Prieto, berrendo en jabonero, tira vite le frein à main sur les capotes de réception de Sanchez Vara. Au cheval, l'animal tenta de pousser la monture sur deux rencontres mais ses conditions physiques limitées l'en empêcherent. L'espagnol posa les palos avec succès avant de dédier son combat aux étagères. Comprenant parfaitement les besoins de cet opposant sans grande force et au train arrière quelque peu défectueux, Sanchez Vara, muleta à mi hauteur, parvint à bien accompagner les charges du Prieto pour éditer une faena méritoire, qui connut ses meilleurs moments sur la rive droite. La mort par un bajonazo réduit sa prestation en une ovation.

Le second jabonero, fut salué par d'énergiques veroniques rematées au centre du ruedo. Face au groupe équestre, le bicho se fit très mal châtier sur une première prise rectifiée. La seconde fut, cette fois, bien exécutée, le toro venant de loin, avant de recevoir un troisième picotazo qui ne semblait vraiment pas indispensable, vu le manque flagrant de force entrevu. Après quelques muletazos, le Prieto confirma cette invalidité en se couchant, obligeant Sanchez Vara à écourter les débats par une entière concluante. Silence.

Le troisième est un berrendo en negro, très exigeant dans les premiers lancers de capes de l'espagnol, le forçant à lidier par fuera, bien par le bas. Le pensionnaire de le Ruiza ira s'engouffrer par trois fois dans le peto d'un piquero précis, y rentrant fort et mettant bien les reins, sans toutefois arriver à déplacer la cavalerie. A la muleta, l'astado montra vite une corne droite chercheuse voire impossible à toreer. Sa pendante est un poil meilleure mais sans donner de transmission ni de relief. Comprenant qu'il ne tirerait rien de positif de ce combat, il prit l'épée après quelques passages gauchers appliqués, tuant en trois temps. Silence.

Sanchez Vara se mit en évidence lors de la réception du quatrième, jabonero sucio de robe, en le réceptionnant par une larga de rodillas enchaînant par de dynamiques veroniques. Souhaitant économiser son adversaire, il le fit rencontrer le groupe équestre que sur une unique ration avant d'écouter une ovation après trois poses de banderilles précises et pleines d'alegria. Début de troisième tiers, très décidé, par des muletazos assis sur l'estribo, après avoir brindé son toro à sa cuadrillla française du jour. Le Prieto se laissa faire sur les premières séries avant de se montrer moins coopératif au fil des séries. Déterminé, le natif de Guadalajara réalisa une faena plaisante, connaissant son paroxysme sur une série de naturelles de trois quart de face, bien léchées et templées , faisant monter l'intensité sur les tendidos. Il tua d'une entière d'effet rapide après une tentative de recibir, libérant la première oreille de la tarde.

Le cinquième, jabonero sucio également, mais une gamme au dessus niveau morphologie, reçut deux légères piques pour cause de genouflexions et une demi vuelta de campana ayant laissé quelques traces. Malgré une envie évidente et une muleta en adéquation avec les besoins d' un opposant malheureusement vite arrêté, il ne put au final rien en tirer.Mort en plusieurs temps.Silence.

Le dernier de l'encerrona, identique de cape que les deux précédents, fut réceptionné de la meilleure des manières par Sanchez vara, avec un répertoire varié, fait de larga de rodillas, de veroniques suaves, de deux demies et revolera pour clôturer le tout. Il envoya son astado pour trois rations de fer dont les deux premières rectifiées , arrivant de loin pour les deux dernières mais sans réellement pousser contre le caparaçon.Le second tercio eut le mérite de réveiller l'assistance , entre un saut à la garocha du banderillero "El Peque" et une ultime paire de Sanchez Vara par quiebro , citée sur une chaise.Bon entame de faena par des doblones très allurés avant de servir deux séries droitières plaisantes. Sur le piton gauche, le Prieto montra des intentions restreintes, un retour sur le piton droit fut logique car plus propice au toreo. Hélas les derechazos passants, le Prieto se décomposa au fur et à mesure que s'égrainer les minutes. Il tenta d'aller chercher l'oreille par un final composé d'une série de pecho , agrémentée par des desplantes à genoux. Il logea une entière après pinchazo, délivrant un pavillon du palco, pouvant paraître généreux pour certains , mais récompensant aussi certainement ce geste inédit de s'enfermer face à six Prieto de la Cal. Oreille.

 

Arènes Jean Brunel de Vauvert (30)
Dimanche 14 mai 2017 à 17h
6 toros de Prieto de la Cal (Huelva)
14 rencontres avec la cavalerie de Philippe Heyral
1/3 d'arènes
Durée : 2h15
Temps beau et chaud

Francisco Javier Sanchez Vara : Ovation avec salut / Silence / Silence / Oreille / Silence / Oreille

F.J.Sanchez Vara sortit à hombros de la plaza.
Sobresalientes : Enrique Martinez "Chapurra" et Pedro Marín.
C'est la première fois dans l'histoire de cette élevage qu'un torero effectuait une corrida en solitaire.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico